
Histoire et aventures de Duncan Campbell
Que connaît-on vraiment clé Daniel Defoe (1660-1731) ? Robinson, bien sûr Moll Flanders et Journal de l'année de la peste, peut-être. Mais qui sait que cet homme, dont la vie fin aussi mouvementée due celle de ses héros, outre ces trois chefs-d'?uvre est l'auteur d'une production énorme, gigantesque, de quelque 560 livres et brochures ? Et qu'il fut non seulement romancier mais journaliste, pamphlétaire, essayiste politique, économique et religieux, grand voyageur et espion pour le compte de Guillaume III, entrepreneur parfois heureux, plus souvent malheureux... ? L'Histoire de Duncan Campbell (1720), jamais encore traduite en français, ouvre une échappée sur l'un de ces Defoe encore parfaitement inconnus ici. l'amateur de paranormal et le fin connaisseur du monde de l'Etrange. Elle relate la vie d'un sourd-muet venu s'établir à Londres comme diseur de bonne aventure, et dont les prédictions et la capacité de double vue défrayaient la chronique au début du XVIIIe siècle. Pourtant, quelle part de vérité y a-t-il clans ce livre ? C'est un point difficile à déterminer. Est-ce une mystification ou un texte sérieux ? Avec Defoe. on ne sait jamais exactement quel est le rapport entre ce qu'il raconte et la réalité qui lui a servi de point de départ. Est-il passionné de fiction au point de ne pouvoir écrire une histoire vraie sans l'assaisonner de détails inventés, ou bien épris de vérité jusqu'à truffer ses canulars de détails véridiques ? Plus encore que la vie de son héros, c'est la façon dont Defoe la traite qui retient l'intérêt du lecteur moderne. Dans ce récit hybride, qui prétend même parfois à un caractère scientifique avec argumentations raisonnées et appels à l'autorité des grands auteurs, se juxtaposent différents éléments du genre romanesque sous une forme qui reste composite : narrateur protéiforme, changements de ton, digressions fréquentes et centres d'intérêt multiples. C'est dire qu'il s'agit là d'un texte précieux aussi bien pour l'étude de l'histoire du roman que des mentalités, pour la fascination exercée sur Defoe par les phénomènes paranormaux que pour l'analyse de son écriture, dont les aspects très variés, du polémique au documentaire en passant par le comique se déclinent plus librement dans un ouvrage tel due celui-ci que clans ses romans. A ces divers titres, l'Histoire de Duncan Campbell permet une plongée fascinante dans l'univers de cet auteur génial et dans son art. Quant à la préface érudite de George Aitken, qui " par souci d'exhaustivité " a choisi de joindre à l'Histoire deux autres récits qui y font écho, elle entretient avec une extrême élégance plutôt qu'elle ne dissipe ce flou cher à Defoe entre réalité et fiction, en ajoutant comme un parfum " borgesien " à l'ensemble.
| Nombre de pages | 364 |
|---|---|
| Date de parution | 04/10/2003 |
| Poids | 410g |
| Largeur | 136mm |
| EAN | 9782714308290 |
|---|---|
| Titre | Histoire et aventures de Duncan Campbell |
| Auteur | Defoe Daniel ; Fayot André |
| Editeur | CORTI |
| Largeur | 136 |
| Poids | 410 |
| Date de parution | 20031004 |
| Nombre de pages | 364,00 € |
| Disponibilité | Sur commande en 2-4 jours |
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THE FORTUNES AND MISFORTUNES OF THE FAMOUS MOLL FLANDERS - COMPLEMENTED WITH THE BIOGRAPHY OF THE AU
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ROBINSON CRUSOE
DEFOE DANIELExtrait I was born in the Year 1632, in the City of York, of a good Family, tho not of that Country, my Father being a Foreigner of Bremen, who settled first at Hull: He got a good Estate by Merchandise, and leaving off his Trade, lived afterward at York, from whence he had married my Mother, whose Relations were named Robinson, a very good Family in that Country, and from whom I was called Robinson Kreutznaer; but by the usual Corruption of Words in England, we are now called, nay we call our selves, and write our Name Crusoe, and so my Companions always call’d me.I had two elder Brothers, one of which was Lieutenant Collonel to an English Regiment of Foot in Flanders, formerly commanded by the famous Coll. Lockhart, and was killed at the Battle near Dunkirk against the Spaniards: What became of my second Brother I never knew any more than my Father or Mother did know what was become of me.Being the third Son of the Family, and not bred to any Trade, my Head began to be fill’d very early with rambling Thoughts: My Father, who was very ancient, had given me a competent Share of Learning, as far as House-Education, and a Country Free-School generally goes, and design’d me for the Law; but I would be satisfied with nothing but going to Sea, and my Inclination to this led me so strongly against the Will, nay the Commands of my Father, and against all the Entreaties and Perswasions of my Mother and other Friends, that there seem’d to be something fatal in that Propension of Nature tending directly to the Life of Misery which was to be-fal me.My Father, a wise and grave Man, gave me serious and excellent Counsel against what he foresaw was my Design. He call’d me one Morning into his Chamber, where he was