Paul-Louis Courier (1772-1825) est un grand écrivain que doivent redécouvrir ceux qui lisent, aiment, enseignent la littérature du XIXe siècle ; cet auteur singulier se proclamait vigneron (et il l'était vraiment), quand il signait ces pamphlets qui ont contribué à démolir par le ridicule la Restauration. II fait partie de notre histoire, c'est un moment de notre liberté politique ; pour lui la petite feuille pamphlétaire devait être l'arme d'une démocratie directe. Ce protestataire infatigable a poursuivi de ses plaisanteries ces adversaires, qui ont la vie dure, hélas : les politiques qui n'écoutent personne, les bureaucraties en délire, les juges trop sûrs d'eux, les fiscalités écrasantes, les clergés envahissants ou les gendarmes trop zélés. Mais cet homme qui se dresse tout seul contre toute la machine politique est un écrivain unique, un inventeur littéraire, qui a dans le romantisme un rôle de fondateur; Stendhal l'a respecté et adoré, ils ont parallèlement défini le romantisme comme littérature de la modernité; et en même temps il réunit toutes les traditions, il en est l'héritier vivant et créateur : c'est un helléniste universellement estimé, et un peu maniaque, il imite quand il est chef d'escadron dans l'artillerie à cheval la manière antique de monter, il est amoureux fou du petit grand roman grec Daphnis et Chloé de Longus ; Sainte-Beuve devait dire que sa traduction était supérieure à l'original. On le compare au Pascal des Provinciales, à Voltaire évidemment, lui-même retrouve spontanément la langue et le style des grands écrivains du XVIe siècle, dont il est imprégné, comme il l'est des Fables de La Fontaine; pour purger sa peine de prison à Sainte-Pélagie, il emporte son volume de La Fontaine. Il y a bien un miracle de Courier : original et archaïque, classique et moderne, il utilise un merveilleux français, tout le français, une langue très riche et très libre, raffinée et naturelle.
Nombre de pages
474
Date de parution
21/02/2007
Poids
592g
Largeur
144mm
Plus d'informations
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EAN
9782841744251
Titre
Une écriture du défi. Tous les pamphlets
Auteur
Courier Paul-Louis ; Crouzet Michel
Editeur
KIME
Largeur
144
Poids
592
Date de parution
20070221
Nombre de pages
474,00 €
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Ce volume contient les oeuvres suivantes: Pamphlets politiques - Mémoires pour procès - Pamphlets littéraires - Traductions du grec - Oeuvres diverses - Lettres de France et d'Italie. Édition de Maurice Allem.
Paul-Louis Courier est né en 1772 en Touraine, dans l'Indre-et-Loire, pays de vignobles. " Le bonhomme Paul-Louis ", comme il aimait s'appeler lui-même, est un personnage aux talents multiples. Bon mathématicien de formation, il est aussi helléniste et traducteur de grec. Officier d'artillerie sous la Révolution et sous l'Empire, il renonce à la carrière militaire et préfère le grec et la littérature. Opposant à la Restauration, il va devenir un des grands pamphlétaires du XIXe siècle en exprimant la quintessence de cette forme dans Pamphlet des pamphlets (1824). Le pamphlétaire Paul-Louis Courier mourra de façon tragique, assassiné d'un coup de fusil le 10 avril 1825, à deux pas de sa maison. Celui qui s'était fait tellement d'ennemis par la férocité de sa plume ne meurt pas d'une vengeance politique, mais d'une vengeance privée, celle d'un de ses domestiques. " Dans tout ce qui s'imprime il y a du poison plus ou moins délayé selon l'étendue de l'ouvrage, plus ou moins malfaisant, mortel. De l'acétate de morphine, un grain dans une cuve se perd, n'est point senti, dans une tasse fait vomir, en une cuillerée tue, et voilà le pamphlet. "
Le libéral et anticlérical Paul-Louis Courier (1772-1825) est un polémiste de grand talent. Opposant farouche à la Restauration, il devient maître dans la rédaction de pamphlets dans lesquels s'exprime son intérêt pour les questions sociales. Pamphlets qui lui vaudront fréquemment procès, amendes et même une peine de prison. Mais rien ne semble pouvoir l'arrêter. Ainsi, contre l'abbé Bruneau pour qui la danse est une pratique irrespectueuse envers la religion et qui saisit les autorités pour qu'elle soit interdite le dimanche, Courier ne manque de rédiger en 1822 ce remarquable pamphlet politique et social, par lequel il fait une nouvelle fois preuve de sa grande liberté d'esprit : une liberté comme le plus grand des biens, qu'elle soit celle de danser ou de penser, comme si danse et pensée devaient être au final entendues comme une seule et même chose : un art de vivre ensemble et d'être au monde.
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Le numéro du Bulletin de la SHESVIE 28-2 sera consacré à un dossier spécial sur "Les classifications zoologiques d'Aristote à Linné. Approches historiques et lexicologiques" . Les éditeurs scientifiques en sont Meyssa Ben Saâd, Simon Thuault, Yoan Boudes et Axelle Brémont. Il sera découpé en cinq passionnants articles dont le premier explorera "La classification zoologique dans la civilisation arabe classique : approche lexicologique et épistémologique" (Philippe Provençal), puis les lecteurs pourront appréhender la richesse du " lexique de l'échelle des êtres dans le Traité des animaux d'Aristote et le De animalibus d'Albert le Grand" (Grégory Cless) avant de se pencher sur l'histoire du "Genre, maître mot du classement" (Philippe Lherminier) ainsi que sur "Les traités d'Ichtyologie vers 1555- La naissance de la "peinture scientifique" " (Katharina Kolb). Enfin, un groupe de jeunes chercheurs nous proposera une "Etude du lexique et des catégories zoologiques en vietnamien" (Phuong Duyen Nguyen, Arnaud Zucker, Danh Thành Do-Hurinville).
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.