Les maîtres chrétiens de tous les temps ont eu la conviction que l'éducation des enfants, plus qu'aucune autre oeuvre humaine, était avant tout l'oeuvre de Dieu. Nous parlons en vain aux oreilles si Dieu ne parle au coeur de ceux qui nous écoutent. Or rien ne nous concilie l'aide de Dieu, et l'attire sur eux, comme la prière. Aussi n'est-ce pas seulement parce qu'ils sont prêtres, religieux, chrétiens, mais parce qu'ils sont maîtres, que les maîtres ont besoin d'être des âmes de prière. La prière leur obtiendra la sagesse, l'esprit d'intelligence pour instruire, la prudence, la patience et les forces nécessaires pour s'acquitter exactement de leur fonction, en même temps qu'elle préparera leurs élèves à bien recevoir leurs enseignements. Il était naturel que, pour solliciter les grâces propres de leur état, les maîtres élaborent des formules particulières. Ainsi Saint Thomas inventa, à son usage, des prières pour dire avant d'étudier, d'écrire ou de prêcher, qui ont été récitées pendant des siècles par beaucoup de maîtres. A vrai dire, les progrès de cette spiritualisation du métier remontent surtout à la Renaissance, Il faut les attribuer à la double influence de l'humanisme chrétien et de la spiritualité da Pays-Bas, enclins à une dévotion plus individuelle, à une piété plus biblique et à une vie plus selon le Christ, Erasme composa dans cet esprit plusieurs oraisons particulières pour le maître et son écolier, qui sont parfois de vrais centons bibliques, Il eut des émules. Désormais, il n'y eut guère de recueils de prières qui ne comportent des oraisons pour les conditions, états de vie et professions, plusieurs allaient à spiritualiser la vie scolaire. La sécularisation de l'école, jusque-là réservée principalement aux futurs clercs et régentée par des moines, dorénavant largement ouverte aux jeunes chrétiens qui se destinaient aux professions du monde et tenue souvent par des régents laïcs, a favorisé une telle évolution, Dès lors que maîtres et élèves ne participaient plus à l'office liturgique, il convenait, pour élever leurs âmes vers Dieu, de leur offrir des oraisons privées et d'instaurer une liturgie scolaire de prières publiques, Au Colloque érasmien de la Pietas puerilis, le petit Gaspard s'arrête à l'église, sur le chemin du collège, pour supplier l'Enfant Jésus de daigner éclairer son intelligence pour l'étude des lettres, qu'il veut faire servir à sa gloire : "J'implore l'aide du Christ dans la conviction qu'il est vain d'étudier s'il ne vient à votre secours" .
Nombre de pages
188
Date de parution
01/04/1956
Poids
168g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782701004655
Titre
Livre d'heures du maître
Auteur
Dainville François de
Editeur
BEAUCHESNE
Largeur
120
Poids
168
Date de parution
19560401
Nombre de pages
188,00 €
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François de Dainville, mort en 1971, fut le pionnier d'une histoire renouvelée de l'éducation en France à l'époque moderne. Ce recueil, regroupant l'ensemble des textes qu'il a consacrés à l'enseignement secondaire, manifeste l'originalité des méthodes, la richesse de l'information, la diversité des angles d'attaque d'un sujet aussi vaste. L'étude quantitative des effectifs et l'analyse sociologique du recrutement des anciens collèges en révèlent les mécanismes de fonctionnement au moment de leur genèse. Les programmes d'enseignement, minutieusement détaillés, imprègnent le savoir de l'"honnête homme" d'humanisme chrétien et soulignent la prééminence de la rhétorique, dont le théâtre scolaire constitue l'exercice le plus goûté. La société civile, représentée par les notables locaux et les parents d'élèves, dissémine et transforme peu à peu une institution que l'Etat n'arrive pas à contenir dans les bornes qu'il lui assigne. François de Dainville a frayé des pistes nouvelles que les historiens actuels sont loin d'avoir toutes parcourues. Il détruit en tout cas le mythe tenace selon lequel le collège jésuite serait cet espace clos sur lui-même où les bruits du monde ne parviennent pas.
