Vie et batailles d'une doctoresse à l'époque où les femmes n'étudiaient pas la médecine. Anne Cuneo dépeint un siècle d'existence en cinq cent soixante pages. Zaïda conquiert sa liberté dans une société rigide ; le privilège d'étudier la médecine quand les femmes sont tenues à l'écart de la faculté ; et, nouveautés inouïes, le droit de pratiquer de façon indépendante et même l'accès à la psychanalyse. Anne Cuneo, on le sait, n'invente rien d'essentiel : dans ses romans, tout ce qui importe est authentique... La destinée de son aristocrate anglo-italienne, qui perd tragiquement ses maris peintre et médecin anglais, puis traverse le reste de son âge avec un autre médecin, vénéto-triestin celui-là, l'emmène à Milan et à Zurich, à travers les deux guerres mondiales. Un siècle en cinq cents pages vaste fresque ! Mais aussi miniatures : l'histoire, la grande, en train de se faire, est retracée avec vivacité et couleurs au travers de la vie quotidienne de Zaïda et des siens. Rédigeant ses mémoires pour son arrière-petite-fille, elle note une abondance de traits révélateurs ; cette chronique d'une tribu attachante, avec ses satellites, domestiques et compagnons de route, éclaire l'histoire des mentalités et des sensibilités politiques, en évitant 1'écueil du didactisme. Les deux guerres mondiales vécues en Italie, avec des flashs sur l'Angleterre, l'émergence et le triomphe du fascisme, la Suisse pendant la guerre, avec ses certitudes, ses doutes et ses compromis, l'immigration italienne... De ce roman vrai ne s'exhale pas tout à fait le parfum magique du Trajet dune rivière : nous sommes trop près dans le temps. Mais surprises et découvertes y abondent, l'intérêt ne se relâche pas. Et, en le refermant, on se dit que notre société est mal inspirée, qui jette des "vieux" encore jeunes et se prive de tant de sagesse et de connaissances.
Nombre de pages
568
Date de parution
05/11/2009
Poids
530g
Largeur
115mm
Plus d'informations
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EAN
9782882412492
Titre
Zaïda / Fragments d'une vie
Auteur
Cuneo Anne
Editeur
CAMPICHE
Largeur
115
Poids
530
Date de parution
20091105
Nombre de pages
568,00 €
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Francis Tregian naît en 1574 dans une illustre famille de Cornouailles. Parce que son père, catholique intransigeant, a refusé de prêter allégeance à la reine protestante, sa famille est dépouillée de tous ses biens et il doit s'enfuir dans une hotte à pierres. Il n'a que cinq ans.Commence alors une longue errance, illuminée par une passion qui dévore sa vie : la musique.De la cour d'Elizabeth d'Angleterre au séminaire anglais de Reims, des leçons du compositeur Thomas Morley au camp retranché d'Henri IV en Normandie, des antichambres pontificales, aussi dangereuses que les prisons londoniennes, aux madrigaux de Monteverdi, des ébauches du jeune Rubens à la première d'Hamlet, Francis Tregian traverse son siècle en humaniste.Collectionneur enthousiaste des musiques de la Renaissance, il nous a légué le Fitzwilliam Virginal Book, aussi célèbre que sa vie était demeurée secrète.
Le 24 décembre 1534, place Maubert, pendant que chacun s'apprête à fêter Noël, un imprimeur, suspect d'hérésie, est pendu. Son corps et ses livres sont brûlés. Homme de lettres, érudit, Antoine Augureau a connu les intellectuels les plus brillants des débuts de la Renaissance, à Fontenay-le-Comte où il a passé son enfance à l'ombre du couvent qui accueillait François Rabelais, à Poitiers durant son apprentissage, et enfin, rue Saint-Jacques où il a travaillé puis s'est installé à une époque où elle abritait plusieurs imprimeurs par maison. C'est là qu'il a publié François Villon ou Clément Marot, là qu'il a inventé l'usage des accents et de la cédille, là qu'il a gravé et transmis les caractères typographiques qui ont modelé ceux dont nous nous servons encore de nos jours. Comment cet humaniste est-il parvenu à s'attirer les foudres des théologiens de la Sorbonne? La publication du Miroir de l'âme pécheresse de Marguerite de Navarre, saur du roi François Ier, a-t-elle été la vraie cause de sa perte? Parce qu'il s'indigne autant qu'il cherche à comprendre, Claude Garamond, le plus célèbre de ses disciples, entreprend de raconter son histoire. C'est l'histoire passionnante et bouleversante d'un être généreux, ennemi de tout fanatisme, mais prêt à mourir pour défendre ses idées. Comme dans Le Trajet d'une rivière (prix des Libraires 1995), Anne Cuneo, dans une éblouissante mise en scène romanesque, dévoile un personnage hors du commun et lui rend justice.
