L'impossible image. Cet ouvrage développe un projet esthétique à partir de la photographie comme objet conceptuel permettant d'interroger la danse et, en retour, de réfléchir sur ces deux arts de l'éphémère qui inventent des graphies dont le temps est simultanément le sujet et le matériau d'une image de "l'évanoui". C'est une pensée photographique dans la danse qui, au fil des chapitres, se découvre et se met au travail autour de réflexions sur le geste du photographe comme sujet dansant, le corps en prise avec les nouvelles technologies, l'image construite par le danseur ou chorégraphe, et l'image saisie par le photographe ou vidéaste du temps (pose-pause) commun à la photographie et à la danse, le moment, l'espace sculpté par le geste chorégraphique et l'espace investi par celui du photographe. S'invente alors une dialectique nouvelle autour de cette trilogie des arts de l'impossible image: photographie, danse, chorégraphie, sitôt que photographie et danse se révèlent comme mises en expérience d'un corps en déplacement dans une géographie d'un espace-temps singulier.
Dans l'oeuvre photographique de Pierre Jahan (1909-2003), c'est l'ombre qui se propose comme guide opérant, permettant de traverser l'éclectisme de sa production artistique. Photographe, mais aussi illustrateur, dessinateur, peintre, contemporain de Sougez, Ronis, Doisneau mais aussi de Vigneau, Kertész, Landau, Steiner..., membre du groupe Rectangle puis de celui des XV, et représentant - pas toujours reconnu à sa juste place - de ce qu'est la photographie : un art du passage, un art de la traversée, mais aussi un art des écarts, un art où l'ombre peut être la muse d'un regard autre, la preuve d'une attention singulière à un état de vie, à un état d'âme, à un état de fait... Et ce sont justement ces différents " états " qui inclinent à la diversité des photographies de Jahan allant de la série de l'Herbier surréaliste (1947) à celle des étranges Poupées (1942-45), des Etudes de nus (1945-49) aux reportages sur La vie Batelière (1938), ou le Paris [qui] chante sa nuit (1945)... aux travaux d'éditions (Le Dévot Christ (1934), La mort et les statues (1941-42), Les Gisants de Saint-Denis (1948), ou d'illustrations publicitaires (parfums Piguet, cristallerie Daum et arts de la table Christofle, laboratoires pharmaceutiques mais aussi Renault, Citroën...).
A l'ère où les médiums s'hybrident, où les disciplines se décloisonnent, où les supports se dématérialisent, il s'agit de penser la photographie entre les arts, les médiums et les savoirs. A l'heure où la photographie est à la fois un objet conceptuel, une image en vecteur, un espace viral, un lieu de migration, il s'agit de proposer une recherche en acte(s) où la théorie favorise un lieu relationnel capable de déterritorialiser les disciplines et de faire converser les pratiques. Au moment où s'épuisent les hiérarchies historicistes, les classements par genre, la photographie reste art de la représentation mais se révèle art non mimétique, art nodal, art parfois disruptif, bref, figure à partir de laquelle de nouveaux modes de pensée se construisent, de nouveaux critères scientifiques s'inventent, de nouveaux champs de savoirs dialoguent. Aujourd'hui, cet ouvrage - où l'indisciplinarité s'est imposée comme schème de recherche - propose de penser en photographie des oeuvres déployant des gestes, des actes, mais aussi des matériologies et des plasticités dont la photographie est magnifiquement détentrice. Tel est l'enjeu de cet essai orchestré par une indisciplinarité, qui en appelle à tout un chacun qui s'intéresse à la photographie mais pas seulement.
Présentation de l'éditeur Philippe Bazin, Cosimo Chiarelli, Tom Drahos, Alexandre Castant, Arnaud Claass, Renaud-Auguste Dormeuil, Vincent Lavoie, Manuela Marques, Corinne Mercadier, Olivier Menanteau, Catherine Poncin, Bénédicte Ramade, Jacqueline Salmon, Patrick Tosani. C'est dans le cadre d'un séminaire inter-universitaire Paris 8/Paris 1 depuis 2010, ainsi que dans le cadre du rapprochement de L'université avec les écoles des Beaux-arts, que ce séminaire a croisé la parole de 14* invités tant artistes et professeurs dans des écoles d'art que celle de critiques d'art ou d'enseignants-chercheurs d'autres universités avec la pensée réflexive des étudiants doctorants (arts plastiques spécialité photographie), des étudiants en master photographie et art contemporain. S'appuyant sur un corpus de propos d'artistes et de réflexions théoriques d'étudiants Master et doctorant, il se propose comme une nouvelle forme de pensée du photographique aujourd'hui. L'objet de cette publication est de rendre visible et de valoriser le travail scientifique construit à partir d'une problématique contemporaine ouverte et innovante concernant la photographie et les arts visuels. Cet ouvrage ne se veut pas une succession de textes mais un véritablement croisement et précipité théorique à partir de la pensée des artistes convoqués et celle des jeunes chercheurs élaborant une pensée théorique nouvelle. Recherche et prise de risque, Recherche et élaboration d'une nouvelle grille de pensée théorique à partir de la photographie et de la notion théorique d'Acte se déclinant à partir de certains infinitifs choisis dans leur pertinence d'acte participant à la création. Pour ces raisons théoriques, l'ouvrage sera articulé selon 6 chapitres nommés par les entrées conséquentes aux verbes : répéter, reproduire, représenter, transcrire, traduire, transmettre.
Guide pratique de la performance comme outil pédagogique et comme expérience transformatrice de vie par une performeuse franco-brésilienne internationalement reconnue, ce manuel ne se contente pas de réflexions pratiques. C'est un guide pédagogique, pour la pratique, la réflexion et la vie. Pour Tania Alice, la pédagogie est une expérience transformatrice, pour l'élève ou l'étudiant mais aussi pour le professeur, une expérience axée sur le changement. La pédagogie est une pratique collaborative, c'est ensemble qu'on se lance dans l'aventure. Nombre d'ouvrages récents consacrés à la performance se réfugient derrière une autoréférentialité complexe et une théorie nébuleuse. Ce n'est pas le cas de ce livre. Pour Tania Alice, l'art est toujours une rencontre, peu importe entre qui, un échange d'affects, à mille lieues d'une discussion entre initiés. Par ses interventions, elle tente d'extraire ces affects des structures de pouvoir régnantes pour aboutir à de nouvelles formes de subjectivité.Tania Alice est une performeuse franco-brésilienne née en 1976. Elle est directrice artistique des Performers sans Frontières de l'Université fédérale de l'État de Rio de Janeiro, où elle enseigne la performance et mène une recherche sur les actions artistiques participatives en zones de trauma. Docteur en Lettres et Arts de l'Université de Provence, elle a publié, entre autres, Performance como Revolução dos Afetos (São Paulo, Annablume, 2016) et Manual para performers e não-performers (Rio de Janeiro, Multifoco, 2020) et a été artiste-chercheuse invitée dans de nombreuses institutions internationales, dont l'Université libre de Bruxelles.