De l'?uvre abondante de Lycophron, il n'est resté que le poème inclassable qu'est l'Alexandra auquel est consacré le présent ouvrage. L'Alexandra, qui tient à la fois de la tragédie et de l'épopée, rapporte le contenu des prophéties émises par la fille de Priam, Cassandre alias Alexandra, au moment où son frère Pâris part de Troie pour enlever Hélène; ces prophéties portent sur l'avenir de Troie et de la Grèce et balayent quasiment l'ensemble de la mythologie et de l'histoire jusqu'à l'époque ptolémaïque. Ce poème prophétique se caractérise par son obscurité fameuse qui en fit le parangon de l'?uvre illisible et absconse. Cette obscurité tient à des raisons stylistiques et à une mentalité d'antiquaire mythographe qui recherche obstinément, à des fins de sauvegarde, les mythes les moins connus. Le lecteur devrait être décontenancé par ces (fausses) prophéties, mais se prend au jeu de l'énigme dans une atmosphère de connivence bien caractéristique de la poésie alexandrine. Le poème de Lycophron a été envisagé ici à la fois dans une perspective générale et générique à propos de sa construction spéculaire et de sa signification poétique, dans ses pratiques linguistiques et poétiques telles que la parodie, l'ironie, l'intertextualité, dans son orientation mythologique, historique et documentaire, ainsi que dans sa réception dans la poésie augustéenne et à l'époque byzantine.
Nombre de pages
761
Date de parution
12/02/2009
Poids
1 315g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782862724911
Titre
Lycophron : éclats d'obscurité
Auteur
Cusset Christophe ; Prioux Evelyne
Editeur
PU SAINT ETIENN
Largeur
160
Poids
1315
Date de parution
20090212
Nombre de pages
761,00 €
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Les Bacchantes ou l'histoire de Penthée mis en pièces par sa propre mère, en proie au délire inspiré par Dionysos. Les Bacchantes, mais sans la forme tragique : les Bacchantes écrites dans le cadre inattendu de l'idylle bucolique. Toutefois, la tragédie n'est jamais bien loin et Théocrite, tout en composant avec la poésie homérique, sait payer aussi sa dette à Euripide. C'est cette fabrique intertextuelle de l'Idylle 26 que le commentaire s'efforce de mettre en lumière, tout en portant une attention resserrée aux faits poétiques multiples dont la poésie alexandrine sait être friande. Il s'attache à éclairer le texte dans son mot à mot et dans sa composition, à partir d'une édition et d'une traduction renouvelées.
Lorsque l'on qualifie l'oeuvre de Ménandre, auteur comique grec de la fin du ive siècle av. J.-C., de « comédie tragique », il ne s'agit nullement d'une catégorie littéraire inventée par la Comédie Nouvelle, mais plutôt d'une impression de lecture, d'un mode de réception d'une oeuvre qui s'inscrit dans une tradition intertextuelle. La présente étude s'attache en effet à montrer comment, à la suite des évolutions progressives de la Comédie Ancienne depuis l'époque d'Aristophane, et dans une ère nouvelle inaugurée en quelque sorte par la Poétique d'Aristote, Ménandre compose un discours comique à partir des cadres de la tragédie désormais « classique » - celle d'Euripide surtout. Il ne s'agit plus pour lui de critiquer les ressorts tragiques sur le mode de la dérision paratragique comme chez Aristophane, mais de les intégrer à l'intrigue et au discours comique. Ce faisant, le dramaturge se livre plus ou moins indirectement à un examen de ses pratiques littéraires, bien propre à susciter l'intérêt de notre modernité.
Les Grecs et les Romains, dont les chemins se sont très tôt croisés, ont aussi rencontré bien d'autres peuples sur lesquels ils nous ont laissé leurs témoignages. Ils sont en outre à l'origine des premières réflexions sur le droit de cité, la citoyenneté et l'autochtonie. Quelle image, ou plutôt quelles images, les Grecs et les Romains ont-ils les uns des autres, des Perses, des Scythes, des Carthaginois, des Numides, des Gaulois ou des Germains? Près de 150 extraits, allant du VIIIe siècle avant J.-C. au VIe siècle après J.-C., en traduction Belles Lettres, ont été rassemblés et assortis d'une brève présentation destinée à éclairer leur lecture. Du droit du sol aux politiques d'intégration, en passant par les propos racistes et les mariages mixtes ou bien encore les coutumes étranges des Barbares, A la rencontre de l'étranger montre les multiples facettes d'un monde cosmopolite, le monde antique! Biographie de l'auteur Christophe Cusset et Gérard Salamon enseignent à l'ENS Lettres et Sciences Humaines. L'un est helléniste, l'autre latiniste.
A la suite de la réforme de Benoît d'Aniane (816), le clergé était régulièrement partagé en trois groupes : les moines, les chanoines et les religieuses. Pour les hommes il y avait ceux qui se coupaient du monde, les moines, et ceux qui y demeuraient, les clercs et les chanoines; les premiers pouvaient rester laïcs, les seconds recevaient les ordres de la cléricature, notamment le diaconat puis la prêtrise. Toutefois le partage n'était pas entièrement satisfaisant, car certains chanoines voulaient eux aussi mener une vie placée sous le signe d'une règle, comme les moines, et suivre le régime des Apôtres, marqué par une vie commune et l'absence de propriété personnelle. Au début du XIe siècle, à l'instigation de la communauté religieuse de Saint-Ruf, près d'Avignon, un mouvement se développa dans cette direction et, en 1092, le pape Urbain II en vint à soutenir les chanoines qui adoptaient une règle nouvelle, dite de saint Augustin, distincte de celle de saint Benoît de Nursie. Ainsi se trouvait créée une catégorie de religieux intermédiaire entre les moines et les chanoines. Le sixième colloque international du CERCOR, dont les actes sont publiés ici, leur a été entièrement consacré. Il comprend deux groupes de communications : le premier s'attache à la définition des chanoines réguliers face aux moines et aux chanoines séculiers et à l'étude de leur spécificité en matière de liturgie, d'enseignement, d'accueil des pauvres et des femmes, d'ouverture aux laïcs ; le second examine l'expansion des chanoines réguliers dans certains pays (France, Empire, Italie, Espagne, Grande-Bretagne).