Extrait Arkadovnié, 24 novembre 87 Mon bon et cher Mitia, et toi ma douce Varia, Le bonheur est-il comme la pâte dont on fait le pain, qui se lève, puis bientôt se rassit ? Me voilà désertée à nouveau, Vassili est reparti à la Base. Pauvres chers miens, n'êtes-vous pas lassés depuis tout ce temps que j'écris la même chose ? Pourtant, comme elle est claire ma vie, si je dis simplement cela : Vassili vient, puis il repart à la Base. Et moi, je suis toujours au même endroit. Je travaille tous les jours au combinat, j'ai mon tablier bleu, les mains posées sur les genoux. Il me semble que petite, déjà j'étais de nature immobile. Sans doute je pense tout le temps à Vassia, mais je ne m'en rends pas bien compte. Le soir, sur le chemin du retour, je fais la queue dans les magasins. Cela me convient. Attendre m'est naturel puisque j'attends Vassili sans cesse. Les rayons sont devenus de plus en plus vides depuis quelques mois. Il y a des files d'attente pour tout, je n'ai que l'embarras du choix. Je prends mon tour, je m'inscris dans le ruban bariolé qui décore le gris de la rue. Je suis debout, puis j'avance, d'un ou deux pas, au milieu des autres, puis debout à nouveau. Je suis à ma place au coeur d'eux, dans notre interminable patience. Je m'y sens bien. Dans la queue, il y a les conversations des grands-mères autour de moi, je les entends bruire. Il y en a d'aiguës et il y en a de graves, je m'enveloppe dans leurs paroles comme dans un long châle sonore qui s'étire le long du trottoir. Il y a une petite vieille qui est toujours là, toute ronde avec la tête penchée. On dirait une théière avec le couvercle de travers. Elle ne manque pas de me demander des nouvelles de Vassia, qu'elle appelle «notre officier», comme si elle le partageait avec moi, qu'elle me le concédait presque, par charité. Des nouvelles, il n'a jamais pris l'habitude d'en envoyer, mais je trouve bien quelque chose à dire. C'est que j'ai besoin d'elle, car elle fera la queue pour moi quand il sera de retour. Elle nous apportera quelque trouvaille. Elle en profitera bien sûr, elle s'installera pour fureter à son aise dans la pièce avec son couvercle de guingois, faire des commentaires sur tout et me reprocher le linge en retard. Peut-être qu'elle serait méchante si elle n'était pas si ample. Mais de s'être arrondie lui a poli aussi le caractère, et quand je la vois rouler jusque chez nous son filet au bras, elle est comme un signe qu'il est revenu, une hirondelle, si l'on peut appeler hirondelle un vieux pot à lait mal fermé. Et le temps qu'elle m'épargnera alors est précieux. --Ce texte fait référence à l'édition Broché .
Date de parution
28/08/2013
Poids
128g
Largeur
110mm
Plus d'informations
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EAN
9782253175674
Titre
Lena
Auteur
Deloffre Virginie
Editeur
LGF
Largeur
110
Poids
128
Date de parution
20130828
Nombre de pages
0,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Léna est née dans le Grand Nord sibérien, elle aime plus que tout la brume, la neige, l'attente et l'immobilité qui n'ont ni couleurs ni frontières. Son mari Vassia, pilote dans l'armée de l'air, n'a qu'un rêve, poursuivre la grande épopée soviétique de l'espace dont Gagarine fut le héros et qui reste l'immense fierté du peuple russe. Comment acclimater leur nature profonde, leurs sentiments et leur vision du monde si différents en ces temps incertains de la perestroïka qui voit s'effondrer leur univers? Un étonnant premier roman où tout est dit de l'âme russe, paysans dans leurs kolkhozes, exilés dans la taïga, citadins entassés dans leurs appartements communautaires, qui tous ont pour ligne d'horizon l'envol et la conquête spatiale comme un Eldorado collectif et puissant.
