La doctrine de l'analogie de l'être (analogia entis) doit-elle être considérée comme la tentative, la plus fidèle à l'esprit aristotélicien, pour ordonner unitairement la polysémie de l'être et parer au risque de dissémination du "est", dans la diversité rebelle de ses acceptions? Faut-il, à l'inverse, considérer avec Heidegger que la thèse de l'unité analogique, pour autant qu'elle a directement partie liée avec la structuration onto-théo-logique de la métaphysique, constitue l'impasse la plus dure dans laquelle s'est laissée d'emblée emmurer la philosophie d'instauration platonico-aristotélicienne, et s'engager dans une répétition de la question du sens de "être" qui ne préjugerait pas de son foyer unitaire? Plutôt que d'aborder, une nouvelle fois, frontalement ces questions massives, laprésente recherche s'attache à restituer, sur la longue durée, et à travers des corpus hétérogènes, l'élaboration complexe (l'inventio) de l'analogie, pour en proposer comme une archéologie qui conduit aussi à historiciser radicalement la notion même de "constitution ontothéologique". Une série de coups de sonde opérés dans la tradition aristotélicienne (Alexandre d'Aphrodise, les commentateurs grecs platoniciens, l'aetas boetiana, la scolastique du XIIIe siècle, les débats dans l'École thomiste et la postérité de Duns Scot, jusqu'àCajetan et Suarez) donne la mesure d'une élaboration pluri-séculaire, à travers le pluriel des langues et les effets de traduction, mais aussi à la faveur des ruptures et des déplacements de problématique. En distinguant ainsi différents "âges" de la métaphysique, et en faisant ressortirles conditions très déterminées de son interprétation (arabo-latine) comme ontothéologie, la présente recherche espère contribuer ainsi à relancer l'écriture de ses histoires dont toute métaphysique future - analytique ou non - ne saurait fairel'économie. Biographie de l'auteur Jean-François Courtine, Membre de l'Institut Universitaire de France, est professeur à l'Université Paris-Sorbonne (Paris-IV) et Directeur des Archives Husserl de Paris (Ens-Cnrs).
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Date de parution
06/12/2005
Poids
510g
Largeur
215mm
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EAN
9782711617890
Titre
INVENTIO ANALOGIAE METAPHYSIQUE ET ONTOTHEOLOGIE
ISBN
2711617890
Auteur
COURTINE
Editeur
VRIN
Largeur
215
Poids
510
Date de parution
20051206
Nombre de pages
0,00 €
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Résumé : Chaque soir, en accrochant son manteau, le commissaire Maigret s'amuse à deviner ce que sa femme lui a mijoté : boeuf miroton, blanquette de veau, fricandeau à l'oseille, tarte aux mirabelles... Dans toutes ses enquêtes, on retrouve cette cuisine de famille ou de bistrot, simple et savoureuse. Fin gourmet, Simenon mitonne pour son personnage ses plats de prédilection. Et il est fort rare qu'il fasse sauter un repas au commissaire : si un interrogatoire traîne en longueur, Maigret se résigne à commander des sandwiches et de la bière à la brasserie Dauphine en attendant que le suspect "passe à table" : "Vous voyez ce bureau, n'est-ce pas ? Dites-vous que vous n'en sortirez que quand vous aurez mangé le morceau". Les aveux obtenus, il se hâte de rejoindre son foyer, où l'attend Mme Maigret. Ami de Simenon, Courtine rappelle que cette dernière incarnait "l'idéal amoureux" du romancier. Les plats qu'elle prépare ont à la fois le goût du terroir, de la fidélité conjugale et celui, inoubliable, de l'enfance.
1492-1612 - De l'expulsion des juifs d'Espagne, de la Découverte et de la Conquête de l'Amérique à la publication à Coïmbra du De Legibus de Francisco Suarez, en passant par le sermon de Montesinos (1511), les leçons de Vitoria à Salamanque (1539) et la controverse de Valladolid (1550) : en cet espace de temps qui voit redéfinir les causes de la juste guerre, le sens de l'évangélisation, le contrat constitutif du corps politique comme communauté parfaite, s'élaborent conjointement la notion moderne ou pré-moderne de droit naturel et la détermination nouvelle du droit des gens, compris comme droit international interétatique, en même temps que s'installe un fragile équilibre entre autorité et puissance ecclésiales d'un côté et monarchies absolues, de droit divin, de l'autre. Contexte historique et géo-politique, dimension théologico-politique et anthropologie philosophique de la pure nature, tels sont les premiers éléments à prendre en compte pour apprécier la véritable nouveauté de la détermination suarézienne de la loi qui s'emporte dans un inachevable processus de sécularisation.