Dainville François de ; Richard Hélène ; Souchon C
Du XVIe à la fin du XVIIe siècle, "savoir la carte" ou savoir la géographie était tout un comme l'écrivait le père François de Dainville, qui fut à la fois historien et géographe. Son lexique de cartographie et de géographie historique permet de suivre l'évolution du vocabulaire géographique durant trois siècles, et son enrichissement au fur et à mesure de l'apparition des techniques nouvelles. Illustré de cartes anciennes, de légendes, agrémenté d'un index multilingue, et de nombreux croquis renvoyant aux conventions en usage, il offre un instrument de recherche complet et irremplaçable à tout lecteur de cartes anciennes.
Thèse de lettres remarquable, l'étude définitive sur l'enseignement de la géographie en France au seizième siècle, la place qui occupe les jésuites dans cette branche, le développement des sciences géographiques pendant l'époque de la Renaissance et le dix-septième siècle. L'université de Paris dans les premières années du seizième siècle : Aristote, Albert le Grand, Thomas d'Acquin, Lefèvre d'Etaples, Fernel (1525-1550). ? Les origines de l'humanisme en géographie. Les écrits et l'influence de Conimbres, Richeome, Clavius, Possevin, Ptolémée et Copernic ; la géographie de l'humanisme et ses rêves. De l'érudition à une géographie de l'homme ; les missions. L'essor de l'humanisme en géographie (1600-1660) ; progrès de l'observation et des théories. ; le vocabulaire des géographes ; enrichissement du lexique par les Relations et les parlers provinciaux. La crise de l'humanisme en géographique (1660-1700). Bibliographie exhaustive.
La meilleure étude, la plus détaillée et la plus approfondie, sur l`?uvre éducatrice des jésuites en France, contribution essentielle à l`histoire de l`humanisme. Cet ouvrage contient les thèmes suivants : Les jésuites et l`humanisme ; routines médiévales, la contre-réforme scolaire, l`ordre des études, programmes et auteurs ; la prélection, l`institution catholique ; les exercices de la piété ; de la sagesse antique à la vérité chrétienne, l`art de nourrir les écoliers, culture des élites, tradition, l`originalité de la pédagogie des jésuites et une bibliographie. Réimpression de l'édition de Paris, 1940
Dans l'Eglise du Moyen Age central, l'inspiration charismatique n'est pas antinomique de la bureaucratisation : elle en est la condition nécessaire. C'est ce que montre cette étude des mobilisations ecclésiologiques de la référence à l'Esprit. Loin d'oublier l'Esprit dans la routine d'une bureaucratie sans âme, les agents de l'institution de l'appareil ecclésial sont les premiers à y faire référence pour opérer, à partir du milieu du XIe siècle, une centralisation pontificale des différentes tendances réformatrices. La monopolisation pontificale de la référence légitime à l'Esprit permet à la fois d'affirmer l'autonomie - la théonomie - de l'appareil ecclésial et d'en suspendre les règles ordinaires. L'appropriation de ce discours ecclésiologique par les chroniqueurs et réformateurs du XIIe siècle va conduire à une nouvelle perception de l'histoire, fondée sur l'idée d'un progrès inspiré et mené par des hommes spirituels. Moines charismatiques et administrateurs peuvent ainsi s'associer autour du fragile malentendu d'une institution spirituelle. Lorsque celui-ci se délite, les discours prophétiques en font l'aune à laquelle juger le présent ou un projet d'avenir. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, ce modèle d'une bureaucratie charismatique se dissocie en conceptions antagonistes de la référence à l'Esprit : un usage intégré dans les rouages de l'administration, qui n'apparaît explicitement que dans les périodes de crise, et une référence de plus en plus eschatologique visant à condamner tous ceux qui persécutent les "spirituels".
