Et si le Canada avait été lui-même un havre bancaire avant la lettre ? Et si l'activité de banques canadiennes dans la Caraïbe britannique avait été le prélude à leur transformation en paradis fiscaux ? Et si elles avaient pris une part active à cette mutation ? Après avoir permis la tenue d'un débat urgent sur les activités controversées et impunies des compagnies minières canadiennes, Alain Deneault poursuit son travail rigoureux pour déconstruire l'image bienfaisante du Canada, cette fois-ci dans le domaine bancaire et fiscal. Dans un livre aux révélations déroutantes, l'auteur montre comment le Canada a largement contribué à créer les paradis fiscaux des Caraïbes à partir des années 1950, favorisant ainsi de mille manières les détenteurs de fortune et les entreprises cherchant à contourner son système fiscal et ses lois. Sous l'impulsion de banquiers, juristes et hommes politiques canadiens, ces législations se sont graduellement converties en des Etats de complaisance dont certaines comptent aujourd'hui parmi les plus redoutables du monde. Un ancien ministre canadien des Finances a développé le modèle offshore des Bahamas. Un avocat de Calgary, ancien bonze du parti conservateur, a structuré aux Iles Caïmans des lois rendant opaque le secret bancaire. Le gouvernement du Canada a fait de la Barbade le havre fiscal de prédilection des entreprises canadiennes... Aujourd'hui, le Canada va même jusqu'à partager son siège dans les instances de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international avec un collectif de paradis fiscaux de la Caraïbe britannique et parler en leur nom... De sorte que le Canada se confond au réseau offshore. Inévitablement, le Canada s'est cependant trouvé dominé par ses propres créatures. Le voici donc à Halifax ou à Toronto liant ses destinés avec des institutions des Bermudes, quand le gouvernement fédéral n'en est pas à signer un accord de libre-échange avec le Panama, repaire mondial des narcotrafiquants. Cela, sur fond de rumeur persistante d'une annexion directe au territoire canadien de législations de complaisance telles que les Iles Turques-et-Caïques. Les échappatoires qu'il prévoit au profit des sociétés justifient à l'étranger des délocalisations vers chez lui, exactement comme s'il s'agissait du Luxembourg ou de la Suisse. Tout cela sans compter que dans la constellation des législations de complaisance, le Canada semble avoir fait sa niche du secteur de l'industrie extractive mondiale, 75 % des entreprises minières mondiales ayant élu domicile au pays. Ce livre porte donc sur ces dérives qui, de la fin du XIXe siècle à aujourd'hui, font structurellement du Canada un paradis fiscal. Avec la rigueur qu'on lui connaît et la plume caustique qui le caractérise, Alain Deneault nous invite ici à voir le Canada sous un jour nouveau, et pas nécessairement son plus glorieux. De quoi relativiser cette image d'un Canada bienveillant.
Date de parution
03/05/2014
Poids
688g
Largeur
154mm
Plus d'informations
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EAN
9782897191207
Titre
Paradis fiscaux : la filière canadienne
Auteur
Deneault Alain
Editeur
ECOSOCIETE
Largeur
154
Poids
688
Date de parution
20140503
Nombre de pages
0,00 €
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Résumé : Comment s'orienter dans une époque marquée par des bouleversements écologiques sans précédent, auxquels, manifestement, ni les Etats ni le capital ne remédieront ? Comment agir politiquement à l'ère de l'inouï, quand on ne dispose d'aucun pendant historique pour appréhender les catastrophes annoncées ? Comment s'engager quand l'extrême droite sème la confusion et détourne la colère des objets réels ? Comment s'y prendre quand le libéralisme dissout tous nos repères dans la gouvernance technocratique ? Que faire ? Cette question obnubile la pensée politique depuis plus d'un siècle. Alain Deneault nous convie à en penser les prémisses et les incidences pour l'ancrer dans les temps présents. Hors de toute programmatique serrée, mais avec la lucidité qu'on lui connaît, il invite notamment à explorer un nouveau mode d'engagement politique, la biorégion. Alors que faire ? Livrer la guerre à la médiocratie. Evoquer les enjeux qui fâchent. Penser à l'échelle collective. Mal faire les choses, faire mal. Cesser de se poser la question et sortir de la sidération de l'écoanxiété. Le moment est venu de faire que !
