Le dix-huitième siècle est le siècle où la légitimité du roman est le plus contestée ; c'est aussi celui où l'on s'interroge avec le plus d'acuité sur la nature du genre. Le siècle des Lumières feint de ne s'en tenir à aucune définition suffisante et rassurante de cette fiction en prose qu'on affecte de ne pas nommer roman. La qualité de la substance romanesque et celle du récit, leur densité et leur intensité se manifestent en raison de deux effets complémentaires: selon que l??uvre touche et qu'elle donne à penser, émotion et signification (laquelle peut ne consister, ce n'est pas la pire hypothèse, qu'à susciter le besoin d'un sens). Henri Coulet fait accéder à la nature du roman : en passant par les leçons du « remodelage », le démontage des fausses utopies, les tentatives illusoires de formatage du « conte moral », la confrontation « en miroir » du roman libertin et du roman édifiant, l'examen des effets de la Révolution sur la fiction romanesque.
Date de parution
29/10/2014
Poids
680g
Largeur
155mm
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EAN
9782745325563
Titre
ETUDES SUR LE ROMAN FRANCAIS AU XVIIIE SIECLE
Auteur
COULET HENRI
Editeur
CHAMPION
Largeur
155
Poids
680
Date de parution
20141029
Disponibilité
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Ce classique de la critique littéraire se veut particulièrement pédagogique et ponctué d'exemples significatifs. Il s'attache à la fois aux écrits théoriques et aux oeuvres romanesques, soit au total plus de 600 titres représentés dans l'index. Il en développe la succession au rythme des grandes époques de l'Histoire : XIIe et XIIIe, XIV et XVe, Renaissance, âge baroque, âge classique, début, milieu et fin du XVIIe.
Etrange terre que celle de l'île des esclaves où les rôles sont inversés entre maîtres et valets. En transformant le théâtre en une île utopique, Marivaux met en scène de nouveaux rapports sociaux, fragiles et ambigus, où se reflètent tous les paradoxes de la société des Lumières.
La marquise Dorante, on nous quitte donc tous deux ? Dorante Vous le voyez, Madame. La marquise N'imaginez-vous rien à faire dans cette occasion-ci ? Dorante Non ; je ne vois plus rien à tenter, on nous quitte sans retour. Que nous étions mal assortis, Marquise ! Eh pourquoi n'est-ce pas vous que j'aime ? La marquise Eh bien, Dorante, tâchez de m'aimer. (Acte I, scène VIII)
Marivaux nous montre, et la description en est trop sensible pour ne pas correspondre à une réalité, une société où l'amour est repris aux dieux et aux démons brutaux de l'amour et rendu en toute propriété à l'amoureux et à l'amoureuse. [...] Le débat du héros et de l'héroïne n'est pas le jeu d'une coquetterie ou d'une crise, mais la recherche d'un assentiment puissant qui les liera pour une vie commune de levers, de repas et de repos. (Jean Giraudoux). Colombine : N'oublions rien pour les conduire à s'avouer qu'ils s'aiment. (La Surprise de l'amour, III, 1). Le Chevalier : Ma foi, je défie un amant de vous aimer plus que je fais, je n'aurais jamais cru que l'amitié allât si loin. (La Seconde Surprise de l'amour, II, 9).