Les zones pavillonnaires, affublées à l'occasion du joli nom delotissement, envahissent inexorablement les abords des villeset des villages, selon un modèle administratif et économiquequi, indifféremment du lieu, se reproduit à l'identique. Ellesincarnent un idéal et un mode de vie fondés sur l'aliénationdésirée. L'obsession de l'hygiène et de la sécurité, le culte de lamarchandise et de la propriété privée ont remplacé lessolidarités et la culture de résistance des classes populaires.L'expérience de la relation à autrui se réduit au désirmimétique de posséder les mêmes signes de la réussiteindividuelle. Cet univers, parfaitement structuré, enfermel'imaginaire dans un espace étriqué, accentue le repli sur soi etappauvrit la vie sociale. L'espace, quadrillé, découpé en plansde circulation, repose sur une logique de flux. La notion de"ville" ?et bientôt de "campagne"? s'efface. Désormaisréduites à leur centre historique, les villes sont cernées par deszones spécialisées: industrielles, commerciales, résidentielles,vertes, de loi-sir... Les enjeux de pouvoir se sont toujourstraduits dans l'organisation de l'espace social. Tout systèmepolitique peut être analysé au travers de son architecture. Celivre permet de comprendre celui dans lequel nous vivons.
Nombre de pages
163
Date de parution
14/04/2012
Poids
180g
Largeur
121mm
Plus d'informations
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EAN
9782915830644
Titre
Le cauchemar pavillonnaire
Auteur
Debry Jean-Luc
Editeur
ECHAPPEE
Largeur
121
Poids
180
Date de parution
20120414
Nombre de pages
163,00 €
Disponibilité
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Printemps 1945 : désireux de combattre aux côtés des Alliés contre le IIIe Reich, un jeune ouvrier normand s'engage dans les Forces françaises libres. Alors que l'Allemagne capitule, il se retrouve dans l'Est algérien, à Sétif, au moment où y éclate une révolte anticoloniale, qui sera noyée dans le sang par la République renaissante. Tout en faisant l'apprentissage, sans grandeur, de la servitude militaire, il découvre une Algérie occupée, en proie à une répression aussi féroce qu'aveugle, menée par l'armée française avec la complicité active des colons.
Ah ! Odile, comme je suis heureuse de te rencontrer. On me dit le plus grand bien de ton travail. Charles est dithyrambique à ton sujet, et tu sais combien je l'estime. Bon, je vais être directe. Ce n'est pas mon genre de tourner autour du pot. Bon, tu es une parfaite animatrice. Et c'est justement à ce titre que je voulais te parler. Voilà, tu n'es pas sans savoir que nous sommes engagés dans une opération fitness. Je veux dégraisser en douceur... Pour ça, je vais avoir besoin de toi. On a ouvert un guichet pour les partants. On n'est pas chien. Si besoin est, on finance des formations pour faciliter les reconversions. C'est correct, non ? Bon, le hic, c'est que pour l'instant les volontaires ne se bousculent pas au portillon. Alors, on va être obligé de pousser quelques personnes vers la sortie. Mais sans faire de vague, hein pas de vague, pas d'hystérie, ni de blabla revendicatif. Pour toi, ça va être assez simple. J'ai besoin d'un dossier sur une seule personne.
Avec huit romans écrits de la main d'un maître qui détestait les tyrans, Albert Cossery fit peu de bruit malgré son goût prononcé pour la fête. Venu d'Egypte après-guerre, il s'installe à Paris où il fréquente la bohème intellectuelle et artistique du quartier de Saint-Germain-des-Prés. Il y mène une vie proche de celle qu'il exalte dans ses récits réjouissants, où l'on découvre les aventures hautes en couleur des gens de peu du Proche-Orient : traîne-savates, sans-le-sou, vagabonds, prostituées, lettrés inadaptés, ascètes et saltimbanques... La frugalité joyeuse de ses personnages, pleins d'humour et de sagesse, subvertit sans cesse l'absurdité du mode de vie occidental contemporain. D'ailleurs, Cossery disait écrire "pour que quelqu'un qui vient de me lire n'aille pas travailler le lendemain". En déshabillant les rois imposteurs et en faisant l'éloge de la paresse, ce "Voltaire du Nil", comme on l'a qualifié, magnifie l'aristocratie des moins que rien qui hantent les ruelles en riant, libres de toute possession. Au-delà d'une réflexion sur l'oeuvre d'Albert Cossery, ce livre invite à s'affranchir de la société matérialiste en conjuguant sous toutes ses formes le refus de parvenir, pour trouver, dans la simplicité et le détachement, d'autres manières de vivre.