confined by the Gout, and expostulated very warmly with me upon this Subject: He ask’d me what Reasons more than a meer wandring Inclination I had for leaving my Father’s House and my native Country, where I might be well introduced, and had a Prospect of raising my Fortunes by Application and Industry, with a Life of Ease and Pleasure. He told me it was for Men of desperate Fortunes on one Hand, or of aspiring, superior Fortunes on the other, who went abroad upon Adventures, to rise by Enterprize, and make themselves famous in Undertakings of a Nature out of the common Road; that these things were all either too far above me, or too far below me; that mine was the middle State, or what might be called the upper Station of Low Life, which he had found by long Experience was the best State in the World, the most suited to human Happiness, not exposed to the Miseries and Hardships, the Labour and Sufferings of the mechanick Part of Mankind, and not embarass’d with the Pride, Luxury, Ambition and Envy of the upper Part of Mankind. He told me, I might judge of the Happiness of this State, by this one thing, viz. That this was the State of Life which all other People envied, that Kings have frequently lamented the miserable Consequences of being born to great things, and wish’d they had been placed in the Middle of the two Extremes, between the Mean and the Great; that the wise Man gave his Testimony to this as the just Standard of true Felicity, when he prayed to have neither Poverty or Riches.He bid me observe it, and I should always find, that the Calamities of Life were shared among the upper and lower Part of Mankind; but that the middle Station had the fewest Disasters, and was not expos’d to so many Vicissitudes as the higher or lower Part of Mankind; nay, they were not subjected to so many Distempers and Uneasinesses either of Body or Mind, as those were who, by vi-cious Living, Luxury and Extravagancies on one Hand, or by hard Labour, Want of Necessaries, and mean or insufficient Diet on the other Hand, bring Distempers upon themselves by the natural Consequences of their Way of Living; That the middle Station of Life was calculated for all kind of Vertues and all kinds of Enjoyments; that Peace and Plenty were the Hand-maids of a middle Fortune; that Temperance, Moderation, Quietness, Health, Society, all agreeable Diversions, and all desirable Pleasures, were the Blessings attending the middle Station of Life; that this Way Men went silently and smoothly thro’ the World, and comfortably out of it, not embarass’d with the Labours of the Hands or of the Head, not sold to the Life of Slavery for daily Bread, or harrast with perplex’d Circumstances, which rob the Soul of Peace, and the Body of Rest; not enrag’d with the Passion of Envy, or secret burning Lust of Ambition for great things; but in easy Circumstances sliding gently thro the World, and sensibly tasting the Sweets of living, without the bitter, feeling that they are happy, and learning by every Day’s Experience to know it more sensibly.After this, he press’d me earnestly, and in the most affectionate manner, not to play the young Man, not to precipitate my self into Miseries which Nature and the Station of Life I was born in, seem’d to have provided against; that I was under no Necessity of seeking my Bread; that he would do well for me, and endeavour to enter me fairly into the Station of Life which he had been just recommending to me; and that if I was not very easy and happy in the World, it must be my meer Fate or Fault that must hinder it, and that he should have nothing to answer for, having thus discharg’d his Duty in warning me against Measures which he knew would be to my Hurt: In a word, that as he would do very kind things for me if I would stay and settle at Home as he directed, so he would not have so much Hand in my Misfortunes, as to give me any Encouragement to go away: And to close all, he told me I had my elder Brother for an Example, to whom he had used the same earnest Perswasions to keep him from going into the Low Country Wars, but could not prevail, his young Desires prompting him to run into the Army where he was kill’d; and tho’ he said he would not cease to pray for me, yet he would venture to say to me, that if I did take this foolish Step, God would not bless me, and I would have Leisure hereafter to reflect upon having neglected his Counsel when there might be none to assist in my Recovery.I observed in this last Part of his Discourse, which was truly Prophetick, tho’ I suppose my Father did not know it to be so himself; I say, I observed the Tears run down his Face very plentifully, and especially when he spoke of my Brother who was kill’d; and that when he spoke of my having Leisure to repent, and none to assist me, he was so mov’d, that he broke off the Discourse, and told me, his Heart was so full he could say no more to me.I was sincerely affected with this Discourse, as indeed who could be otherwise; and I resolv’d not to think of going abroad any more, but to settle at home according to my Father’s Desire. 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