Il s'agit dans ce dossier d'explorer de nouvelles manières d'étudier les formes de gouvernance et les ordres qui émergent dans l'Afrique d'aujourd'hui, en particulier dans les zones qui oscillent depuis quelques temps entre guerre et paix. Pour détecter et décrire les ordres émergents, constellations de contrôle social et de conflit. L'ethnographie est une méthode efficace. Il s'agit également d'éviter de placer la violence au centre de l'analyse, et encore d'aller au-delà des oppositions disciplinaires et épistémologiques entre les différentes écoles qui étudient les gouvernances et les gouvernementalités. Les contributeurs tentent de libérer l'étude de la gouvernance de l'emprise de deux dichotomies : celle qui oppose l'état au non étatique, et celle oui distingue la guerre et la paix. Avec cette perspective. On examine ici les nouveaux systèmes de pouvoir qui sont apparus dans diverses régions d'Afrique occidentale, centrale et orientale, et dans la Corne.
Dans le contexte de la croissance des inégalités au niveau mondial, les conséquences sociales et environnementales de la pression qui s'exerce sur les ressources naturelles sont particulièrement visibles au sud de la Méditerranée. Elles sont souvent la cause des bouleversements politiques qui frappent ces régions. Les modes d'accès à la terre, à l'eau et aux ressources biologiques, voire patrimoniales, qui prennent forme dans la globalisation des normes et des droits se caractérisent par une diversité de modèles et de pratiques. Il s'agira ici d'appréhender la diffusion des modèles marchands et des règles privatives, mais aussi des modes d'action collective ou des mécanismes d'atténuation des impacts marchands, pour montrer comment les principes du développement durable autorisent certaines appropriations exclusives. Plus généralement se posent et la question du rôle que jouent les régimes internationaux dans l'évolution des régimes institutionnels de ressources et celle du pluralisme des normes eu égard aux conflits portant sur les droits d'accès.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.