
Europe N° 1137-1138, janvier- février 2024 : Emily Dickinson
Je suis Personne", écrivait Emily Dickinson (1830-1886), reprenant à son compte le mot d'Ulysse. On serait presque tenté de la croire, tant son existence aura été banale, dépourvue de toute péripétie. De son vivant, elle ne publia que dix poèmes, qui passèrent inaperçus. La recluse volontaire d'Amherst (Massachusetts) ne fut pas même une actrice exceptionnellement précoce. Le plus ancien poème d'elle qui nous soit parvenu date de sa vingtième année. Rien de significatif, semble-t-il, rien qui donne prise sur son oeuvre dans cette existence menée dans une solitude existentielle que la poésie seule transfigura. Et quelle poésie ! Car cette femme discrète, effacée, bâtit une oeuvre considérable, immense, dont les résonances ne cessent de s'affirmer et de s'étendre. Nombreux sont les poèmes - ou au moins les vers - qui sont passés dans la culture populaire états-unienne et même universelle. Rien de secret donc chez celle qui est généralement considérée comme la fondatrice - avec Walt Whitman - de la poésie moderne anglophone. Ce qui n'empêche pas que tout, dans son oeuvre, ait sa part d'insondable mystère. Un mystère qui se confond avec ceux de l'univers aussi bien que de l'existence humaine. De l'héritage romantique, elle avait gardé une confiance dans la capacité de la poésie à se confronter efficacement aux apories de la foi traditionnelle. Le moi et le monde, saisis par un esprit subtil et une langue d'une étonnante richesse, se dévoilent, révèlent leurs secrets les plus intimes. La confrontation de l'éphémère et du pérenne, en particulier, est au coeur de nombre de ses poèmes, souvent avec une lucidité sans complaisance. "J'aime mieux me souvenir d'un Couchant /Que jouir d'une Aurore", écrivait Emily Dickinson. A la lecture des textes réunis dans ce numéro d'Europe, on constatera pourtant que l'oeuvre admirable de cette figure décisive de notre modernité annonçait la poésie qui suivit. Et celle qui viendra, sans aucun doute.
| Nombre de pages | 384 |
|---|---|
| Date de parution | 04/01/2024 |
| Poids | 390g |
| Largeur | 132mm |
| EAN | 9782351501344 |
|---|---|
| Titre | Europe N° 1137-1138, janvier- février 2024 : Emily Dickinson |
| Auteur | Vinclair Pierre ; Delphy Françoise ; Roudeau Cécil |
| Editeur | REVUE EUROPE |
| Largeur | 132 |
| Poids | 390 |
| Date de parution | 20240104 |
| Nombre de pages | 384,00 € |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

Birdsong
Vinclair Pierre ; Min Byung-Hun ; Domissy-Lee JeonCe livre est né d'un paradoxe fécond : comment écrire sur les oiseaux sans rien savoir d'eux, ou presque ? Du jour au lendemain, Pierre Vinclair se met à enquêter au fil de poèmes-minute sur ce que les oiseaux nous font, sur la manière dont ils déplacent nos idées en nuées, frôlent nos matins, habitent un monde où leur présence s'efface. Guidé par une curiosité impressionniste, Pierre Vinclair ne s'approche jamais trop près, s'émerveille que l'on entende d'abord leur chant avant de les voir ou de vouloir les nommer. Les photographies de l'artiste coréen Byung-Hun Min, dans la contemplation desquelles s'est élaboré cet essai qui est d'abord une rêverie, viennent scander le texte comme des pointillés noir et blanc.EN STOCKCOMMANDER21,00 € -

La sauvagerie
Vinclair PierreLe Sauvagerie est une épopée totale concernant l'enjeu le plus brûlant de notre époque : la crise écologique, la destruction massive des écosystèmes. A partir de dizains d'abord commandés à cinquante poètes contemporains, aux voix reconnues ou émergentes, francophones et anglophones, Pierre Vinclair a composé cet ensemble monumental : douze chants explorant les rapports variés que nous entretenons avec les autres vivants, les catastrophes passées et présentes comme les moyens dont nous disposons pour envisager un avenir commun? sur la Terre qui pour nous doit être, comme la DELIE pour Scève, "l'objet de plus haute vertu". Dans ce livre de combat, toutes les ressources et tous les registres poétiques sont mobilisés : les poèmes se font tour à tour tombeaux de la sauvagerie perdue et refuges pour les espèces à protéger, description des catastrophes et chansons à la gloire des héros de l'écologie, méditation face à un arbre, souvenirs de paysages disparus, descente aux enfers, prophéties.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER22,00 € -

