Théâtre. Tome 2, Tripes d'or ; Carine ; Chaud et froid
Crommelynck Fernand
GALLIMARD
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EAN :9782070269389
Relire les trois pièces composant le second volume des oeuvres de Crommelynck, c'est à la fois replonger dans l'époque où elles furent créées et vérifier qu'aujourd'hui, cinquante ans plus tard, leur contenu poétique, leur violence érotique et truculente sont toujours aussi neufs : Tripes d'or, pièce en trois actes représentée pour la première fois le 29 avril 1925 à la Comédie des Champs-Elysées, sous la direction de Louis Jouvet ; Carine ou La jeune fille folle de son âme, créée au Théâtre de l'Ouvre le 19 décembre 1929 ; Chaud et Froid ou L'idée de Monsieur Dom, représentée également à la Comédie des Champs-Elysées le 24 novembre 1934. La langue fabuleuse du poète, entraînée dans un mouvement dramatique aussi brutal que somptueux, n'avait pas trompé le goût infaillible et la sûreté prémonitoire d'un homme de théâtre tel que Louis Jouvet. On pense à Jérôme Bosch, à Pieter Brueghel, à James Ensor : la grande lignée flamande est maintenue grâce aux personnages envoûtants et envoûtés : Pierre-Auguste Hormidas le mangeur d'or, Carine au seuil de l'amour, Monsieur Dom au seuil de la mort.
Nombre de pages
360
Date de parution
07/02/1968
Poids
296g
Largeur
119mm
Plus d'informations
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EAN
9782070269389
Titre
Théâtre. Tome 2, Tripes d'or %3B Carine %3B Chaud et froid
Auteur
Crommelynck Fernand
Editeur
GALLIMARD
Largeur
119
Poids
296
Date de parution
19680207
Nombre de pages
360,00 €
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A sa sortie du couvent, Carine se voit confrontée, au cours de ses noces avec Frédéric, à la réalité du monde des adultes, au règne de la chair, de la concupiscence et du mensonge. Mais Crommelynck déjoue toutes nos attentes car Carine n'est pas victime des "infortunes de la vertu", comme la Justine du Marquis de Sade, mais de sa propre passion. Elle est folle de son âme. Logicien implacable, Crommelynck explore, dans Carine comme dans ses autres pièces, les abysses de la condition humaine, inventant une dramaturgie qui annonce celle du nouveau théâtre.
Depuis le temps qu'on se marie, il y a des cocus de toute espèce. Celui-ci a cependant une particularité unique : c'est que sa femme, qu'il adore, l'aime aussi et tient absolument à lui rester fidèle. Bruno vivra dans l'exaltation de cet amour partagé jusqu'au moment où un regard, peut-être mal interprété, enclenchera la machine infernale de la jalousie... Et pour être certain d'être cocu, c'est lui-même qui va pousser sa femme dans les bras des autres hommes. La cruauté du texte, sa folie, la perversité qu'il développe, ne cessent de faire de la pièce une oeuvre troublante.
Deux pièces figurent dans ce volume : I. Le Chevalier de la Lune ou Sir John Falstaff, comédie en cinq actes "restituée, écrit l'auteur, en sa forme originale et précédée d'un argument". Après avoir longtemps étudié le Falstaff de Shakespeare ainsi que les nombreux documents historiques prétendant que cette oeuvre hybride fut la combinaison d'une tragédie et d'une farce, Crommelynck cherche à prouver cette théorie en dégageant la farce dont la continuité et l'homogénéité lui semblent incontestables. II. Une femme qu'a le coeur trop petit : sa création eut lieu à Bruxelles au Palais des Beaux-Arts le 11 janvier 1934 et à Paris au Théâtre de l'Ouvre le 15 janvier 1934. Le thème du drame est celui de la femme refoulée qui, redoutant et haïssant l'amour, s'en protège par le biais d'une maladie cardiaque. Olivier, l'époux d'abord mystifié et soumis, finira par la guérir de sa névrose en lui imposant sa force virile.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.