Les appropriations du discours antisémite. Comportements mimétiques et détournements carnavalesques
Decout Maxime ; Levy Nurit ; Tauber Michèle
BORD DE L EAU
24,00 €
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EAN :9782356876218
Les stéréotypes antisémites sont des instruments de stigmatisation particulièrement répandus et féroces. On connaît la pléthore d'écrivains qui s'y sont abandonnés, obsessionnellement ou méticuleusement, comme Barrès, Maurras, Drumont, Drieu la Rochelle, Céline, Rebatet, Brasillach. Or les écrivains juifs ne sont pas restés indifférents à l'ampleur du phénomène, récupérant ce discours pour le vider de sa charge haineuse. En renversant le stigmate pour lui octroyer une valeur positive, c'est aussi le fonctionnement de cette parole que ces couvres exhibent pour le désamorcer. Elles nous rappellent que l'antisémitisme est avant tout ce discours stéréotypé qui nomme, désigne, identifie de manière pérenne et stable, comme en réponse à la dissimulation dont on accuse le Juif, afin de construire plus sûrement l'ennemi dont il a besoin pour exister. Et pourtant ce geste de réappropriation, ce geste fort, provocateur, n'est pas toujours dénué d'ambiguïtés, notamment quand les valeurs dont l'oeuvre et l'auteur se réclament ne sont pas clairement définies pour le lecteur. On pourrait le soupçonner de pactiser avec la colère et la haine de soi. N'est-ce pas l'une des accusations les plus fréquemment brandies contre Irène Némirovsky ou Emmanuel Berl ? Comment comprendre cette compromission, momentanée ou définitive, avec l'intolérable ? N'est-il pas nécessaire de prendre en considération ces moments de révolte contre soi et les siens pour mieux cerner la dynamique d'une oeuvre ? Et, plus largement, qu'est-ce qu'écrire avec et contre le discours de la haine ? Ce sont ces questions que cet ensemble de réflexions explore à travers le XXe et le XXIe siècles.
Nombre de pages
218
Date de parution
09/11/2018
Poids
360g
Largeur
164mm
Plus d'informations
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EAN
9782356876218
Titre
Les appropriations du discours antisémite. Comportements mimétiques et détournements carnavalesques
Auteur
Decout Maxime ; Levy Nurit ; Tauber Michèle
Editeur
BORD DE L EAU
Largeur
164
Poids
360
Date de parution
20181109
Nombre de pages
218,00 €
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Tout lecteur s'est un jour inquiété de ceci face à un texte : comment bien lire ? Il est étonnant que personne ne se demande comment mal lire. C'est pourtant loin d'être une évidence. Il faut de l'art, de l'adresse, de la ruse pour pratiquer une mauvaise lecture véritablement inspirée. Une fois cela admis, vous cesserez de faire uniquement de la lecture une expérience de l'interprétation objective, de la collaboration avec le texte, de l'ordre, de la patience, de la concentration. Laissez-vous envahir par vos passions, laissez flotter votre attention, lisez de travers, sautez des pages. C'est ainsi que vous transformerez ce que vous lisez pour le réinventer. Vous en conviendrez alors : la mauvaise lecture est souvent une excellente manière de lire.
Dire toute la vérité et rien que la vérité. Vivre dans la transparence et la franchise. Ces préceptes, les chantres du vrai ont voulu les appliquer de force à ce que tout nous désigne comme une forme retorse du mensonge : la littérature. Quelle est la légitimité de cette posture ? N'est-on pas amené à la suspecter, à en reconnaître la fragilité et les impasses ? Car, examinant l'inlassable guerre qui a opposé les tenants de la sincérité (Rousseau, Leiris, Sartre) à leurs détracteurs (Molière, Laclos, Dostoïevski, Gary, Perec), on aperçoit se profiler une autre définition de ce qu'est la littérature. En toute mauvaise foi : ne serait-ce donc pas ainsi que les oeuvres se présentent à nous et se jouent de nous ? C'est-à-dire en s'inscrivant dans une structure qui n'est ni le mensonge ni la vérité, mais leur mélange incertain. Qui affirme en niant et qui dément en proclamant. Sommes-nous pourtant prêts à accepter que tout discours échappe à ce qu'il est tout en continuant de l'être, à admettre que la littérature ne produise qu'une vérité, parfois contradictoire, et non la vérité ? Percevoir la manière dont l'oeuvre pose la mauvaise foi, la suscite et la défie, c'est approcher ce qui constitue sa matière même, tant le moteur de ses intrigues que sa métaphysique implicite ou explicite. Mais c'est aussi repenser son rapport au lecteur, au réel et au savoir. Car il y a un paradoxe commun au menteur et au sincère que seule la mauvaise foi permet de décrire en s'arrachant à nos routines intellectuelles.