Dans la nuit du 15 au 16 août 1882, de jeunes mineurs en rébellion contre la toute-puissance de l'Eglise, alliée au patronat des mines, font exploser la rosace et l'entrée d'une chapelle dans le bassin houiller de Saône-et-Loire. C'est le début d'une longue série d'actions qui vont secouer pendant trois ans la région de Montceau-les-Mines au rythme des dynamitages d'édifices religieux et de domiciles de petits chefs à la solde du patronat. Animés par un esprit de révolte, ces anarchistes sont connus sous le nom de la Bande noire. Ils se réunissent dans les bois ou dans les auberges pour préparer des coups qu'ils réalisent le plus souvent à la faveur de l'obscurité. Moins résignés que leurs aînés, ils ne cesseront de dénoncer la dureté de leurs conditions de travail au fond des puits, mais aussi la misère sociale qui règne au dehors, où l'impitoyable patron de la Compagnie des mines impose un redoutable ordre moral et défend les pires injustices. A partir de nombreux documents d'archives et témoignages d'époque, ce livre, récit palpitant au plus près des protagonistes, revient sur l'histoire mouvementée de la Bande noire. Il montre comment, quelques années avant les célèbres attentats anarchistes perpétrés à Paris dans les années 1890, de jeunes révoltés firent de la propagande par le fait leur meilleure arme pour renverser la table et échapper à l'enfer de la mine.
Nestor Makhno, protagoniste légendaire et damné de la guerre civile qui suit la révolution russe de 1917, déclenche un mouvement insurrectionnel autonome en organisant des paysans d'Ukraine qui brandissent bien haut le drapeau noir de l'anarchie. La "Makhnovchtchina" comptera jusqu'à 25000 partisans et la fulgurance de son action n'aura d'égal que son courage à livrer bataille : contre les armées blanches, contre les nationalistes ukrainiens et finalement contre l'Armée rouge. C'est cette épopée grandiose qui nous est racontée ici. Mais ce livre est aussi l'évocation d'un destin hors du commun, aussi tragique que celui du mouvement auquel il a donné son nom. Celui d'un homme, fils de paysans plongé au coeur de l'un des plus grands bouleversements de l'histoire, obligé de s'exiler loin des steppes qu'il a parcourues avec tant d'ardeur, et qui, après avoir erré de prison en prison dans divers pays, devint ouvrier chez Renault et mourut dans une extrême pauvreté. Voici l'un des épisodes les plus glorieux, et pourtant méconnu, de la mémoire des vaincus.
Venu du marxisme, dont il a constaté très tôt les impasses, Cornelius Castoriadis a voulu réinventer la révolution. Selon lui, la modernité voit s'affronter deux projets de société : celui d'une maîtrise rationnelle du réel et celui d'une autonomie de toutes et de tous. Le premier a donné des résultats désastreux en engendrant le règne de la technique et de l'économie. Le second reste encore à construire pour qu'advienne une société vraiment démocratique dans laquelle le peuple se gouverne lui-même, se passant de toute classe dirigeante. Castoriadis a mis en lumière les origines de ce projet d'autonomie qui remontent à la Grèce antique. Il en a analysé les expressions modernes, de la révolution russe de 1917 aux révoltes des années 1960. Mais surtout, il en a examiné les conditions pour que se développe une politique émancipatrice aujourd'hui : auto-organisation des luttes, pratique de l'égalité et sens des limites. Ce projet d'autonomie n'est pas un programme clés en main. Il est un imaginaire autant qu'une expérience. Il est un horizon, celui d'une société consciente du fait que le pouvoir est l'affaire de tous. C'est cette réflexion multiforme et souvent complexe que présente et questionne ce livre qui offre pour la première fois une synthèse claire, accessible et percutante de la pensée politique de Castoriadis.