La condition animale. Essai juridique sur les justes places de l'Homme et de l'animal
Delage Pierre-Jérôme ; Marguénaud Jean-Pierre ; Ca
MARE MARTIN
71,00 €
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EAN :9782849341940
La tradition occidentale a édifié une frontière intangible entre l?Homme et l?animal, a fait de l?un l?antithèse de l?autre : le premier a été dit un individu supérieur, un être-tout, le second un individu inférieur, un être-rien. Le Droit a relayé ce dualisme : il a institué l?Homme en tant que personne et sujet de dignité ; il a installé l?animal dans la catégorie des choses, et lui a assigné une valeur seulement utilitaire. Des contestations, cependant, s?élèvent : certains veulent humaniser l?animal, aligner sa condition sur celle de l?Homme ; ils désirent que soient attribués à la bête une dignité, la personnalité juridique et plusieurs des droits subjectifs humains. Cette tentation humanisante, toutefois, doit être récusée, car elle porte le péril de l?animalisation de l?Homme : à égaliser les conditions de l?humain et de l?animal, on risque, en effet, plutôt que de traiter la bête comme un Homme, de traiter l?humain comme une bête. Il faut donc, impérativement, maintenir la frontière Homme/animal : non pas au motif de la supériorité de l?Homme sur la bête, mais pour éviter qu?à l?Homme, si fragile, si vulnérable qu?il est, il soit fait une condition animale. Cependant, l?animal est lui aussi un être vulnérable, qui peut faire l?objet de traitements contraires à son essence même. Cette essence animale, il est proposé de l?appeler l?esséité. Une esséité qui, pour ne pas se confondre avec la dignité humaine et ne pas commander la personnification juridique de l?animal, appellerait par contre l?instauration, au profit de la bête, d?une protection pénale absolue : n?interdisant pas son institution en tant que chose juridique, elle prohiberait catégoriquement, en revanche, tous agissements ou pratiques via lesquels l?animal serait ramené au rang de chose pure, c?est-à-dire à l?état de matière inerte, insensible, de simple substance vide de respectabilité.
Nombre de pages
1014
Date de parution
25/02/2016
Poids
1 554g
Largeur
160mm
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EAN
9782849341940
Titre
La condition animale. Essai juridique sur les justes places de l'Homme et de l'animal
Auteur
Delage Pierre-Jérôme ; Marguénaud Jean-Pierre ; Ca
Editeur
MARE MARTIN
Largeur
160
Poids
1554
Date de parution
20160225
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1 014,00 €
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Cette étude décrit le fonctionnement de la justice pénale, en prenant comme champ d'observation privilégié, la R.D. Congo qui, comme la plupart des Etats francophones africains, a adopté le système d'origine romano-germanique. Sont analysées les déficiences majeures de cette justice se résumant à la double distorsion : d'une part, entre certaines normes et les réalités socioculturelles et géographico-économiques ; d'autre part, entre la réponse pénale aux infractions et la mentalité des justiciables. D'où la défiance de ces derniers et leur recours aux modes de régulation des conflits qui s'inscrivent dans la "zone de persistance" des traditions. Ce constat conduit l'auteur à préconiser, pour le traitement de la délinquance ordinaire, une "politique criminelle participative à dominante victimocentrée (PCPDV)" visant à encourager la résolution du litige victime/auteur de l'infraction par la reconnaissance des droits de chacun, la promotion du dialogue-conciliation entre les deux parties, le replacement de la "réparation" au coeur de la justice et l'organisation de la prévention autour de la protection et de l'éducation des victimes potentielles. Politique qui se recentre ainsi sur la personne humaine, rétablit l'équilibre de la balance et réalise une symbiose de la tradition africaine avec la modernité universelle. Cette même "zone de persistance" se retrouve ailleurs en Afrique mais également, sous d'autres aspects, en Occident (USA, Canada, France, Italie), comme le démontrent les études criminologiques rapportées par l'auteur. Dès lors, questionne la préfacière, "cette zone de persistance n'est-elle pas simplement humaine ? "
Quels sont les processus de transformation d'une forme symbolique? Comment s'importe-t-elle et s'intègre-t-elle dans des traditions et des rituels qui lui sont étrangers? Pierre Déléage nous livre ici une belle étude de cas. Son enquête, à la croisée de l'anthropologie et de l'histoire, a pour terrain les relations qui s'établirent, au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, entre des missionnaires catholiques et les Micmacs, groupe amérindien peuplant les côtes atlantiques de l'actuelle frontière séparant le Canada des États-Unis. Chez les Micmacs, la croix était un signe d'alliance diplomatique, guerrier et chamanique. Confrontés à cette situation, les missionnaires français usent d'un syncrétisme pédagogique pour propager la croix chrétienne. Quant aux "hiéroglyphes" micmacs, méthode d'inscription tout à fait exceptionnelle, ils se constituent à l'intersection des traditions pictographiques autochtones et de l'écriture alphabétique apportée par les missions. Cet ouvrage démontre la force d'innovation produite par les interactions entre des systèmes symboliques différents. Il décrit et explique comment l'hétérogénéité culturelle construit l'efficace des objets et des rituels, assure leur propagation et aboutit à l'invention de traditions nouvelles pour un groupe humain donné à un moment de son histoire.