Scolastique : dérisoire ou sérieuse ? Savante ou bornée ? Ratiocination ou perfection rationnelle de l'investigation universelle ? Virtuosité intellectuelle ou figement formel ? Peu de mots, assurément, résonnent de manière aussi contradictoire dans notre chambre cognitive. Faut-il s'en étonner ? La scolastique, avec le Sic et non d'Abélard au XIIe siècle, se construit sur l'exploration inextinguible de la contradiction. Elle progresse vers la vérité grâce au kaléidoscope des possibles logiques. En son âge d'or, du XIIIe au XVe siècle, auxquels est consacré ce volume, elle ne structure pas seulement la pensée des intellectuels. Imprimant sa forme et ses processus heuristiques à la littérature - latine ou romane - qu'elle érige en son extension, elle trouve en celle-ci non seulement un réceptacle et un lieu de diffusion, mais un révélateur. Codifiée mais libre comme une forme fixe, elle est littérature à part entière, partageant avec elle les ambitions et les modalités protéiformes d'une architectonique savante dévouée à l'éveil de l'esprit. Les vingt-quatre contributions ici réunies sondent la manière dont la littérature médiévale, tirant partie de sa propre diversité, sérieuse, comique, savante, ambiguë ou critique, s'est emparée de la scolastique pour faire d'un phénomène social qui aurait pu devenir un puissant outil de contrôle, un formidable moteur d'émancipation individuelle.
Une exclamation d'Origène (empruntée à Jérémie) : Tu m'as trompé, Seigneur ! Une autre de saint Anselme : Seigneur, je cherche ton visage ! L'une et l'autre nous a paru valoir d'être scrutée, comme introduisant à une demarche de pensée qui caractérise chacun de ces deux grands esprits, et plus encore au mouvement foncier de leur âme. Deux exemples, propres à faire voir, à travers les différences de deux époques aussi bien que de deux individualités, une parenté plus essentielle. Et nous encore, "nous sommes de leur race" . Tous ceux que nourrit de sa substance indéfiniment féconde une même grande tradition, sont frères. Pour compléter ce sentiment de l'unité dans un incessant pluralisme, nous avons cru pouvoir proposer un troisième exemple, pris à notre siècle même, celui du débat qui fut institué, au cours des années trente, sur les rapports de la foi chrétienne, et de la philosophie. Le lecteur verra de lui-même, sans qu'il soit besoin d'instituer parallèles ou contrastes, combien les questions qui agitaient ce débat sont encore aujourd'hui les nôtres.
En octobre 1703, Claude Poullart des Places, un jeune Rennais, arrive à Paris sans autre intention que de faire sa théologie au collège Louis le Grand. Un an plus tard, simple tonsuré, il fonde un séminaire pour les pauvres écoliers, ces aspirants au sacerdoce dont la misère, par ses conséquences, est la plaie majeure de l'Eglise de France. Il assure à ses élèves une longue et solide formation théologique et sait leur communiquer sa mystique de pauvreté et sa hantise des âmes abandonnées. Il meurt en 1709, prêtre depuis moins de deux ans. Il laisse soixante-dix séminaristes et une petite équipe de directeurs, noyau de cette congrégation du Saint-Esprit qui compte aujourd'hui 4 000 religieux. La Compagnie de Marie de son ami Grignion de Montfort ne voit le jour et ne survit jusqu'à la Révolution que grâce à son affiliation à la congrégation du Saint-Esprit ; pendant près d'un siècle et demi, ses membres se font appeler Prêtres missionnaires du Saint-Esprit. Quant aux Filles du Saint-Esprit, la plus florissante des congrégations bretonnes, elle doit son existence à l'un des premiers disciples de Poullart des Places qui leur forma un règlement sur le modèle de celui qui s'observait au Séminaire du Saint-Esprit. Poullart des Places est le plus jeune fondateur d'ordre et aussi celui qui disposa du délai le plus court pour consolider son oeuvre. Son histoire était une énigme que, grâce aux archives de l' Aa, une congrégation secrète de piété, Joseph Michel réussit à élucider. La cause de canonisation de Poullart des Places a été introduite en 1989.