PIERRE CLASTRES (1934-1977) rencontre dès ses premiers terrains au Paraguay, dans de petites communautés amérindiennes, une forme du vivre humain radicalement différente. Chaque aspect de la vie collective du groupe participe à maintenir à distance les risques de domination d'une partie du groupe sur les autres, à refuser la possibilité de l'unification socio-politique. Le chef n'y a pas de pouvoir de commandement, la guerre y est pratiquée avec ferveur. Clastres n'y perçoit non pas une absence de pouvoir mais bien au contraire un refus permanent de la potentialité d'un pouvoir coercitif : l'Etat s'y présente comme virtualité continuellement conjurée. Dans ces sociétés contre l'Etat, "le maître mot de l'amitié de tous avec tous (est) "Nous sommes tous pareils ! "" (Clastres, 1977). Il consacra ses études à la compréhension du mode de vie contre-étatique, à formuler anthropologiquement des fragments de réponses aux préoccupations de la philosophie politique. En documentant la manière dont ces communautés ont su "maintenir au coeur secret de la forêt leur furtive et timide existence de nomades" (Clastres 1974), Clastres n'invite pas à contrefaire le mode de vie primitif mais à développer une pratique de l'anthropologie comme politique, à décentrer la raison occidentale et découvrir une pensée nouvelle permettant de dessiner des possibilités de vie. Dans le sillage de ses intuitions, le présent ouvrage explore différents fragments de l'oeuvre à partir de perspectives et d'horizons variés. Inaugurant un dialogue entre ethnologie, anthropologie, philosophie, sciences politiques, sémiologie, les contributions s'accordent sur l'apport majeur de Pierre Clastres à la compréhension de formations sociales contre-étatiques mais aussi à l'étude des configurations des rapports et technologies de pouvoir dans les sociétés capitalistes contemporaines. A la manière d'un hommage, les auteurs se proposent d'actualiser ses hypothèses, se livrent à des reprises conceptuelles dans une optique commune : approfondir les perspectives ouvertes par Clastres.
Nombre de pages
183
Date de parution
17/07/2020
Poids
338g
Largeur
175mm
Plus d'informations
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EAN
9782356877208
Titre
Clastres. Une politique de l'anthropologie
Auteur
Delorme Pierre-Alexandre ; Poutot Clément
Editeur
BORD DE L EAU
Largeur
175
Poids
338
Date de parution
20200717
Nombre de pages
183,00 €
Disponibilité
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Delorme Pierre-Alexandre ; Le Roulley Simon ; Pout
Jean Duvignaud (1921-2007) est quelque peu oublié de la sociologie et de l'anthropologie contemporaine. Il s'agissait pour les contributeurs de ce volume de faire revivre un de ceux qui représentent le mieux la jonction entre les deux disciplines. A la croisée des chemins, Jean Duvignaud a eu à coeur de ne pas rentrer dans des carcans, des doxas, tachant d'opposer à une sociologie parfois trop close une anthropologie ouverte.
Voici 12 histoires authentiques ou légendaires qui sont des métaphores de la vie : L’oeil du maître; Le chat d’Hokusaï ; Le jeune samouraï ; Le maître et le moine aveugle ; L’empereur et le peintre; Le maître de marionnettes ; La grande surprise du général Li Guang ; Le premier champion de Judo ; La plus grande force est aussi la plus grande délicatesse ; Le passage du gué ; Le bourreau du Shogun ; Le singe de Tajima Nô Kami Yagyu ; Le moine et le corbeau. Toutes expriment un comportement, une façon d’être. Certaines de ces nouvelles se passent dans un contexte artistique (le sumi-é ou peinture traditionnelle, le shôdô ou voie de l’écriture) mais elles sont directement liées à la vie quotidienne des civilisations du geste. L’art, la vie comme le combat ont en commun le même état d’esprit, la même prise de décision, les mêmes principes spirituels : action et spontanée, maîtrise du souffle qui dirige le geste, unité parfaite du corps et de l’esprit. D’ailleurs, il n’y a pas si longtemps, au Japon ou en Chine, il était impensable qu’un maître d’arts martiaux authentique ne soit pas aussi un maître calligraphe, c’est-à-dire un expert du dessin. "Bun-Buryôdo" la double Voie de la culture et du combat, était la règle chez ces maîtres, ce qui leur conférait une redoutable efficacité et une spiritualité profonde.
Tout en décrivant une population cachée de femmes insérées qui consomment et revendent des drogues, l'ouvrage aborde la manière dont les usagères-revendeuses jouent avec les critères des profilages policiers pour limiter les risques répressifs, et gèrent leurs usages sans recourir à des structures de prise en charge des addictions.
C'est dans le double sens de la formule "â¯Le corps à l'oeuvreâ¯" que réside l'originalité de l'ouvrage. Il s'agit aussi bien de mettre l'accent sur le fait que c'est le corps de l'écrivain ou de l'artiste qui fait effectivement oeuvre, qui est au travail dans le processus créatif, que de penser la création comme un trajet qui va du corps jusqu'à l'oeuvre réalisée, puis l'oeuvre reçue, lue, vue ou écoutée.
Cet essai examine la discrétion comprise comme vertu sociale essentielle dans une société décente: elle est étudiée non pas en tant que qualité morale individuelle, mais comme un concept social qui permet de penser les phénomènes d'invisibilité sociale choisie, et non seulement subie. La discrétion caractérise les grands esprits, qui construisent leur oeuvre dans l'ombre et le silence. Ils préfèrent la patience du penser à la fébrile agitation de l'opinion médiatique. Et si cette sagesse se transfusait un peu à tous les citoyens...