L'exemple de quelques thèses soutenues devant la Faculté de Médecine de Paris est significatif : - Si le sommeil favorise plutôt la conception des mâles ? Réponse affirmative (1554). - Si la femme contribue comme l'homme à la génération ? affirmatif (1584). - Si les petites femmes sont plus fécondes que les grandes ? affirmatif (1631). - Si le dixième mois est le terme natal pour les héros ? affirmatif (1643). - Si une femme presqu'homme (sic) produit un foetus faible ? affirmatif (1688). - Si dans la conception la semence de l'homme se mêle avec le sang de la femme ? affirmatif (1713). - Si plus une femme est lascive plus elle est féconde ? Négatif (1720). Ne rions pas. Pour nos grands-parents, une question dramatique se pose : les secrets de la génération ne sont-ils pas de ceux que l'homme ne percera jamais ? N'est-il pas vain de se pencher sur un problème qui s'apparente au fond à celui de la mort ? La génération est-elle un secret de nature ? C'est le thème d'une thèse soutenue en 1762 par Charles Salin. La réponse est affirmative. C'est un sentiment largement répandu à l'époque. On le retrouve jusque chez Voltaire et dans l'Encyclopédie. La réaction la plus inattendue face à cet échec, la plus intéressante aussi, est la prétention de transcender la procréation. On n'est pas sûr de la façon dont se forme le foetus, mais on pense savoir faire à volonté des filles ou des garçons, on a étudié les effets de l'imagination de la mère sur le foetus, etc. On pourrait croire que l'art des accouchements, en raison de ses aspects pratiques, se situe en dehors du baroque. Il n'en est rien. Superstitions, tabous, préjugés, mythes, encombrent l'obstétrique, aussi bien que la métaphysique. En fait, la procréation reste le domaine des visionnaires romantiques et mystiques. Rêve et poésie s'y confondent en une sorte de féerie baroque d'où se dégage une beauté étrange et fascinante. Lorsqu'on découvre, vers la fin du 19e siècle, que tout être humain provient de la fusion des noyaux respectifs de deux cellules mâle et femelle, la génération, en perdant un peu de son mystère, perd aussi peut-être beaucoup de son charme.
Nombre de pages
288
Date de parution
26/04/1977
Poids
402g
Largeur
153mm
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EAN
9782720200724
Titre
Le Mythe de la procréation à l'âge baroque
Auteur
Darmon Pierre
Editeur
PAUVERT
Largeur
153
Poids
402
Date de parution
19770426
Nombre de pages
288,00 €
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Présentant un tableau fort complet de la vie à Paris pendant la Première Guerre mondiale, cet ouvrage souligne les contradictions d'une capitale qui passe de la mobilisation patriotique à une fièvre de plaisirs destinée à faire oublier la guerre. Cette légèreté cristallisera bientôt l'image de l'insouciance de l'arrière. Mais la réalité est tout autre: angoisse pour les mobilisés, bombardements, travail des femmes, misère, maladies (tuberculose, syphilis), difficultés de ravitaillement, froid. Dans cette atmosphère crépusculaire, de sourdes haines traversent les esprits: haine de l'embusqué ou supposé tel, haine de l'étranger, haine de l'homme politique, haine du militaire envers le civil. D'une plume alerte, l'auteur décrit le quotidien des Parisiens, mais remet aussi en perspective les grands événements qui scandent le déroulement de la guerre, en soulignant leur impact psychologique et matériel sur le pays tout entierUne contribution majeure à l'historiographie de la Grande Guerre Biographie de l'auteur Historien, Pierre Darmon est directeur de recherches au CNRS. Il est notamment l'auteur, en collection "Pluriel", du Médecin parisien en 1900 (2003)
C'est à travers quelques schémas réducteurs que Louis Pasteur (1822-1895) a fait son entrée dans la mémoire collective. Pour la plupart il est le vainqueur de la rage, et cette idée, associée au cliché de la vaccination du petit Joseph Meister, a fini par faire oublier le caractère universel de son oeuvre. En étudiant la structure interne de l'acide paratartrique, Pasteur fonde la stéréochimie. En mettant en évidence la dissémination des germes dans l'air, il jette les bases de la microbiologie. En s'attaquant avec succès aux maladies du vin et du ver à soie, en jugulant le charbon et le rouget du porc qui décimaient les troupeaux, il sauve de la misère des millions d'agriculteurs et d'éleveurs. En mettant au point de nouveaux procédés de fabrication du vinaigre et de la bière, il fait la fortune des industriels. En découvrant les propriétés prophylactiques d'une culture microbienne vieillie, il invente la vaccination expérimentale qui consacrera l'effondrement de la mortalité infectieuse. Au-delà de l'oeuvre scientifique de Pasteur, ce livre retrace les aspects les moins connus de la personnalité du savant : l'administrateur et le politicien maladroits, le gestionnaire intransigeant, le polémiste passionné, le patriote exacerbé, l'humaniste et le père de famille attendris révèlent la force de caractère mais aussi les faiblesses et la fragilité d'un homme trop souvent peint aux couleurs du pompiérisme.
