Critique N° 939-940, août-septembre 2025 : Marx vert
Berlantini Germana ; Gallo Lassere Davide
MINUIT
16,50 €
Sur commande en 2-4 jours
EAN :9782707356826
Tout au long du XXe siècle, l'expérience soviétique - avec son culte stakhanoviste du travail et sa très haute intensité carbone - a paru constituer la preuve irréfutable du caractère foncièrement anti-écologiste du matérialisme historique - un courant politique souvent critiqué pour son productivisme, voire son prométhéisme. Pourtant, on assiste désormais à une floraison d'ouvrages qui sondent la pensée marxienne et marxiste au prisme des enjeux écologiques. A cet égard, l'oeuvre de Marx a été interprétée de manière divergente : pour les uns, tiraillée d'un bout à l'autre par des tensions sinon des contradictions ; pour d'autres, séparée en deux phases biographiques distinctes, prêtant attention aux équilibres de la nature, après un premier moment de célébration des forces productives. Le renouvellement du marxisme passe aujourd'hui par une confrontation serrée avec les savoirs écologiques - autant ceux produits par les sciences humaines et sociales, que ceux relevant des sciences naturelles. Tels sont les enjeux de ce numéro, mis en oeuvre par Germana Berlantini et Davide Gallo Lassere : un témoignage de la vivacité intellectuelle et politique avec laquelle se pense aujourd'hui la rencontre entre écologie politique et marxisme hétérodoxe.
Nombre de pages
144
Date de parution
28/08/2025
Poids
160g
Largeur
135mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782707356826
Auteur
Berlantini Germana ; Gallo Lassere Davide
Editeur
MINUIT
Largeur
135
Date de parution
20250828
Nombre de pages
144,00 €
Disponibilité
Sur commande en 2-4 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
La vie sociale est un théâtre, mais un théâtre particulièrement dangereux. A ne pas marquer la déférence qu'exige son rôle, à se tenir mal, à trop se détacher des autres comédiens, l'acteur, ici, court de grands risques. Celui, d'abord, de perdre la face ; et peut-être même la liberté : les hôpitaux psychiatriques sont là pour accueillir ceux qui s'écartent du texte. Il arrive ainsi que la pièce prenne l'allure d'un drame plein de fatalité et d'action, où l'acteur-acrobate - sportif, flambeur ou criminel - se doit et nous doit de travailler sans filet. Et les spectateurs d'applaudir, puis de retourner à leurs comédies quotidiennes, satisfaits d'avoir vu incarnée un instant, resplendissant dans sa rareté, la morale toujours sauve qui les soutient.
Dans Fin de partie il y a déjà cette notion d'immobilité, cette notion d'enfouissement. Le personnage principal est dans un fauteuil, il est infirme et aveugle, et tous les mouvements qu'il peut faire c'est sur son fauteuil roulant, poussé par un domestique, peut-être un fils adoptif, qui est lui-même assez malade, mal en point, qui marche difficilement. Et ce vieillard a ses parents encore, qui sont dans des poubelles, son père et sa mère qu'on voit de temps en temps apparaître et qui ont un très charmant dialogue d'amour. Nous voyons deux êtres qui se déchirent, qui jouent une partie comme une partie d'échecs et ils marquent des points, l'un après l'autre, mais celui qui peut bouger a peut-être une plus grande chance de s'en tirer, seulement ils sont liés, organiquement, par une espèce de tendresse qui s'exprime avec beaucoup de haine, de sarcasme, et par tout un jeu. Par conséquent, il y a dans cette pièce - qui est à un niveau théâtral absolument direct, où il n'y a pas d'immense symbole à cher-cher, où le style est d'une absolue simplicité -, il y a cette espèce de jeu qu'ils se font l'un à l'autre, et qui se termine aussi d'une façon ambiguë parce que le suspense dérisoire de la pièce, s'il y a suspense, c'est ce fils Clov, partira-t-il ou non? Et on ne le sait pas jusqu'à la fin. Je dois dire aussi que c'est une pièce comique. Les exégètes de Beckett parlent d'un "message", d'une espèce de chose comme ça. Ils oublient de dire le principal, c'est que c'est une chose qui est une découverte du langage, de faire exploser un langage très quotidien. Il n'y a pas de littérature plaquée, absolument pas. Faire exploser un langage quotidien où chaque chose est à la fois comique et tragique.