De Montaigne à Perec en passant par La Fontaine, Voltaire ou Stendhal, les plus grands écrivains de notre littérature ont imité d'autres ?uvres. Ils ont utilisé, parfois sans le dire, parfois sans en avoir conscience, l'?uvre des autres pour écrire la leur. Car personne n'écrit à partir de rien. Personne ne prend la plume sans avoir à ses côtés un bagage plus ou moins chargé de livres. Une bibliothèque intérieure, parfois partiellement oubliée, parfois bien présente à l'esprit, parfois directement présente à portée de main, ce qui donne la tentation de l'ouvrir. L'imitation est l'un des phénomènes les plus naturels de la création littéraire. Et malgré cela, les écrivains ont souvent ressenti une gêne, une peur diffuse ou une terreur violente à se sentir ainsi dépossédés de leurs propres mots. Écrire sous influence, tremper sa plume dans l'encrier du voisin : de tels gestes menacent les rêves de singularité absolue et d'originalité qui président à notre manière d'évaluer les ?uvres. Comment les écrivains ont-ils réagi à cette peur ? Essayer de répondre à cette question amène à se pencher sur les différents paradoxes que les auteurs ont développés pour résoudre l'antagonisme qui oppose l'imitation et l'invention. Ils ont cherché à nous prouver qu'on pouvait guérir l'imitation par l'imitation, penser une imitation sans modèle ou devenir inimitable en imitant. La peur de l'imitation conduit ainsi à sonder les mystères de la création, à s'interroger sur les notions d'originalité et d'identité, à percevoir l'aspect collectif, pluriel, de toute écriture, sans céder aux illusions du génie et de l'inédit. Plus largement, l'angoisse de l'imitation renvoie à la question fondamentale de la littérature, celle qui se pose aux auteurs, aux éditeurs et aux lecteurs : qu'est-ce qui est spécifique dans mon ?uvre ? qu'a-t-elle à dire en propre sur le monde, sur Moi et les autres ? qu'apporte-t-elle en regard d'une histoire littéraire déjà copieuse et où tout pourrait déjà avoir été dit ?
Mentir à un ami, lorgner sur le jeu de son adversaire, bluffer, donner le change, en conter, maquiller son existence, se faire passer pour un autre : la tentation est grande. Nombreux sont ceux qui, dans ce livre, y succomberont pour vous. Vous y découvrirez que l'imposture est orgueil, folie, maladie mais aussi transgression et bravoure. Telle la singulière révélation de la littérature au sujet des pouvoirs de l'imposture. Vous apprendrez ainsi ce qui lie l'imposteur et l'enquêteur, comment le désir de se travestir et celui de savoir épousent des logiques proches. Vous verrez surtout ce que les ceuvres font de cette imposture, comment elles s'y adonnent pour piéger leurs plus méritants lecteurs. En chemin, vous ferez de surprenantes rencontres aux côtés de Poe, James, Borges, Nabokov, Robbe-Grillet, Butor, Perec, Vila-Matas : des psychanalystes trompés ou meurtriers, des joueurs d'échecs névrosés, des puzzles dont les pièces ne s'emboîtent pas, des labyrinthes sans issue, des tricheurs et des beaux parleurs, des Sherlock Holmes qui déraisonnent, mais aussi quelques manuscrits assassins à ne pas mettre entre toutes les mains. Assurément, vous survivrez à toutes ces embûches, mais vous n'en sortirez peut-être pas indemne.
Les élections ne se gagnent plus dans les urnes, mais dans les flux d'informations qui façonnent nos opinions. Steve Bannon le conseiller de Trump (lors du 1er mandat) ne disait-il pas : "La véritable opposition, ce sont les médias. Et la façon de gérer ça, c'est d'inonder la zone de merde". Nous en sommes là. Chaque jour, des milliards de données sont analysées, triées, amplifiées ou invisibilisées par des algorithmes qui orientent le débat public sans que nous en ayons conscience. L'intelligence artificielle n'est plus seulement un outil : elle redessine les règles du jeu démocratique. Ce livre retrace l'ascension fulgurante de l'IA politique et montre comment la vérité elle-même devient une variable d'ajustement. Cette dérive qui partout met en exergue les "passions tristes" est-elle une fatalité ? Serions-nous condamnés à jamais aux vigueurs orientées des algorithmes ?
Pourquoi un Nouveau manifeste convivialiste ? Parce que, on le voit bien, les conflits qui embrasent désormais le monde, autant ou plus que des conflits économiques, sont des conflits identitaires. Chaque Etat, chaque culture, chaque religion, chaque genre, chaque individu veut être reconnu comme ayant plus ou au moins autant de valeur que les autres. Ces luttes de reconnaissance, par lesquelles chacun veut affirmer une valeur déniée ou retrouver une grandeur perdue (Make America, or Russia, or China etc. great again), sont en train de détruire tous les équilibres moraux et démocratiques hérités. Ils mènent le monde vers une nouvelle lutte de tous contre tous. Vers la barbarie. Le Nouveau Manifeste convivialiste qui, comme les précédents, va être traduit dans de nombreuses langues, se veut une contribution à la préparation d'un grand symposium qui réunira à l'Unesco une centaine de plus hautes autorités intellectuelles, morales et religieuses de notre temps à qui il sera demandé de dire ce qui est autorisé et ce qui est interdit aux humains alors que la survie même de l'humanité est maintenant en jeu.