L'armée des chenilles
Vinclair PierreLe narrateur, un jeune homme de 25 ans qui pourrait être le double de l'auteur, se décide un jour à partir pour le Finistère, à la rencontre d'un homme qu'il ne connaît pas, mais qui pourrait être son père. L'entrevue a bien lieu, mais l'homme nie absolument.À son retour, le jeune homme questionne sa mère, mais celle-ci s'obstine à garder secrète l'identité du père, qu'elle prétend même ignorer, affirmer l'avoir rencontré de façon anonyme après avoir passé une petite annonce pour trouver un géniteurLe narrateur va donc continuer sa propre enquête, cette fois de manière systématique. Il finit, à force de recherches et de recoupements, à mettre la main sur un certain Pierre Mouillard, un raté, un écrivain de troisième zone qui erre dans les rues de Nagasaki, où se rend le jeune homme. Interrogé, Mouillard nie, mais fournit une explication des plus étranges : en fait, le jeune homme et sa mère n'existent pas, ils ne sont que deux personnages échappés d'un roman que lui, Mouillard, a écrit il y a très longtemps... Brillante réflexion sur les paradoxes de la filiation, ce roman est servi par un montage d'une extrême précision et un ton ironique qui fait mouche à tout coup.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER14,10 € -

Les gestes impossibles
Vinclair PierreUne épopée poétique alternant différents registres d'écriture et invoquant plusieurs périodes de l'histoire du monde, dont la Commune de Paris serait le point focal.Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER17,00 €
Du même éditeur
-

Europe N° 1159-1160, novembre-décembre 2025 : Samuel Beckett
Para Jean-BaptisteA l'évocation du nom de Samuel Beckett (1906-1989), ce sont les silhouettes de deux clochards dépenaillés et magnifiques qui viennent immédiatement à l'esprit. En effet, pour la postérité, Beckett restera avant tout l'auteur d'En attendant Godot. Et plus généralement un auteur dramatique. Il faut dire que la première représentation de cette pièce, en 1953, a été l'occasion d'une des plus grandes déflagrations de l'histoire du théâtre. Beckett s'est imposé très vite comme l'initiateur d'un théâtre d'un type nouveau, dont l'ambition serait désormais de faire voir l'invisible. Il refuse un art qui se contenterait d'être, comme le théâtre traditionnel, représentation. Le théâtre nouveau devient, avec Beckett, un art de la pure présence. A chaque nouvelle pièce, il aura tenté de réaliser toujours mieux cette ambition. On peut trouver étrange, pourtant, de réduire ainsi une oeuvre immense et protéiforme, solitaire s'il en est, bilingue de plus, faite de nouvelles et de romans, de pièces de théâtre d'envergure et de "dramaticules" , de proses au statut parfois incertain et de poèmes sans pareils. Et d'une correspondance immense. C'est oublier, en particulier, que Samuel Beckett a inventé un langage romanesque nouveau où l'humour et la dérision ont leur place en même temps qu'un certain tragique de l'écriture. Et, dans tous les genres qu'il a abordés, se dessine un nouveau rapport aux personnages. Ceux-ci en effet, chez Beckett, soumis à un dépouillement toujours plus grand, sont pris dans des corps vus davantage comme des obstacles que comme des possibilités. Dans cet état de délabrement, ce qui demeure, c'est la parole. Une parole loin de toute forme de communication, mais qui permet bien plutôt à l'être de se manifester. Le présent numéro d'Europe propose des approches nouvelles et originales sur une oeuvre qu'on ne finira jamais, à chaque lecture, de redécouvrir. Une oeuvre en laquelle on a pu voir avant tout "une épopée du langage, une aventure de mots" . Textes de Robin Wilkinson, John Banville, Jean-Michel Rabaté, Thierry Robin, Gabriel Josipovici, Jean-Michel Gouvard, Llewellyn Brown, Stanley E. Gontarski, Matthieu Protin, Barbara Bray, Marek Kedzierski, Mégane Mazé, Maylis Besserie, Denis Lavant, Alice Clabaut, Judy Hegarty Lovett, Hélène Lecossois, Pascale Sardin, Yann Mével.EN STOCKCOMMANDER22,00 € -

