Comment les roses de la littérature peuvent-elles naître sur le fumier de l'alcoolisme ? Tel semble être le paradoxe d'une activité qu'on peut seulement poursuivre dans la défaillance et la nausée, d'une richesse qui ne peut être recueillie que dans la misère d'un corps qui se traîne et d'un esprit en proie à l'idée fixe. C'est pour tenter de comprendre que sont ici relus attentivement un certain nombre de textes d'écrivains alcooliques contemporains et ceux d'autres qui, sans avoir voué à Bacchus un culte véritablement exemplaire, ne se révèlent pas moins préoccupés par la question. Citons pêle-mêle Marguerite Duras, Henri-François Rey, Jean-Luc Melsen, Jean-François Josselin, Michel Leiris, Michel Déon, Romain Gary, Joseph Kessel, Jack London, Ernest Hemingway, Bukowski, Antoine Blondin...
Nombre de pages
492
Date de parution
01/01/2002
Poids
648g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782747523448
Titre
LES ECRIVAINS ET L'ALCOOL
ISBN
2747523446
Auteur
Covin Michel
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
648
Date de parution
20020101
Nombre de pages
492,00 €
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Et si on avait pu le photographier? Cela aurait tout changé. Changé quoi, nul ne peut le dire, mais on est sûr que sa photographie aurait bouleversé tout un ordre des choses. Ce livre se propose donc de revisiter certaines parties de l'immense iconographie napoléonienne comme si elles étaient hantées par l'absence de photographie. Les portraits exécutés par les maîtres Gros, David, Girodet, Delaroche, Detaille et tant d'autres, nous apparaissent alors comme autant de tentatives plus ou moins réussies, mais toujours pathétiques, pour nous faire croire à l'exactitude de leurs images et nous consoler de ce constat fatidique: Napoléon a manqué le rendez-vous de la photographie. Le lecteur est invité ici à suivre, au fil d'une analyse de plus de quarante tableaux ou dessins, le développement de cet effort impressionnant pour représenter Napoléon non pas tel qu'il fut, mais tel que la photographie aurait pu le faire être et alors même que la plupart de ces artistes étaient bien loin d'imaginer quelque chose comme la photographie. Illusion rétrospective de spectateur moderne? En tout cas, on voit clairement se mettre en place la plus troublante des stratégies de compensation: ce qu'il s'agit de compenser, ce n'est pas la disparition irréparable de Napoléon, mais l'inexistence des modalités idéales de son dédoublement dans l'imaginaire par capture photo-lumineuse, selon la plus mystérieuse des préfigurations.
Qu'est-ce qu'un moine? Les clichés ne manquent pas pour répondre au questionneur pressé: le moine est ce personnage étrange, bizarrement accoutré, qui vit sous la clôture, s'adonne à la prière comme au travail manuel, aux études comme à la contemplation, pratique la pénitence et cultive l'obéissance, parle peu mais chante, et le plus souvent fait silence, etc. Mais tous ces caractères bien visibles de la vie monastique ne sont, chacun le comprendra, que les modalités extérieures d'une forme de spiritualité qui, en son essence, ne peut être représentée. C'est elle, cependant, qui nous livre la clé du comportement monastique. Sans prétendre aucunement nous restituer cette précieuse essence, l'auteur, un profane, entreprend de l'éclairer, d'abord pour lui-même, car il débarque en étranger sur les rives du pays des "Parfaits", ceux que le Moyen-Age appelait aussi les "athlètes du Christ". Cette spiritualité forcément diffuse traverse tous les courants de l'histoire du monachisme: le lecteur trouvera donc surtout dans ce petit livre une image moyenne des moines, tenant compte davantage de l'immense tradition sur laquelle s'adosse le monachisme aujourd'hui que des aspects de son évolution récente qui, peut-être, n'en récapitule pas le sens profond. Parti pris, sans doute. Mais si le connaisseur, et évidemment les moines eux-mêmes, peuvent se permettre un certain recul critique à l'égard de la tradition qui les a nourris et les nourrit encore, il n'en va pas de même du simple curieux lancé à la découverte d'un domaine étranger: alors, le passé même lui est nouveau, et lui apparaît comme le un événement. La synthèse, inévitablement risquée, de tous les aspects de la vie monastique au cours du temps est le prix à payer pour un tel enchantement. On espère cependant qu'on y sentira palpiter cette "spiritualité diffuse" qui anime le monachisme de l'intérieur et qu'aucune disposition pratique, ancienne ou moderne, ne peut déterminer directement.