Résumé : A partir des années 1990, l'explosion de la production de biens électroniques, caractéristique du passage du capitalisme à son stade numérique, déclenche une guerre des métaux technologiques au Congo (RDC) qui n'a fait que gagner en intensité. Cette enquête fouillée montre que la dématérialisation est bel et bien un mythe. Elle se nourrit d'un extractivisme sans limites dans des régions, comme celle des Grands Lacs en Afrique, qui subissent depuis des siècles les ravages de la mondialisation : de la traite négrière à la terreur coloniale du roi belge Léopold II (pour le "caoutchouc rouge" nécessaire à l'industrie automobile) jusqu'aux minerais de sang actuels (dont le coltan, essentiel aux smartphones, et le cobalt, pour la transition énergétique). La civilisation de l'écran est synonyme d'une barbarie numérique qui se manifeste au Congo par : une économie militarisée et une criminalité institutionnalisée, un pillage généralisé, du travail forcé, le viol comme arme de guerre, la destruction des forêts et l'anéantissement de la biodiversité... Autant de catastrophes qui font du Congo l'une des plus grandes tragédies de l'histoire contemporaine, le prix fort à payer pour un monde connecté.
Résumé : Cette édition au format poche rassemble un inédit, Politique de l'extrême centre, en plus de La médiocratie et "Gouvernance", deux opus d'Alain Deneault qui traitent de la révolution anesthésiante à laquelle nous poussent les théories du management et la propension aux petits arrangements institutionnels qui caractérisent les dernières décennies. Parce que les glaciers fondent, parce que le désert avance, parce que les sols s'érodent, parce que les déchets nucléaires irradient, parce que la température planétaire augmente, parce qu'une majorité d'écosystèmes se délitent, parce que l'Etat social s'écroule, parce que l'économie réduite à la finance s'aliène, parce que les repères philosophiques se perdent, notre époque n'a plus le luxe de se laisser conduire à la petite semaine par les médiocres qui dominent.
L'expression "économie de la nature" a surgi dans le vocabulaire des sciences au XVIIIe siècle bien avant que le néologisme "écologie" ne s'impose à nous, plus d'un siècle et demi plus tard. Chez Carl von Linné, Gilbert White ou Charles Darwin, l'économie de la nature désigne l'organisation des relations entre les espèces au vu du climat, du territoire et de leur évolution. Cette économie pense l'imbrication des espèces, y compris les êtres humains, dans un réseau d'interactions incommensurables et impondérables. Mais très vite, les physiocrates, les premiers "économistes", la dévoient pour fonder une science de l'agriculture subordonnée à de prétendues lois du marché. Un détournement dont nous pâtissons jusqu'à ce jour. Tant que ne sera pas restitué son sens, le terme "économie" nous donnera l'impression de voir double dès lors que flanqué de celui d'"écologie". Il nous sera alors dit qu'il faut tenter de réconcilier l'une à l'autre, comme s'il s'agissait de deux champs distincts. Ce court essai s'emploie à redonner ses droits à l'économie de la nature.
Montée des inégalités, perte de confiance dans les institutions démocratiques, rejet des migrants, mutations de l'espace public numérique, attrait pour les figures autoritaires... Le retour du fascisme auquel nous assistons n'est pas une simple répétition de celui du siècle dernier, mais puise dans un terreau tout aussi intoxicant. Si ses manifestations ne sont pas toujours autant spectaculaires, ¿est que nous avons parfois affaire à un fascisme "tranquille" qui s'insinue sournoisement dans nos interactions quotidiennes, dans les controverses de l'espace médiatique et dans nos imaginaires, au point de réussir un malheureux exploit : paraître ordinaire, voire inoffensif. Exposant les mécanismes qui favorisent la montée des courants autoritaires et réactionnaires, en particulier au Québec et aux Etats-Unis, Jonathan Durand Folco montre bien combien le fascisme doit être appréhendé sur un continuum marqué par différents stades. Face au brouillage des frontières entre la droite conservatrice traditionnelle et les idées d'extrême droite, nous avons plus que jamais besoin d'y voir clair. Affronter la nouvelle vague autoritaire ne pourra pas se réduire à la défense de l'ordre établi et du modèle libéral : ce basculement doit être considéré comme une occasion de réinventer en profondeur nos modes de vie, nos institutions et nos imaginaires.
