Tout semble avoir été dit sur Marine Le Pen et sur sa stratégie de "normalisation" qui amène le FN à près de 20 % dans les sondages. Sa trajectoire, ses idées, son programme, ses réseaux, ses liens avec son père. Mais que sait-on de ceux qui constituent les forces vives du parti: cadres, élus, militants, adhérents, sympathisants? Au nom de quoi décident-ils de se consacrer à une organisation politique qui semble rejeter ses racines d'extrême droite? C'est afin de répondre à ces questions que l'auteur a mené une enquête au coeur de ce nouveau Front national. Il a interviewé les plus proches collaborateurs de la nouvelle présidente qui ont accompagné son ascension. Dans le Pas-de-Calais, il a recueilli l'amertume de cette gauche ouvrière pour qui le FN est devenu le véritable défenseur des "petites gens". À Marseille, il a écouté les propos de ceux pour qui les musulmans sont les responsables de tous les maux de la société française: insécurité, chômage, communautarisme. Il a analysé le sens et la portée des thématiques mises en avant par la nouvelle équipe: anticapitalisme, ouvriérisme, laïcité, féminisme et même défense des homosexuels... Des thématiques qui ne manquent pas de surprendre et sur lesquelles le Front national espère bâtir une nouvelle légitimité politique. Cet ouvrage, très documenté, éclaire les mutations d'un parti qui prétend reconfigurer le système politique français, ainsi que les évolutions politiques et sociales d'un pays confronté à l'une des plus graves crises de son histoire.
Nombre de pages
302
Date de parution
15/03/2012
Poids
370g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782847366556
Titre
Enquête au coeur du nouveau Front national
Auteur
Crépon Sylvain
Editeur
NOUVEAU MONDE
Largeur
140
Poids
370
Date de parution
20120315
Nombre de pages
302,00 €
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Pourquoi le FN, qui stigmatise les populations maghrébines en France, prend-il la défense de l'Irak contre la coalition alliée en 1991 puis en 2003 ? Pour quelles raisons ce parti, qui faisait de R. Reagan un modèle dans les années 1980, développe-t-il à présent un antiaméricanisme forcené ainsi qu'un discours à consonance anticapitaliste ? Que signifie la prise de distance avec le colonialisme, sachant que le FN a été créé par d'anciens partisans de l'Algérie française ? Autant d'éléments portés par la jeune génération FN dans les années 1990 et qui ont bouleversé l'idéologie lepéniste.
Depuis que Marine Le Pen a été élue à sa présidence en 2011, jamais le Front national n'a réalisé de tels scores électoraux, attiré tant de militants, compté tant d'élus. A-t-il changé pour autant ? Fondamentalement, non. Le "nouveau" FN est une illusion, entretenue par des médias qu'il fascine. Telle est la conclusion de la minutieuse enquête menée par les auteurs de ce livre, qui comparent l'électorat, les militants, les réseaux, les programmes et la rhétorique du père et de la fille. Si la nouvelle présidente a infléchi son discours, notamment sur l'antisémitisme, si son programme inclut des éléments empruntés à la gauche (questions économiques, laïcité, moeurs), son fonds de commerce principal reste l'immigration. Elle gagne des voix auprès de catégories jusqu'ici réticentes (femmes, juifs...), mais les grands traits de l'électorat frontiste ainsi que son implantation géographique n'ont pas varié. Le FN reste un parti "anti-système", tant par les valeurs inégalitaires qu'il défend que par son refus du pluralisme. Un positionnement qui explique en partie son succès, tout en le condamnant, pour l'heure, à l'isolement politique. La normalisation du FN est donc loin d'être achevée, malgré la stratégie de "dédiabolisation" affichée. II n'est toujours pas un parti "comme les autres", pas plus qu'il n'est encore "le premier parti de France" ou "aux portes du pouvoir".
Fourquet Jérôme ; Crépon Sylvain ; Gombin Joël ; L
Depuis plusieurs décennies, on s'interroge à chaque élection sur la manière dont ont voté les électeurs en fonction de leur genre, de leur âge, de leur profession - et, évidemment, de leur religion. Pendant longtemps, l'enjeu consistait à mesurer le vote "catholique" ou le vote "juif". Aujourd'hui, l'enjeu c'est aussi le vote "musulman". Ce dernier a suscité de nombreux commentaires après les dernières élections municipales. Des socialistes battus, expliquant que leur défaite tenait à l'abandon de l'électorat musulman, conséquence du mariage pour tous. Des leaders des Républicains, se réjouissant d'avoir récupéré le vote musulman. Enfin, quelques observateurs en mal de sensationnel sont allés jusqu'à annoncer le basculement de cet électorat vers le Front national. L'objectif de cet essai est très simple : étudier à la fois le vote "musulman" - vers qui se tourne-t-il et quelles sont ses motivations ? - et l'impact électoral, s'il existe, de la présence d'une population d'origine arabo-musulmane dans les différents quartiers. Dans cette enquête dirigée par Jérôme Fourquet apparaît le visage d'une France trop rarement représentée comme une réalité dans l'analyse des votes, alors qu'elle est, inversement, surexposée comme un fantasme dans l'imaginaire collectif." Gilles Finchelstein.
