PURGATOIRE - FORTUNE HISTORIQUE ET HISTORIOGRAPHIQUE D'UN DO
CUCHET GUILLAUME
EHESS
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EAN :9782713223402
Pourquoi le purgatoire, ce " troisième lieu " de l'au-delà catholique, entre enfer et paradis, dont les croyants eux-mêmes ne parlent plus guère, a-t-il fait l'objet depuis les années 1970 d'un si grand nombre de travaux parmi les historiens ? Comment comprendre cet étrange tropisme qui les a poussés à compter indéfiniment les messes, les indulgences, les legs pieux, les confréries, comme si de ces curieuses opérations devait sortir quelque leçon fondamentale sur l'histoire profonde des sociétés européennes ? Cet ouvrage entend faire le bilan de ces recherches françaises et étrangères tout en poursuivant deux objectifs principaux. Le premier est d'embrasser toute l'histoire du purgatoire, de sa " naissance " (pour reprendre le titre d'un ouvrage célèbre de Jacques Le Goff) à son effacement actuel en incitant chacun des contributeurs à replacer sa période référence dans un cadre plus large et à réfléchir sur les continuités et les discontinuités qu'elle révèle. Le second est de profiter de la maturité érudite et problématique du dossier pour proposer, avec la collaboration de spécialistes venus d'autres disciplines, des lectures susceptibles d'en renouveler l'approche. Il en ressort un tableau d'ensemble de la fortune d'un dogme qui, depuis son " invention " au Moyen Age et jusqu'à une date relativement récente, a puissamment structuré l'imaginaire, la religion et le rapport aux morts des populations de culture catholique européennes.
Date de parution
13/09/2012
Poids
619g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782713223402
Titre
PURGATOIRE - FORTUNE HISTORIQUE ET HISTORIOGRAPHIQUE D'UN DO
Auteur
CUCHET GUILLAUME
Editeur
EHESS
Largeur
160
Poids
619
Date de parution
20120913
Nombre de pages
0,00 €
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On ne lit plus guère Alphonse Gratry et c'est dommage, non seulement parce qu'il fut l'un des penseurs religieux les plus marquants du XIXe siècle, mais un écrivain de talent et un témoin averti de son temps. Philosophe, il est à l'origine du système de pensée le plus complet et le plus caractérisé que le monde catholique français ait produit au XIXe siècle, qui a influencé tout une lignée de penseurs indépendants du thomisme. La fin de son existence a été très assombrie par les conséquences de ses prises de position retentissantes contre l'infaillibilité pontificale en 1870, même si son ralliement in extremis au dogme lui a permis d'échapper à une damnatio memoriae qui aurait pu être définitive, mais qui n'a finalement été que provisoire. Le but de cet ouvrage est de faire redécouvrir cette figure majeure de l'histoire religieuse et intellectuelle du XIXe siècle, à travers un essai biographique, la première édition critique et intégrale de ses souvenirs et une anthologie de textes qu'on a voulu aussi représentatifs que possible de la diversité des thèmes de sa pensée comme des formes de son écriture.
Le crépuscule du purgatoire Si le purgatoire est " né " au Moyen Age, il n'a jamais été aussi populaire qu'au xixe siècle. Comment expliquer ce phénomène qui fit de la dévotion aux âmes du purgatoire l'une des pratiques les plus répandues de l'Europe catholique ? Aux sources de cette renaissance, on trouve la force du " culte des morts ", la nécessité de répondre aux revendications affectives des fidèles et au discrédit massif de l'enfer, enfin la volonté de l'Eglise de contrecarrer l'expansion du spiritisme. On a beaucoup insisté alors sur le rôle d'intercesseur des âmes du purgatoire, sur la sollicitude à l'égard des " âmes délaissées ", car sans famille ici-bas ou trop pauvres pour payer des messes. Or, au début du xxe siècle, au terme de cette ultime phase de prospérité, le purgatoire s'efface peu à peu des consciences et des représentations. A l'origine de cette révolution des mentalités : la Grande Guerre, et ses millions de disparus. Guillaume Cuchet Professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris-Est Créteil, il a notamment publié Comment notre monde a cessé d'être chrétien (Seuil, 2018) et Une histoire du sentiment religieux au xixe siècle (Le Cerf, 2020).
