Au sein de « la littérature-monde » qui, depuis quelques décennies, surgit dans les cinq continents, le roman-monde a rencontré un succès des plus spectaculaires : tirages impressionnants, traductions systématiques en de multiples langues, attribution régulière de prix littéraires (Booker, Médicis, Nobel...). En retenant plus de cent récits, cet essai critique se propose de reconstituer la genèse de ce nouveau genre littéraire. Les premiers textes pris en considération ont été les récits de voyage rapportés par les navigateurs et les explorateurs qui, depuis l'Antiquité, ont parcouru le monde en tentant d'en dresser les cartes. La lecture de ces textes séminaux a, tout naturellement, incité nombre de romanciers modernes à se lancer, plus ou moins métaphoriquement, à la découverte des terres encore mal connues. Préoccupés au plus haut point par les problèmes de forme, ces romanciersmonde affichent avec fierté une maîtrise impeccable des langues des colonisateurs, qu'ils considèrent maintenant comme des « butins de guerre » (F. Fanon). Ce faisant, ils s'octroient avec jubilation la possibilité de se livrer à des expérimentations qui libèrent leur parole : réécriture ironique de certains textes canoniques (comme Robinson Crusoe de Defoe ou Au coeur des ténèbres de Conrad), analyses très poussées de leurs statuts ambigus de « bâtards internationaux », intégrations spectaculaires de mots vernaculaires, utilisations systématiques des parlers populaires, glorification du discours poétique ancestral, adoption du « réalisme magique » sud-américain et de son écriture de l'imaginaire, etc. Motivés à la fois par un vibrant militantisme sociopolitique et une profonde adhésion humaniste à l'esthétique de la Relation (É. Glissant), ces romanciers sont parvenus à imposer une littérature qui donne enfin, à l'Autre et à l'Ailleurs, la place qui leur revient dans ce « nouveau Nouveau monde ». Denise Coussy, professeur honoraire de l'Université du Mans, a consacré de nombreuses études aux « nouvelles littératures » de l'Afrique, des Antilles, de l'Inde ou de l'Australie. En 2000, elle a publié La littérature africaine moderne au sud du Sahara et, en 2004, Le roman indien de langue anglaise aux Éditions Karthala.
Nombre de pages
216
Date de parution
08/10/2013
Poids
270g
Largeur
135mm
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EAN
9782811110215
Auteur
Coussy Denise
Editeur
KARTHALA
Largeur
135
Date de parution
20131008
Nombre de pages
216,00 €
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Les littératures africaines de langue anglaise ont commencé à se faire connaître à la fin des années 1950, c'est-à-dire au moment où la plupart des pays anglophones accédaient à l'indépendance. Les premiers textes sont marqués par un recours appuyé à la tradition orale, comme en témoignent le récit initiatique du Nigérian Amos Tutuola (L'ivrogne dans la brousse, 1952) ou les longs chants d'incantation du poète ougandais Okot p'Bitek (La chanson de Lawino, 1966). Mais cette célébration d'une Afrique traditionnelle va vite céder la place à une dénonciation de l'Afrique nouvelle en proie à l'instabilité, la corruption et la violence. Les romans décrivent Le monde qui s'effondre (C. Achebe), les poèmes vont faire entendre La musique de la douleur (T. Ojaide) et les pièces de théâtre vont mettre en scène Les misérables, les démunis (G. Miyajali), voire Les fous et les spécialistes (W. Soyinka). Néanmoins de nombreux auteurs - et non des moindres - vont tenter de dépasser ce lancinant constat d'échec et proposer une vision plus réconfortante d'une Afrique résiliente et fertile. Les femmes écrivains vont réussir à briser le silence et à imposer leur parole lucide et chaleureuse; les Sud-Africains blancs et noirs, après avoir si longtemps lutté contre l'arbitraire de l'apartheid, sont en train de créer une nouvelle littérature "arc-en-ciel" et les nombreux écrivains de l'exil, privés de leur terre natale, proposent un fascinant portrait décalé de l'Afrique qui est devenue pour ces déracinés "le pays de l'imagination" (N. Farah).
Afrique du Sud, une traversée littéraire. Le 27 avril 1994, jour des premières élections démocratiques et multiraciales en Afrique du Sud, restera à jamais une date capitale de l'histoire de ce pays bâillonné pendant des décennies. L'ouvrage, construit autour de cette ligne de partage symbolique, invite le lecteur à découvrir la diversité et la créativité d'une littérature qui prend aujourd'hui pleinement la place lui revenant au sein de la littérature mondiale, et qui parvient, à l'image de la "nation arc-en-ciel", à se libérer du passé et à fonder le contemporain. Après un panorama historique (Denis Hirson) portant sur l'ensemble des littératures sud-africaines dans leur pluralité de langues, leur diversité de création et de transmission, viennent deux essais sur le roman (Denise Coussy) et la poésie (Joan Metelerkamp), depuis 1994, chacun s'accompagnant d'une anthologie. L'ensemble, complété d'un index et d'une bibliographie recensant les titres traduits vers le français, présente et donne à lire de nombreux auteurs, afrikaners, noirs, métisses et anglophones, dont certains restent peu connus voire inédits en français.
Il y a plusieurs millénaires, des bâtisseurs ont érigé une myriade de sites mégalithiques dont notre planète garde de nombreuses traces, vestiges et merveilles. Aves nos outils technologiques modernes, nous découvrons que ces sites sont reliés entre eux par un immense réseau géométrique. Bien que le rôle de ce réseau puisse être sujet à discussions, sa structure, elle, est apparente pour celui ou celle qui souhaite l'étudier. Ce livre a pour vocation de donner au lecteur curieux des outils mathématiques (aussi bien en géométrie qu'en calcul) accessibles et utiles pour comprendre la manière dont ce réseau est structuré. Il a été écrit dans l'intention que toute personne, qu'elle soit à l'aise ou non avec les mathématiques, puisse y trouver son compte. Chacun pourra ainsi l'utiliser comme il le souhaite : soit pour mieux comprendre les travaux réalisés par d'autres chercheurs, soit pour faire ses propres recherches.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.
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