Formes et figures du goût chinois dans les anciens Pays-Bas
D'Hainaut-Zveny Brigitte ; Marx Jacques
UNIV BRUXELLES
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EAN :9782800414515
L'histoire de la chinoiserie est celle d'une ambition économique qui chercha à donner une nouvelle extension, maritime, aux anciennes routes de la soie afin de capter au profit des nombreuses Compagnies des Indes orientales, créées à cet effet, une partie des parts de marché qu'impliquait ce commerce avec l'Extrême-Orient. Ainsi envahirent l'Europe une foule de " produits de la Chine " - porcelaines, textiles, laques, objets de luxe - dont la possession a le plus souvent été un marqueur de distinction sociale. Le développement de la chinoiserie et du goût chinois au XVIIIe siècle est un phénomène européen, qui s'inscrit dans la dynamique même instaurée par la Pensée des Lumières, où l'on détecte un courant utopique fondé à la fois sur l'idée de la reconstitution d'un Eden perdu, et sur celle d'une communauté politique et sociale restaurée. Sur le plan stylistique, l'influence de la Chine s'est trouvée en phase avec les grandes tendances du goût régnant entre 1720-1770, dominé par la confusion des figures et de l'ornement ; les effets de surface dus à la découverte de matières nouvelles comme la porcelaine et ta laque ; et l'imbrication des formes. Il est clair que l'appropriation du goût chinois en Europe s'est exprimée à travers une démarche dont il convient d'apprécier le caractère subversif, puisque l'art rocaille apparaît incontestablement comme une tentative de mettre entre parenthèses certains des principes de la représentation classique. Le déni du système perspectif, le refus d'utilisation du système proportionnel des ordres, l'expérimentation systématique de l'asymétrie, de fréquentes propositions pour des compositions non centrées, comme la légitimité reconnue à des variations non proportionnelles d'échelle sont autant d'éléments qui participent à la proposition d'un système de composition alternatif au système classique. Devant l'impossibilité évidente de proposer ici un aperçu complet de cette histoire d'influences, d'appropriations et de réinterprétations, les éditeurs ont choisi de privilégier certains pans de cette histoire, moins récemment investigués ou laissés parfois en friche. Ils ont pris l'option de centrer ce volume sur deux axes particuliers : privilégier, d'une part, l'étude des vecteurs de transmission de cette séduction ainsi que l'appréciation de la manière dont ces agents ont contribué à " colorer " les éléments transmis ; et attirer, d'autre part, l'attention sur l'intérêt et la qualité, souvent mésestimés, des " chinoiseries " réalisées dans nos régions au XVIIIe siècle. Des questionnements fondamentaux sont ici esquissés : sur le degré d'extension du concept (par rapport, notamment, à l'expression littéraire) ; sur le degré d'adéquation de ses formes et de ses expressions par rapport à la réalité chinoise ; sur la place occupée par la chinoiserie dans le discours et la culture globale des Lumières, sur les agents de la diffusion - en particulier les missionnaires - et les modalités de celle-ci. Dans les Pays-Bas méridionaux (1715-1792), la chinoiserie et le goût chinois ont beaucoup contribué à créer, dans les habitudes de vie et l'environnement familier des classes aristocratiques, une sociabilité élégante et distinguée. En ce sens, l'architecture pavillonnaire des jardins anglo-chinois - à Kew comme à Potsdam ou à Drottningholm par exemple, ou, dans les Pays-Bas méridionaux, à Enghien, Beloeil ou Boekenberg -, matérialise des lieux de plaisance, voire de " libertinage " - au sens intellectuel - liés à de nouvelles formes de sensibilité, et même à de nouvelles formes de pensée, axées sur la discontinuité, la diversité et l'esthétique du fragment. Mais, surtout, au-delà, dans un pays d'étendue réduite, de tradition intellectuelle relativement conformiste, elle a incontestablement constitué un élément d'ouverture vers le mouvement des Lumières, et elle a sans aucun doute contribué à forger la prescience d'une certaine forme de cosmopolitisme et d'appréciation de l'altérité.