Résumé : Comment les Amérindiens ont-ils perçu l'alphabet occidental ? Que sait-on de leurs propres écritures ? Quels rôles leur ont-ils fait jouer au sein de leurs dispositifs politiques ou religieux ? Les colonisateurs, et les anthropologues après eux, ont longtemps considéré les sociétés amérindiennes comme dépourvues d'écriture, alors qu'elles employaient des techniques subtiles d'inscription graphique, le plus souvent dérobées aux yeux des observateurs extérieurs. La fameuse "Leçon d'écriture" de Claude Lévi-Strauss dans Tristes tropiques est le témoin magistral de ces malentendus. Cette scène mythique, discutée en son temps par Jacques Derrida, est ici disséquée et repensée. En étudiant les conceptions amérindiennes de l'écriture, fragmentées et disséminées dans les arts graphiques, les mythes, les discours des chefs et les rituels des chamanes et des messies, Pierre Déléage établit les coordonnées d'une anthropologie inversée, par laquelle ce sont cette fois les colons et leur culture qui sont pris comme objets de pensée. Ce faisant, il met au jour les conditions épistémologiques et politiques de toute enquête anthropologique, tout en laissant sourdre dans la composition même du livre la violence, symbolique et réelle, qui a donné dans les sociétés amérindiennes forme et valeur à la notion d'écriture.
De 1830 à 1848, la monarchie de Juillet met en oeuvre une série de réformes dans le domaine de l'instruction, des arts, du patrimoine, des sciences, qui traduisent un volontarisme nouveau par son ampleur et sa cohérence. Acteur et théoricien principal de cette innovation, François Guizot pose les bases de ce que, plus tard, Paul Valéry appellera " la politique de l'esprit ". Désormais revêtues d'une importance inédite dans l'action gouvernementale, l'intelligence, la connaissance, la raison, commencent à s'imposer comme les leviers de l'émancipation individuelle et de la prospérité collective. Deux siècles plus tard, la confiscation digitale de notre " temps de cerveau disponible " et le développement incontrôlé de l'IA, nous menacent d'une servitude jamais vue dans l'histoire du monde. Pour affronter ce péril existentiel, la société démocratique doit renouer d'urgence avec la politique de l'esprit. En éclairant les origines méconnues de celle-ci, ce livre montre que le sort réservé à l'éducation, la culture et la science, est intimement lié au destin de la démocratie. Si nous voulons rester libres, libres de nous éclairer, nous n'avons pas d'autre choix que de replacer l'effort de connaissance et de vérité au coeur de notre ambition.
Sous le Premier Empire, l'appareil judiciaire français fait l'objet d'une épuration sous la supervision du Sénat (1807-1808). C'est la première Fois qu'une étude se propose d'examiner cette opération, ses acteurs, ses motifs, ses moyens et ses résultats grâce à un vaste corpus documentaire. Pour les juges, cette circonstance restera dans la mémoire de la justice comme une blessure, un défaut de confiance du Pouvoir envers la magistrature. En définitive, l'opération, achevée en mars 1808, frappe 167 magistrats sur 3800. Ces derniers sont examinés selon la cour d'appel à laquelle ils sont rattachés (il en existe 32). Mais un nombre bien plus important de juges ont été inquiétés par l'opération, qui touche aussi bien les départements français métropolitains, que les territoires annexés par la France (Allemagne, Belgique, Gênes, Piémont, Suisse). Près de 80 portraits illustrent des magistrats de cette époque.
Sous le Premier Empire, l'appareil judiciaire français fait l'objet d'une épuration sous la supervision du Sénat (1807-1808). C'est la première fois qu'une étude exhaustive se propose d'examiner cette opération, ses acteurs, ses motifs, ses moyens et ses résultats grâce à un vaste corpus documentaire. Pour les juges, cette circonstance restera dans la mémoire de la justice comme une blessure, un défaut de confiance du Pouvoir envers la magistrature. En définitive, l'opération, achevée en mars 1808, frappe 167 magistrats sur 3800. Ces derniers sont examinés selon la cour d'appel à laquelle ils sont rattachés (il en existe 32). Ce volume porte sur douze cours d'appel, depuis celle d'Agen jusqu'à celle de Riom, soit environ un tiers de l'ensemble des magistrats français, tant civils que criminels (à l'exclusion des juges de la Cour de cassation et des juges de paix). Sont ainsi dévoilées des informations sur leurs parcours : formation, professions exercées, leurs qualités comme leurs défauts. Le chef de l'Etat, par cette vaste et mal connue opération d'épuration, souhaitait reprendre en main le système judiciaire et éviter qu'apparaisse une sorte de gouvernement des juges.
Sous le Premier Empire, l'appareil judiciaire français fit l'objet d'une épuration sous le contrôle du Sénat (1807-1808). Pour la première fois, une étude exhaustive se propose d'examiner cette opération voulue par l'empereur Napoléon. Grâce à un vaste corpus, l'auteur en dévoile les acteurs, les motifs, les moyens et les résultats, ce volume présente les données biographiques de plus de 700 juges dans le ressort de cinq cours d'appel de territoires annexés par la France lors des guerres de la Révolution et de l'Empire. Ce sont les cours de Bruxelles, Gênes, Liège, Trèves et Turin. L'ouvrage étudie en détail les personnalités visées par cette opération politico-judiciaire ainsi que les sanctions dont elles furent frappées, au moment où la magistrature de ces territoires traversait des difficultés particulières liées à l'application des règles sur la fiscalité, la conscription et la sécularisation du clergé. Pour appuyer la compréhension de cet épisode historique peu connu, l'ouvrage propose de nombreux graphiques et tableaux synoptiques, ainsi qu'une carte du système judiciaire français en 1807-1808 et les résultats de cette opération d'épuration de la magistrature.