Éditorial : Michel Crépu, "Nous sommes entrés dans la pandémie comme dans une maison en trompe-l'oeil..." Dernières nouvelles de la condition humaine : Patrick Kéchichian, Lettre à un ami qui aurait dû me vouloir du bien Patrice Jean, King Queen Covid Claude Arnaud (1955 - ...), Viral Colin Lemoine, L'orée du feu Chantal Crêtaz, Le monde comme Babel Alexis Weinberg, Confins Jakuta Alikavazovic, La zone spectrale Danielle Cohen-Levinas, Le monde n'est plus. La poésie de Paul Celan à l'épreuve La littérature aujourd'hui : Yamina Benahmed Daho, Faire du courage et pousser la vie Maylis de Kerangal, Life on Mars ? Victoria Sin, L'étrangleur Noémi Lefebvre, L'espace de la tragédie II Stéphanie Coste, Amadou La forme et le fond : Caroline Bérenger, Gueorgui Efron, l'écrivain des limbes Alice Kaplan, Amanda Gorman. La poésie au secours de la nation américaine Olivier Barrot, Concomitances Chronique d'un amateur : Michel Crépu, Distinction et sauvagerie Notes de lecture : Michel Crépu, Marcel Cohen, Villes. Galpa - Malestroit - Waïzata et Détails, II. Suite et fin Stéphanie Cochet, Sally Rooney, Normal People (L'Olivier) Renaud Pasquier, Marianne Alphant, César et toi (P.O.L.)
Nombre de pages
144
Date de parution
13/05/2021
Poids
208g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782072943751
Titre
La Nouvelle Revue Française N° 648, mai 2021
Auteur
Crépu Michel
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
208
Date de parution
20210513
Nombre de pages
144,00 €
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Lecture, l'acte simple qui rassemble, croise et disperse les mille et un livres dont sont faits ces Journaux des Deux Mondes. Lecture, pour dire le temps hors du temps des lectures, les griffonnages, les dévorations, la sieste et les promenades. Lecture enfin, à cause du mot lecture: une guitare dans le patio calme.
Longtemps, j'ai été à me dire : "Quand mon père mourra, ce sera énorme." Je voyais ça comme une rupture d'ordre cosmique. Je n'arrivais pas à imaginer mon père absent du monde. Lui et le monde, ça faisait tout un. Cela était peut-être dû au fait que mon père, toute sa vie, a construit des maisons. Des années entières, il s'est débrouillé pour faire tenir debout des volumes dans l'espace. Crayon, T, équerre, gomme, compas, table à dessin : voilà pour les munitions, le carquois. Mon père en blouse blanche, noyé dans les calques, les devis, les plans, est une des images cardinales que je garde de son passage sur cette terre. Vous l'avez sûrement croisé. On ne pouvait pas le rater." Michel Crépu.
Ce qu'enfin j'attendais de l??uvre ? Une connaissance, une preuve, une réalisation provisoire de nous-mêmes ; dans le désordre, une harmonie ; dans le tourment, une délivrance ; dans la solitude, l'un des hauts moyens de communication.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.