Résumé : En octobre 1696, s'ébranle depuis Turin le cortège qui conduira Marie-Adélaïde de Savoie à Versailles. Le contrat de mariage qui la lie désormais au duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV, scellera, quelques mois plus tard, le sort de l'Europe par la paix de Ryswick. Dès la naissance de sa fille, guidé par un cynisme lucide, Victor-Amédée II l'avait destinée à devenir une princesse française. Il y réussit fort bien. D'emblée, le monarque fut séduit par l'extraversion, le naturel et la simplicité de l'enfant ; il la trouva " à souhait ". Devenue duchesse de Bourgogne, la jeune femme bouleverse néanmoins l'étiquette de la cour de France, confite dans les dévotions. Elle devient rapidement la coqueluche de Versailles. Son caractère tempère la religiosité morose de son mari ; sa gaieté galvanise autour d'elle musiciens, compositeurs, chorégraphes et hommes de lettres. Son entrain et sa désinvolture incitent à multiplier les bals, les jeux, les représentations théâtrales, les loteries de chinoiseries... Le goût de la duchesse est éclectique. Elle danse le ballet-mascarade, se laisse séduire par le merveilleux féérique des contes, touche le clavecin avec un certain talent, applaudit au Théâtre Italien et interprète les tragédies sacrées que lui offre Mme de Maintenon. Les dernières années du règne de Louis XIV voient ainsi renaître, sous le coup de divertissements dispendieux honorés par le roi, tout un mécénat littéraire, musical, mais aussi architectural, autour des travaux d'aménagements de la Ménagerie, dont la jouissance est offerte à la duchesse. La cour sort de sa torpeur durant cette époque charnière qui relie les splendeurs éteintes de la cour du Roi-Soleil aux excès de la Régence, puis de Louis XV. En éclairant ses années de formation, en étudiant le mécénat de la duchesse de Bourgogne au sein du système de la cour et d'une politique de distinction marquée par la prégnance de plusieurs clans politiques, en interrogeant l'efflorescence d'oraisons funèbres d'où percèrent les espoirs déçus et l'imaginaire collectif de la nation, le présent volume entend combler tes lacunes de l'historiographie contemporaine longtemps restée muette sur la brève destinée de Marie-Adélaïde de Savoie et le climat de la cour de Versailles entre 1696 et 1712.
Résumé : En Europe, l'entrée dans le XXIe siècle a dévoilé d'impressionnantes dynamiques politiques et électorales. La Belgique et son système de partis n'échappent pas à ces mouvements : longueur exceptionnelle dans la formation des exécutifs, volatilité électorale accrue, fragmentation du système politique, augmentation de la défiance envers le politique dans plusieurs parties de la société... L'ambition de cet ouvrage est néanmoins d'analyser les événements et les changements contemporains dans une perspective plus profonde que le temps court. La configuration actuelle du système politique belge et de ses acteurs a beaucoup évolué, mais des constantes peuvent aussi être mises en évidence. Dans une analyse des transformations de la vie politique et du système politique depuis l'indépendance de la Belgique et en mobilisant les clivages qui ont structuré les débats et les choix politiques, l'auteur isole six grandes phases : 1830-1893, 1894-1918, 1919-1945, 1946-1965, 1965-1999 et l'entrée dans le XXIe siècle. Ce sont ces six temps de l'histoire politique belge qui sont décortiqués dans cette toute nouvelle édition. Bien sûr, comme dans tout découpage chronologique, les frontières entre les différentes étapes temporelles sont poreuses. Il importe d'approcher les évolutions dans une optique dynamique où, sans être légion, les ruptures n'en sont pas moins essentielles. Pascal Delwit est professeur de science politique à l'Université libre de Bruxelles (ULB), où il mène ses recherches au Centre d'étude de la vie politique. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages et articles sur la vie politique belge et européenne.
Pourquoi le populisme est-il devenu un concept aussi central dans le débat public ? Pour quelles raisons joue-t-il le rôle d'épouvantail de la démocratie ? Quel est le rapport entre notre conception contemporaine du phénomène et ses origines historiques ? Le populisme est-il de droite, de gauche, les deux à la fois ou ni l'un ni l'autre ? En amorçant une réponse à chacune de ces questions, cet ouvrage déconstruit les principales idées reçues et connotations péjoratives dont le populisme fait l'objet dans la littérature scientifique et dans le discours médiatique.
Résumé : Michel Foucault l'a montré, la critique de la prison naît avec la prison et se répète depuis le XIXe siècle, tout comme les principes qui lui sont opposés : correction, classification, travail, éducation, contrôle ou assistance. Aujourd'hui, des changements sont intervenus, comme de nouvelles normes tendant à la reconnaissance de droits aux détenus. Les modalités de leur mise en oeuvre les font cependant apparaître comme un nouveau discours de légitimation de la prison. La surpopulation est souvent avancée pour expliquer ce décalage, mais elle ne doit pas occulter d'autres écueils, parfois plus fondamentaux, que cet ouvrage tente de discerner en faisant le point sur trois thèmes : les histoires de la prison en Belgique, du XIXe siècle à aujourd'hui ; les normes qui la régissent, de leur création à leur exécution ; les pratiques de ceux qui la pensent et, surtout, de ceux qui y vivent, professionnels ou détenus.
A des fins didactiques, l'ouvrage est décomposé en sept chapitres. Le premier porte sur l'histoire de la discipline, sur la définition de son champ d'investigation et sur les règles de base à respecter. Le deuxième présente le coeur de la science politique : le pouvoir politique et son évolution. Le troisième se fixe sur l'étude des régimes politiques : les régimes autoritaires, hybrides, totalitaires et démocratiques. Les chapitres suivants sont une plongée dans le fonctionnement de la démocratie représentative. Le quatrième porte sur les règles qui entourent le vote et l'élection, en particulier les modes de scrutin. Le cinquième traite de l'acte principal qui légitime la démocratie représentative, l'élection au suffrage universel. Qui vote, pour quoi et pourquoi ? Mais aussi, qui ne vote pas et pour quelles raisons ? Le sixième a trait à ces acteurs majeurs de la démocratie représentative que sont les partis politiques. Comment évoluent-ils ? Sur quelles idéologies fondent-ils leur action ? Enfin, le dernier chapitre aborde la très grande diversité, au fond et dans leur expression, des formes de participation dans les sociétés.