Véritable classique de l'écologie, La simplicité volontaire est une réflexion profonde sur notre rapport à la consommation et sur notre pouvoir d'organiser notre vie autrement. Serge Mongeau remet en question la société de consommation dans toutes ses dimensions, cette "cage dorée" qui s'avère une source de multiples aliénations : les individus existent par ce qu'ils possèdent et non plus par ce qu'ils sont, pendant que la frénésie consommatrice continue à menacer notre environnement. Privilégiant l'être sur l'avoir, l'auteur prône une philosophie de vie recentrée sur les besoins essentiels, les plaisirs simples, l'engagement dans sa communauté - des comportements à la base de l'épanouissement personnel et collectif. Vingt-cinq ans après avoir propulsé le concept dans l'espace public et près de 40 000 exemplaires plus tard, La simplicité volontaire n'a rien perdu de sa pertinence ; même que la démarche s'impose plus que jamais. Une occasion unique de (re)découvrir une pensée d'une grande sagesse. Pour ma part, il y a longtemps que j'ai découvert que "le système" - la société de consommation dans laquelle je vis - nous enferme, individuellement et collectivement, dans une cage qui nous laisse de moins en moins de choix véritables et de vraie liberté. Que les barreaux de la cage soient dorés ne change rien à la réalité profonde de l'aliénation de ses prisonniers. - Extrait
Il y a assurément deux façons d[e] parler [du terrorisme], car le terrorisme n'est pas considéré comme tel lorsqu'il est pratiqué (et sous une forme nettement plus meurtrière) par ceux qui, de par leur pouvoir, sont parés de vertu." Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le colonialisme et le néocolonialisme occidentaux ont causé la mort de 50 à 55 millions de personnes, le plus souvent au nom de nobles idéaux comme la liberté et la démocratie. Pourtant, l'Occident parvient à s'en tirer en toute impunité et à entretenir, aux yeux du reste du monde, le mythe voulant qu'il soit investi de quelque mission morale. Comment y arrive-t-il ? Dans ce livre d'entretiens, Noam Chomsky et Andre Vltchek démontent la puissance de cet appareil de propagande qui permet à l'Occident de dissimuler ses crimes et le rôle véritable qu'il joue dans le reste du monde. S'ouvrant sur l'histoire du kiosque à journaux de New York où le jeune Chomsky a commencé à faire son éducation politique, leur discussion s'élargit progressivement sur des sujets tels que les bombes nucléaires larguées sur Hiroshima et Nagasaki, la guerre froide, les mésaventures étatsuniennes en Amérique latine (Salvador, Nicaragua, Guatemala, Chili, Cuba), l'Inde et la Chine, l'intervention de l'OTAN en ex-Yougoslavie, les attentats du 11-Septembre, l'invasion militaire de l'Irak, le Printemps arabe, le fiasco de la Lybie et de la Syrie, ainsi que la guerre des drones. A travers ce survol, les auteurs critiquent de façon magistrale l'héritage funeste du colonialisme et l'exploitation éhontée des ressources naturelles de la planète exercée par l'Occident. Ce livre d'entretiens est augmenté de deux articles qu'ils ont publiés dans la foulée de l'attaque contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, à Paris, en janvier 2015, dénonçant l'hypocrisie occidentale vis à vis d'un terrorisme qu'il a largement contribué à développer.
Bookchin Murray,Gerber Vincent, Stevens Annick, Ar
Enfin traduit dans son intégralité en français, voici l?un des plus influents ouvrages de l?intellectuel étatsunien et une référence incontournable pour comprendre les origines théoriques de la notion d?écologie sociale. Pourquoi relire ou découvrir Murray Bookchin (1921-2006) aujourd?hui et plus particulièrement cet ouvrage de 1971 ? D?abord parce que c?est dans ce recueil de textes qu?il pose les premiers jalons de ce qu?il allait conceptualiser plus tard sous l?étiquette d?"écologie sociale". Mais surtout parce qu?on y trouve une verve utopique qui fait grandement défaut à l?heure actuelle, nous rappelant que d?autres voies sont envisageables pour définir les règles du vivre-ensemble. La société que Bookchin s?attelle à imaginer est un système économique fondé sur les concepts d?écologie sociale, de municipalisme libertaire et d?abondance. Cette abondance correspond à une société dans laquelle l?être humain a amplement les moyens de satisfaire ses besoins d?existence pour se consacrer à l?assouvissement de ses désirs réels. Précurseur sur le front des énergies renouvelables et des technologies permettant de réduire la pénibilité du travail, il y soutient que les sociétés post-industrielles ont le potentiel de muer en des sociétés d?abondance à même de favoriser l?accomplissement des potentialités sociales et culturelles latentes dans les éco-technologies. Dans ce recueil, Murray Bookchin combine sa vision anarchiste et écologiste avec les potentialités prometteuses d?une ère d?abondance. Dépassant l?économie politique marxiste, ancrée dans une ère de pénurie matérielle, Bookchin soutient que les outils nécessaires pour une auto-organisation de la société ont largement été développés et que, combinés avec la perspective écologique, ils ont grandement modifié le paysage révolutionnaire.