Qu'est-ce qui peut justifier la rencontre entre un philosophe etune danseuse de renommée internationale? Autrement dit, enquoi le questionnement sur la destinée de l'homme et de savocation peut-il s'éclairer de manière inédite à la lumière d'untel échange? L'ouverture à cet art "incarné" qu'est la dansepermet d'aborder le sens de l'existence humaine de façonvivante. Par les perspectives étonnantes qu'il offre au lecteur,cet "essai à deux voix" s'efforce d'approcher l'homme "enmouvement", en évitant de le figer dans l'abstraction. Ainsi latentative d'une réconciliation de la pensée et de la vie entre enprofonde résonance avec la réflexion que la danseuse proposesur un parcours dédié à l'Absolu. Par le croisement de leursdémarches et dans le respect de leurs différences, les voix deMireille Nègre et d'Eric de Rus s'articulent de l'intérieur à uncentre de gravité qui fait l'unité de cet essai. Ce centre, ils lenomment "geste". Qu'il soit celui de la danseuse ou dupenseur, l'enjeu anthropologique de fond est le même. Eneffet, il s'agit, par toute son existence, de donner corps à la viequi habite au plus intime du coeur humain. En envisageantl'existence comme une création, le propos qui nous est offertatteint une dimension universelle. Créer: telle est l'essencemême de la vie, l'expérience totale par laquelle chaqueexistence humaine peut s'accomplir.