Comment notre monde a cessé d'être chrétien Le recul du catholicisme en France entre le milieu des années 1960 et aujourd'hui est l'un des faits les plus marquants et pourtant l'un des moins expliqués de notre histoire contemporaine. Comment comprendre une telle mutation et un tel déclin de la pratique religieuse ? Guillaume Cuchet a repris l'ensemble du dossier. Il propose l'une des premières analyses de sociologie historique de cette grande rupture religieuse, identifie le rôle déclencheur de Vatican II (1962-1965) dans cette évolution et la situe aussi bien dans le temps long de la déchristianisation que dans le contexte des mutations démographiques, sociales et culturelles des décennies d'après-guerre.
Le catholicisme, hier encore religion de la très grande majorité des Français, n'est plus ce qu'il était. Un tiers des enfants seulement sont désormais baptisés en son sein (contre 94 % vers 1965) et le taux de pratique dominicale avoisine les 2 % (contre 25 % à la même date). Un tel changement, qui n'est pas achevé, a des conséquences majeures, aussi bien pour cette religion que pour le pays tout entier, façonné, dans la longue durée, par cette longue imprégnation catholique. Dans le prolongement de Comment notre monde a cessé d'être chrétien, Le catholicisme a-t-il encore de l'avenir en France ? se penche sur certaines de ses manifestations contemporaines : la mutation anthropologique qu'entraîne le fait de mourir sans croire pour la génération des baby-boomers et ses descendants ; les transformations de la scène funéraire contemporaine et la diffusion de la crémation ; les recompositions de l'ascèse sous la forme du running ; les inquiétudes suscitées par l'islamisme ; la montée des " sans-religion ", notamment chez les jeunes ; l'intérêt largement répandu pour la " spiritualité ", qu'on oppose volontiers désormais à la " religion " ; le devenir minoritaire du catholicisme et les problèmes identitaires que lui pose le phénomène ; la manière dont, dans la longue durée, l'Eglise s'adapte plus ou moins à la modernité. In fine, l'auteur pose la question de savoir si l'on n'a pas plus à perdre qu'à gagner à cette mutation. Guillaume Cuchet est professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris-Est Créteil. Il a notamment publié Comment notre monde a cessé d'être chrétien. Anatomie d'un effondrement (Seuil, 2018) et Une histoire du sentiment religieux au XIXe siècle (Le Cerf, 2020).
Marseille est un laboratoire privilégié. La crise actuelle de son modèle de développement économique est aussi celle de son territoire. Aussi la mise en cause de ses équilibres spatiaux appelait-elle tant une lecture historique de la genèse des structures urbaines qu'une lecture géographique des distributions sociales et spatiales d'aujourd'hui. C'est à cette double démarche que répond ce livre. D'une part, en analysant les dimensions synchroniques des activités économiques et démographiques inscrites dans une morphologie urbaine socialement structurée. D'autre part, en construisant le modèle génétique de l'articulation entre division sociale et trame matérielle de la ville : un modèle " libéral ", fruit de stratégies et de conduites, tôt établi au XIXe siècle, porteur d'effets de longue durée, et qu'échoue à altérer une haussmannisation manquée. L'interaction entre modes d'agir et formes urbaines, entre continuités et discontinuités temporelles, a fait de Marseille un cas d'école : division sociale, morphologie, croissance y sont étroitement liées, dans l'espace comme dans l'histoire. La ville se lit dans les principes tant de sa construction sociale que de sa division sociale. La première est le produit d'une création urbaine portée par des groupes, propriétaires, négociants, entrepreneurs immobiliers, animés par des projets mais aussi soumis à des contraintes, des compromis et des ratages. La seconde dessine des oppositions, entre équerre des beaux quartiers, de Longchamp au Prado, et faubourgs industriels, ville et port, nord et sud, avec la Canebière comme frontière, oppositions qui sont autant de composantes historiquement situées d'une structuration sociale du territoire, Dans un double refus du postulat écologique, pour qui la conduite des hommes est subordonnée à l'influence du milieu, et du postulat sociologiste, pour qui la société se projette simplement et immédiatement sur un sol quasiment vierge, l'ouvrage de Marcel Roncayolo est ainsi exemplaire pour les trois modèles qu'il propose, de genèse historique de la ville contemporaine, d'interprétation des relations entre territoire et société, et de mobilisation croisée des démarches de la géographie et de l'histoire.