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Résumé : À peine remise des secousses de la déclaration de guerre et de la mobilisation, Paris se remet à vivre, offrant parfois, au long de la Grande Guerre, un spectacle déconcertant. Les boulevards s'égayent, les terrasses des cafés et les théâtres affichent complet. Aux portes des cinémas, les files d'attente battent des records. De la chronique mondaine surgissent de mémorables actions d'éclat : le " scandale des gorges nues " lors de la réouverture de l'Opéra ou les excès qui accompagnent la première de Parade, exécuté au Châtelet par les Ballets russes. Dans les cercles, l'audace des joueurs ne connaît plus de bornes, certains enjeux pouvant atteindre, en une seule soirée, la somme de cent, deux cents, trois cent mille francs. Ce que gagne une couturière en trois siècles ! Au bois de Boulogne, le soir venu, le " sentier " dit " de la Vertu " serait le théâtre de mémorables orgies et, d'une façon générale, les Parisiennes se laisseraient séduire par des dérives dignes du Directoire. Derrière cette tapageuse vitrine se cachent tristesse et misère. Dans le silence des logis, les familles se meurent d'angoisse et, les restrictions aidant, les plus pauvres sont bientôt tenaillés par la faim. Une majorité de femmes travaillent en usine où les cadences de travail deviennent infernales. La prostitution clandestine prolifère, la syphilis et la tuberculose guettent. En l'absence de charbon, les morsures de l'hiver deviennent insupportables. Dans cette atmosphère crépusculaire, de sourdes haines travaillent les esprits : haine de l'embusqué ou supposé tel, haine de l'étranger, haine de l'homme politique, haine du militaire envers le civil. À partir des archives de la Préfecture de police et du Val-de-Grâce, de sources journalistiques et de chroniques d'époque, Pierre Darmon, historien et directeur de recherches au CNRS (Centre Roland-Mousnier), reconstitue le climat d'une capitale qui résume, en les exacerbant, les problèmes et les passions de la France entière.
Anouar Benmalek vient de sortir "L'Enfant du Peuple Ancien" aux Editions Pauvert. Un très beau livre, qui à la charnière entre le 19è et le 20è siècle, entraîne les héros dans un pays du bout du monde : l'Australie.Le dernier livre d'Anouar Benmalek se dévore. Et vous dévore. Car l'émotion est là, au détour de chaque page, au détour de chaque phrase. "J'ai au fond de la gorge des sanglots tapis comme des chacals à l'affût", une phrase que peut reprendre à son compte le lecteur, pris dans la vertigineuse histoire de "L'Enfant du Peuple Ancien".Entre 1870 et 1918, les destins de Kader l'Algérien, de Lislei l'Alsacienne et de Tridarir l'Aborigène vont s'entremêler jusqu'à ne faire plus qu'un. Ils ont chacun mené leur guerre : Kader en Algérie lors de la révolte sans avenir des tribus sahariennes contre les colons français, Lislei pendant la sanglante Commune à Paris, et Tridarir lors du véritable génocide mené contre les Aborigènes de Tasmanie et d'Australie.Le hasard - ou la chance ? - réunit Kader et Lislei, tous deux emprisonnés en Nouvelle-Calédonie. Ils s'échappent et prennent un bateau pour l'Australie. Sur celui-ci, ils rencontrent Tridarir : l'enfant est enfermé dans une cage comme un animal. Il est le dernier survivant des Aborigènes de Tasmanie, et son petit corps vaut cher pour les chercheurs anglais qui dissèqueront son cadavre. Ils s'enfuient tous les trois. Commence alors leur périple en terre australienne.La douleur semble être la chose la mieux partagée au monde chez Benmalek. Les hommes sont inhumains, la vie injuste, et la mort souvent une délivrance. L'amour semble être le seul remède pour se reconstruire de l'intérieur. Au-delà, le mysticisme aborigène accompagne les pas de Tridarir qui tente de retrouver les Sentiers des Rêves de ses ancêtres."L'Enfant du Peuple Ancien" est un formidable roman d'amour et d'aventures. Quant à Anouar Benmalek, c'est un formidable écrivain, qui parmi les auteurs algériens de sa génération est sans nul doute l'un des plus doués. -- Olivia Marsaud -- -- Afrik.com
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