Prendre enfin le temps au sérieux ! Telle sera pour Schelling, à partir de 1809 et des Recherches sur l'essence de la liberté humaine, la première et principale consigne, celle qu'auront entendue et reprise à leur compte, chaque fois différemment, Ravaisson, Rosenzweig, Heidegger, Scholem ou Levinas. La singularité schellingienne dans cette entreprise est double: il lui appartient en effet d'avoir tenté audacieusement d'explorer non seulement la profondeur de l'espace, mais bien "la profondeur du temps", évoquée par Baudelaire dans Le poème du hachisch, et au-delà, en direction cette fois "du passé qui dort sous la cendre", d'avoir voulu creuser jusqu'à "la nuit des temp", l'immémorial ou "l'impossible", s'il est permis de mentionner ici un non-concept fort peu schellingien en apparence (Bataille). Il s'agira, dans tous les cas, d'ouvrir la pensée classique, métaphysique d'entendement, à une historicité radicale à laquelle seul peut répondre le récit, qu'il se décline en mythologie ou révélation, dont le théâtre, nonobstant la factualité dramatique de ces deux régimes, sur laquelle Schelling ne cesse d'insister, se joue sur la scène de la conscience, en interrogeant non seulement la diachronie qui décide de son être-hors-de-soi (extase), mais aussi les couches inconscientes (assises et sujet) toujours prêtes à relancer le sombre remuement des profondeurs. Voilà qui peut prêter aujourd'hui encore à tels efforts de relecture qu'on voit poindre outre-Atlantique au titre d'un New Schelling ou d'un Schelling now.
Afin de se prémunir contre le risque de devenir un jour savant, tout jeune chercheur devrait, à titre d'antidote, avoir lu ce classique de Gaston Bachelard. L'originalité de l'ouvrage consiste non seulement à dégager les conditions psychologiques propices à la formation de l'esprit scientifique mais aussi à mettre au jour celles de son dépérissement. Ainsi, la connaissance scientifique s'institue en s'opposant à la connaissance vulgaire, issue de l'expérience commune. Cependant, elle se corrompt et se stérilise dès lors qu'elle prétend fournir des réponses définitives. L'attachement à ses propres certitudes, qu'elles soient d'ordre sensible ou scientifique, contrarie les progrès de la recherche. La science tout autant que l'opinion constituent ainsi ce que Bachelard appelle un obstacle épistémologique. Toute découverte suppose donc la capacité de résister à "cette tendance conservatrice de l'esprit humain" qui le porte à ramener l'inconnu au connu, par une sorte de goût inné pour la cohérence. L'épistémologie à portée des débutants. --Paul Klein
Rien que dans ce petit coin du monde, il y a quatre principes, la raison, l'instinct, la génération, la végétation, qui sont semblables les uns aux autres et sont les causes d'effets semblables. Combien d'autres principes ne pourrions-nous pas naturellement supposer dans l'immense étendue et l'immense variété de l'univers, si nous étions capables de voyager de planète en planète et de système en système, afin d'examiner chaque partie de ce vaste agencement? L'un quelconque des quatre principes mentionnés ci-dessus (et de cent autres qui s'offrent à notre conjecture) peut nous fournir une théorie par laquelle juger de l'origine du monde; et c'est une preuve palpable et insigne de partialité que limiter entièrement notre vue au principe par lequel nos propres esprits opèrent. Si ce principe était plus intelligible pour cela, une telle partialité pourrait dans une certaine mesure s'excuser; mais la raison, dans son agencement et sa structure interne, nous est en réalité aussi peu connue que l'instinct ou la végétation".
Quand on a pris les soins nécessaires pour conserver au corps sa force et sa vigueur, pour le mettre en état d'obéir aux ordres de l'âme elle-même, afin que en toute occasion, elle ne donne son consentement qu'à ce qui est conforme à la dignité et à l'excellence d'une créature raisonnable"
Résumé : Les religions ont une histoire, qui n'est pas celle de la Bible. Elles trouvent leur origine dans les passions des hommes. De là, on conclut aisément qu'en matière de religion le culte importe plus que le dogme, que le polythéisme précéda le théisme qui en dériva, et que les maux générés par celui-ci sont pires que ceux causés par celui-là. La question d'une " pure " religion reste en suspens, sachant qu'aucune religion révélée ne peut invoquer en sa faveur un témoignage assez fort ni aucune religion philosophique se reposer sur une démonstration qui soit certaine.