Héritière d'une richissime famille juive américaine, Peggy Guggenheim (1898-1979) a rassemblé une des plus belles collections au monde d'art moderne. Excentrique, anticonformiste, libertine, Peggy Guggenheim éprouve un goût effréné pour l'art et les artistes. Après-guerre, sur les conseils d'André Breton, elle expose à Londres Kandinsky, Calder ou Brancusi. Venue à Paris, elle achète un tableau par jour, aide Giacometti et Picasso, puis elle part à New York où elle épouse Max Ernst. En 1942, sa galerie Art of this Century révèle au public les surréalistes européens et la jeune avant-garde américaine ? Jackson Pollock, Mark Rothko. En 1949, installée à Venise, au bord du Grand Canal, dans un palais du XVIIIe siècle, elle expose une somptueuse collection que le monde entier admire encore aujourd'hui.
En 1985, Marc Chagall, le dernier patriarche de la Côte d'Azur après Matisse et Picasso, s'éteignait à Saint-Paul-de-Vence dans sa quatre-vingt-dix-huitième année. L'Ecole de Paris peut s'enorgueillir d'avoir permis à nombre d'artistes étrangers de s'épanouir en son sein : Chagall en est l'un des pionniers les plus singuliers. "Ivre d'images", disait Malraux, qui lui avait commandé le plafond de l'Opéra de Paris. Celui qui a peint l'univers du "shtetl" juif à Vitebsk, mais aussi ses rêves, ses amours, le monde du cirque, et le message universel de la Bible, demeure aujourd'hui le conteur merveilleux d'une poétique universelle et intemporelle, fondée sur l'image canonique de Dieu et des hommes. Daniel Marchesseau retrace les itinéraires de ce Russe, déraciné à deux reprises, monté aujourd'hui au firmament, dans ces cieux qu'il a, durant sa longue vie, su peindre et enluminer.
Dalí en 400 images propose un parcours complet de l'oeuvre d'un des peintres surréalistes les plus significatifs du xxe siècle. Ce livre propose une sélection d'oeuvres qui met en lumière non seulement les créations emblématiques de Salvador Dalí, mais également des pièces moins connues, telles que des dessins et des objets surréalistes. Couvrant l'ensemble de sa carrière, cet ouvrage illustre la richesse créative de Dalí, depuis ses débuts inspirés par le post-impressionnisme et son engagement dans le mouvement cubiste des années 1920, jusqu'aux oeuvres surréalistes emblématiques des années 1930. Il retrace également sa période américaine dans les années 1940, son retour au classicisme dans les années 1950, ainsi que son engagement renouvelé dans l'expérimentation d'avant-garde à partir des années 1960. L'auteur, William Jeffett, est conservateur au Musée Dali à St Petersburg en Floride.
Son visage, qu'elle a inlassablement peint tout au long de sa courte vie, est l'un des plus célèbres de l'histoire de l'art. Icône de l'art mexicain, Frida Kahlo a bâti sa propre légende, qu'elle a aussi bien transposée sur la toile qu'incarnée dans sa vie quotidienne. "Je n'ai jamais peint mes rêves, j'ai peint ma propre réalité" , affirmaitelle. Gravement meurtrie dans sa chair lors d'un terrible accident, consumée par sa passion dévorante pour Diego Rivera, l'artiste a transcendé ses souffrances par la peinture. A la force de son pinceau, elle a affronté ses tourments pour s'imposer comme une femme et une peintre libres. Dans son atelier de la Casa Azul, s'affranchissant du carcan des avant-gardes européennes et de tous les codes moraux et artistiques, Frida Kahlo a façonné une oeuvre habitée par son histoire personnelle, ses idéaux politiques et les traditions ancestrales mexicaines. Noirceur et allégresse, amour et violence, sensualité et pulsion de mort : sa peinture se lit comme un oxymore qui dit tout de la personnalité magnétique de cette artiste révolutionnaire, l'une des plus fascinantes et puissantes figures de l'histoire de l'art du xxe siècle. La collection L'ART+GRAND, présentée dans une reliure luxueuse, propose, à travers un texte didactique, de découvrir les plus grands artistes de l'histoire de l'art. En plus d'une cinquantaine de toiles parmi les plus célèbres, l'ouvrage reproduit six tableaux exceptionnels sous forme de dépliants grand format qui permettent d'observer ces chefs-d'oeuvre dans les moindres détails. Cette collection offre ainsi une immersion inédite dans la matière et la touche picturale.