Léna est née dans le Grand Nord sibérien, elle aime plus que tout la brume, la neige, l'immobilité et l'attente, qui n'ont ni couleurs ni frontières. Son mari Vassia, pilote dans l'armée de l'air, n'a qu'un rêve, poursuivre la grande épopée soviétique de l'espace dont Gagarine fut le héros et qui reste l'immense fierté du peuple russe. Alors, dans l'appartement communautaire qu'elle partage avec trois autres familles, Léna attend, sa vie rythmée par les départs et les arrivées de Vassia. En ces temps incertains de perestroïka où s'effondre leur univers, comment réunir leur nature profonde, leurs sentiments et leur vision du monde si différents ? Un premier roman magistral où tout est dit de l'âme russe, des paysans dans leurs kolkhozes, des exilés dans la taïga, des citadins entassés qui tous ont pour horizon la conquête spatiale, comme un eldorado collectif.
Les Cartes de désavoeux, ce sont ces cartes ignobles et méchantes que vous avez toujours voulu envoyer. Celles qui traînent dans le côté obscur de votre âme. Dites-le avec des fleurs !
Livre de 60 ignobles cartes sarcastiques détachables (ou non). Les cartes de désaveux, ce sont ces cartes que vous avez toujours voulu envoyer. Celles qui trainent dans le côté obscur de votre âme. Voici enfin à votre portée les cartes auxquelles vous pensez vraiment en regardant d'un oeil attendri le petit cousin de 3 ans qui bave sur votre collection de DVD ou l'oncle bourré qui vous explique pourquoi il n'est pas raciste. Evidemment, si vous avez été élevé par des bisounours, vous n'aimerez pas ces magnifiques cartes concoctées avec un amour saupoudré de sarcasme par le fabuleux Garage Deloffre.
1954, dans un hôpital militaire de Hanoi, Yann, un soldat breton, est soigné par Mai. Ils tombent amoureux, mais le père de la jeune fille l'a promise à un autre. Elle s'insurge, elle est bannie de la famille... Ils se marient en toute hâte, avant que Yann rejoigne la cuvette de Diên Biên Phu. Après la défaite de l'armée française, Yann est emmené dans un camp d'internement. Dans une langue poétique, avec grâce et pudeur, Hoai Huong Nguyen peint le Vietnam d'hier et un amour qui affronte la violence d'une guerre. L'histoire bouleversante de Mai et de Yann laisse percer la lumière des humbles héros qui croient à la liberté et à l'absolu malgré les vicissitudes de l'Histoire. Tout est là : l'Histoire, l'histoire, la manière de les faire s'imbriquer, la netteté de l'écriture, la volonté de trouver une parole adéquate à la tragédie, la complexité des psychologies... "Un instant de littérature pure." Yann Moix, Le Figaro littéraire.
Avant le vol des bons de la Défense nationale et les assassinats qui suivirent, la renommée de Victor, de la Brigade mondaine, n'excédait pas le cercle restreint de ses chefs et de ses collègues. Il fallut, pour le mettre en évidence, qu'apparût brusquement en face de lui cet extraordinaire, ce formidable personnage d'Arsène Lupin, qui allait donner à cette ténébreuse affaire sa signification et son intérêt spécial. Les qualités déjà remarquables du vieil inspecteur furent portées à leur paroxysme par le prodigieux adversaire que lui opposaient les circonstances. C'est leur lutte sournoise, ardente, implacable, poursuivie dans l'ombre d'abord, puis en pleine clarté, que nous raconte Victor, de la Brigade mondaine.
Antonine?? Clara?? laquelle de ces deux figures constituait la véritable personnalité de l'être charmant qu'il avait rencontré? Elle avait à la fois le sourire le plus franc et le plus mystérieux, le regard le plus candide et les yeux les plus voluptueux, l'aspect le plus ingénu et l'air le plus inquiétant. "Arsène Lupin, dit Raoul, résout, bien sûr, le premier, une ténébreuse affaire de meurtre, et avec quelle maestria! Amoureux, il risque sa vie. Ingénieux, il s'échappe alors qu'il est cerné par la police ou les truands. Insolent, il joue des tours aux deux.Le gentleman-cambrioleur est au mieux de sa forme pour notre plus grand bonheur. "