Résumé : À l'aube de la quarantaine, Anne Cuneo, alors maman d'une petite fille de neuf ans, apprend qu'elle est atteinte d'une maladie qui pourrait lui être fatale. Elle-même a perdu son père alors qu'elle n'était qu'une enfant, et a toujours regretté de ne pas l'avoir mieux connu ; elle décide donc de raconter sa jeunesse et de retracer son cheminement intérieur afin que sa fille, si un jour elle en éprouve le besoin, puisse comprendre cette mère qui risque de s'en aller trop tôt. Remontant aux sources de son éveil à la conscience, l'auteure évoque sa vie en Lombardie dans une famille de la bourgeoisie italienne, puis sa condition d'immigrée en Suisse, revenant sur un parcours marqué par les brimades de la discrimination mais aussi par la conquête de l'émancipation. Anne Cuneo (1936-2015), née à Paris de parents italiens, a passé son enfance en Lombardie d'où elle a émigré en Suisse avec sa mère et son frère. Après des études de lettres à Lausanne, Londres et Florence, elle travaille comme journaliste et traductrice. Elle a écrit plusieurs récits autobiographiques, des romans historiques et policiers, des études sur le cinéma et le théâtre, ainsi qu'une quinzaine de pièces. Lauréate du Prix Schiller en 1979 pour l'ensemble de son oeuvre, Anne Cuneo compte parmi les écrivains les plus populaires de Suisse romande.
Luce n'a même pas paru étonnée lorsque je lui ai annoncé mon départ. Je lui ai parlé un jour avant. Elle a protesté, un peu seulement. Avec ce détachement dont j'ai mis si longtemps à comprendre qu'il dissimulait une peur panique d'abandon. Lors de nos premières rencontres, je la croyais insensible. Comme lorsque je lui avais dit que je pensais que nous n'avions plus rien à faire ensemble. Elle aimait danser la salsa, je détestais nos étés à Ibiza, elle ne lisait pas, elle se taisait quand nous passions des soirées avec des amis, je ne répondais jamais à ses sms; elle était heureuse quand nous faisions l'amour pendant le film du lundi soir, moi j'avais l'impression de me rapprocher un peu plus de la mort sur le canapé. Ridicule inventaire de nos différences que j'avais dressé entre nous comme une barrière désespérée. Cachant sa peur, Luce n'avait rien dit. Elle ne semblait même pas avoir entendu. Elle avait rapproché son visage du mien. Je revois ses yeux louchant. Sa réponse était cette langue léchant mes lèvres. "Alors, oui, c'est fini! " avait-elle susurré à la seconde où ma bouche piteuse s'était rendue à son irrésistible contre-partie. Cette fois-ci pourtant, rien ne pouvait plus me retenir. J'avais confié le bureau à mon associé, la voiture était prête. J'allais par la route, comme Themis. Non, plus rien ne me retenait. Surtout pas ce ventre plat qui s'était collé à ma chemise, ni même ces ongles nacrés griffant mon dos.- Mais qu'est-ce qui te fait croire aussi que Themis ne va pas chercher à te joindre? disait une bouche mordillant mon oreille. Il n'a rien dit à ses collègues, ni à son frère. C'est peut-être qu'il avait une bonne raison de partir ainsi. Je n'avais pas envie de m'expliquer plus avant. Themis avait disparu. Personne ne savait où il se trouvait. Ni le journal avec lequel il collaborait ni sa famille. Sa compagne du moment m'avait raccroché au nez, elle n'en avait plus rien à faire de ce tordu. Fuite ? Exil volontaire ? Qu'est-ce qui pousse le narrateur, Lorenzo, à quitter son épouse, Luce, une vie bien réglée en Suisse, pour la Grèce. Lorezno espère tout d'abord rejoindre son ami, Themis, parti enquêter e, Turquie sur les passages clandestins des réfugiés albanais. Lorenzo poursuivra cette route, avant de se laisser littéralement fondre dans Thessalonique. Là , il perdra peu à peu tous ses repères, ne verra plus de sens à sa vie et disparaîtra, comme halluciné. Dans son premier roman, Nicolas Verdan étonne par la qualité des décors, du " dépaysement " et par une troublante mise en scène du lent désespoir d'un homme.