Cent vingt ans après la première projection publique, payante, des frères Lumière au Grand Café à Paris, les salles de cinéma sont passées de l'itinérance foraine aux multiplexes, de la pellicule aux pixels, et leurs exploitants de l'activité décriée de saltimbanque au statut patenté de commerçant, maillon indispensable de l'industrie cinématographique. Pourtant, leur métier, essentiel à l'existence des films, demeure largement méconnu. Pour la première fois, des personnalités marquantes de la profession ' visionnaires, grands dirigeants nationaux ou régionaux, représentants de la petite et moyenne exploitation, défenseurs de l'art et essai, pionniers en tous genres ' racontent leur expérience, dans sa singularité émotionnelle et intellectuelle. Le croisement de leurs témoignages embrasse plus d'un demi-siècle d'exploitation française, du tournant des années 1950, acmé de la fréquentation et moment de basculement de l'offre cinématographique, jusqu'au passage au numérique, vecteur d'une mutation sans précédent. Adaptations internes, évolutions sociétales, mutations technologiques, autant de changements économiques et d'enjeux culturels que les acteurs de ce secteur décisif ont affrontés, à travers des combats individuels et collectifs que cet ouvrage a l'ambition de mettre en lumière et d'expliciter. Ce recueil de 18 témoignages inédits, illustré de documents originaux, constitue aussi l'histoire d'hommes et de femmes radicalement attachés à la spécificité des salles de cinéma comme espaces dédiés au partage de rêves et d'imaginaire au sein d'une communauté humaine.
A la veille de la Seconde Guerre mondiale, le sport conquiert un nombre de plus en plus accru de pratiquants et de spectateurs. Il occupe des espaces, mobilise des intérêts économiques et politiques, illustrés pour le pire aux Jeux olympiques de Berlin en 1936. Au cours des " années noires " le sport français est soumis aux rigueurs des pénuries et de l'Occupation et à la volonté du régime de Vichy d'en faire un instrument de la révolution nationale. A ce titre, il lui est attribué un nouveau statut qui le place sous la tutelle légale de l'Etat français. C'est pourquoi on peut s'étonner du peu de cas qu'ont fait du sport les ouvrages généraux sur l'Occupation. Le mythe de l'" apolitisme sportif " cultivé par des personnalités et des groupes influents est assez répandu, malgré les tentatives d'instrumentalisation. Le temps de Vichy est à la fois celui des compromissions, voire pour certains du collaborationnisme, et pour d'autres du refus ou de la Résistance. Pour une majorité de Français, le sport reste un refuge. Le cas des sportifs juifs, à l'exemple du champion de natation Alfred Nakache, est le plus douloureux. En quelques années, le champ sportif se trouve ici remanié et bousculé comme il ne l'avait jamais été auparavant. Les années de Vichy laissent une trace profonde dans le sport français.
Les polémiques récentes concernant l’histoire des relations entre la France et l’Afrique donnent le sentiment d’une visibilité croissante de ce type de débats au sein de l’espace public français. Qu’il s’agisse du combat mené par de nombreux intellectuels contre la vision de l’Afrique portée par le « discours de Dakar » (2007), des controverses qui ont entouré la loi de février 2005 sur le rôle positif de la colonisation française ou des questionnements sur le rôle joué par la France au Rwanda, force est de constater que cette histoire est au croisement d’enjeux politiques, historiques et mémoriels qui en font la matrice, pour le meilleur, de débats intellectuels, de recherches scientifiques et d’une curiosité émanant du grand public, mais aussi, pour le pire, de fantasmes, de ressentiments ou de velléités de manipulation du passé. Si la nouveauté de ces controverses est sans doute à nuancer, leur forte médiatisation au cœur des années 2000 invite le chercheur à interroger les types de récit que les journalistes contribuent à faire circuler sur cette histoire. Quelle a été depuis le XIXe siècle l’évolution du rôle des médias français, africains et internationaux dans la construction des représentations de l’Afrique et de son passé ? De quels enjeux historiques, politiques, culturels et mémoriels ces représentations médiatiques sont-elles l’objet ?
Qu'est-ce qu'un bien de l'enfant ? Un jouet ? Certes, mais pas seulement. Un objet qui lui est destiné? Sa propriété? Un élément présent dans sa chambre, un objet qu'il utilise ? Cet ouvrage se propose, à partir d'une enquête qui mobilise l'histoire ancienne et plus récente, la sociologie et l'anthropologie, les sciences de l'éducation et de la gestion, d'analyser ces objets et les stratégies marketing des marchands et des fabricants. En visitant les domiciles et les chambres d'enfants, il est intéressant de voir quels sont les objets que l'enfant considère comme siens et quelle place ils occupent. De quelle manière adresse-t-on un objet à l'enfant (et à ses parents) ? Comment ceux-ci le réceptionnent-ils, se l'approprient-ils ? Cette approche pluridisciplinaire nous permet d'accéder de façon originale aux mondes des enfants, à ce que l'on fait pour l'enfant et à ce que l'enfant en fait.