Europe N° 1157-1158 septembre-octobre 2025 : Colette
Maget FrédéricPlus de soixante-dix ans après la mort de Colette (1873-1954), alors que son oeuvre fait son entrée dans le domaine public, le moment est venu de reconsidérer la place singulière qu'elle occupe dans notre histoire littéraire et culturelle. Il se pourrait que Colette nous parle aujourd'hui plus que jamais. Eprise de liberté, c'est de haute lutte qu'elle acquit son indépendance. Cette liberté de penser, d'agir, de sentir permit à Colette d'offrir à notre littérature de nouveaux personnages de femmes et d'aborder en pionnière des thèmes jusqu'alors ignorés des romanciers de son temps. Avec Claudine, première héroïne moderne de notre littérature, elle invente la jeune femme farouche qui donne à toutes les femmes une voix, et aussi un regard singulier. Lire Colette, c'est rebattre les cartes du jeu amoureux, jouer avec les normes, faire éclater les cadres. C'est aussi inquiéter les certitudes dans lesquelles nous baignons. Son oeuvre tire sa sève de son enfance, si proche d'un paradis dont la perte la hanta toute sa vie. Mais sans naïveté et simplement dans la mesure où cette enfance fut un état de communion privilégiée avec la nature environnante. Il faut dire que Sido, sa mère, manifesta et lui enseigna un respect profond du vivant : vigilance, scrupule, responsabilité. Aussi, très tôt, Colette embrassa ce qu'on ne nommait pas encore la cause animale. Le monde de Colette, c'est le nôtre, mais perçu à travers toute la richesse de ses sens. Pour une large part, son génie aura été de transcrire cette expérience sensorielle dans un style unique. L'art de Colette est un art de la synesthésie et de la matérialité, un art de la surprise et de l'émerveillement qui donne chair aux mots. Dans une époque où nos liens avec la nature se sont défaits et où la puissance de mort semble prendre le pas sur la puissance de vie, lire, relire Colette aujourd'hui pourrait bien être un acte salutaire.EN STOCKCOMMANDER22,00 € -

Europe N° 1161-1162, janvier-février 2026 : Rainer Maria Rilke
Para Jean-BaptisteRainer Maria Rilke est né en 1875 à Prague, d'une ancienne famille carinthienne dont il était le dernier représentant. Après une enfance triste et inquiète, enfin sorti de l'Ecole des Cadets à laquelle son père, officier, l'avait condamné, c'est une vie de voyages qu'il commence. Découvertes de l'Italie, de la Russie dont il apprend la langue. Stations à Worpswede où vit un groupe de peintres paysagistes et où il rencontre Clara Westhoff Séjours à Meudon où l'attire la protection amicale de Rodin, à Paris où il fait la connaissance de Gide et de Verhaeren dans les Baux où l'enchante le pur paysage provençal. Voyages encore et toujours en Suède, à Rome, à Venise, en Belgique, au Danemark, en Egypte, en Dalmatie, en Espagne enfin - jusqu'à la guerre qui déchire en lui des fibres secrètes et le condamne à des années d'immobilité et de silence... Dans la solitude de la campagne valaisanne, il s'affranchit peu à peu du long cauchemar et remet sur le métier ses plus purs poèmes, les Elégies, conçues et commencées dès 1913 dans le petit château de Duino, où le bruit monotone de l'Adriatique, qui venait en battre les fondations, lui avait prêté ses rythmes les plus amples. Il vient de traduire les poèmes de Paul Valéry et - don aimable et imprévu - d'accorder sa a petite lyre u avec les mots les plus clairs de la langue française, lorsque, à l'âge de cinquante-deux ans, la mort l'enlève à une gloire européenne qu'il ne redoutait même plus, tant il avait fini par en faire peu de cas. Au commencement de Rilke était la poésie, et à sa fin encore, chaque parole qu'il prononçait, en était chargée. Mais entre ces deux poésies se place une vie riche en expériences intimes, en souffrances qui peu à peu épuisèrent une âme et un corps sensibles à l'excès, en lune avec tous les démons du coeur. " Car les vers ne sont pas des sentiments (on les a toujours assez tôt) mais des expériences..."EN STOCKCOMMANDER22,00 €
De la même catégorie
-

Matin brun
Pavloff FranckMatin Brun est une micro-fiction qui, sous couvert d’absurde, dénonce les dangers de l’installation d’un pouvoir dictatorial et la manière pernicieuse dont nos droits sont progressivement rognés. Franck Pavloff dresse un portrait glaçant et réaliste d’un citoyen lambda confronté à l’installation du totalitarisme contre lequel il ne fait rien. Par habitude, par lâcheté, par lassitude, par peur… Jusqu’aux inévitables regrets. C’est un texte court mais marquant. Une lecture essentielle.EN STOCKCOMMANDER2,50 € -

La chaise de Van Gogh
Pigani PaolaDeux hommes, un paysan ferrailleur et un peintre, ont creusé dans leur exil, terre et lumière une vie durant avant de nous laisser leur force solaire. Dans ce second recueil publié à La Boucherie Littéraire, Paola Pigani délivre un long poème d'adieux qui prend naissance au pied d'une chaise vide. L'absence se matérialise, la mort, jamais qu'une voix nostalgique éloigne pour dire l'enfance terrestre offerte en héritage par son père et sa mémoire ardente comme un champ d'or peint par Van Gogh.EN STOCKCOMMANDER15,00 €


