Si fort que l'on pleure, on finit toujours par se moucher" écrivait Heinrich Heine, posant ainsi non sans humour la question des émotions et des passions. Qu'on leur cède ou qu'on les refuse, c'est bien l'articulation entre l'esthétique et l'éthique qui est en jeu dans leur représentation en littérature, puisque le pathos engage à la fois une conception du langage et un questionnement sur le statut du corps. Au-delà du jugement moral que l'on peut porter sur elle, la question des passions, et de la souffrance en particulier, est liée au problème de la représentation et de l'expression. Faut-il montrer les passions ou les démontrer dans les mots ? Que faut-il en montrer ? Ne risque-t-on pas de ne plus rien montrer à force de vouloir tout dire ou trop dire ? Le XVIIIe siècle cherche à endiguer les torrents de larmes qui s'écoulent dans les romans, les lettres et les pièces de théâtre grâce à l'ironie, en particulier chez Voltaire et Lichtenberg, et grâce à l'apathie, surtout dans les romans sadiens. Dans ce refus du pathos se conjuguent des raisons à la fois esthétiques et éthiques. Le pathos, malgré le succès qu'il remporte auprès d'un public de mieux en mieux disposé, est conçu comme une faute de goût obscène et inutile.
Date de parution
01/01/2001
Poids
510g
Largeur
150mm
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EAN
9782745303370
Titre
LE REFUS DU PATHOS AU XVIIIE SIECLE
ISBN
2745303376
Auteur
COUDREUSE ANNE
Editeur
CHAMPION
Largeur
150
Poids
510
Date de parution
20010101
Disponibilité
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Le goût des larmes est une enquête sur le pathos au XVIIIe siècle. A cette époque on pleure beaucoup, seul ou en public, au théâtre ou en famille, en lisant ou en écrivant. En se situant à la croisée de la rhétorique, de l'esthétique et de l'idéologie, cette étude cherche à mettre en lumière les ambiguïtés du pathos, cette notion qui emprunte autant au sublime qu'à l'obscène. L'auteur a utilisé les dictionnaires de l'époque ainsi que le programme Frantext pour donner une définition précise du pathos qui est également analysé dans la théorie esthétique du XVIIIe siècle. C'est ainsi qu'est posée la question des rapports entre le pathos et la poésie en un siècle où le statut de cette dernière ne va pas de soi. Le pathos s'inscrit dans une esthétique particulière fondée sur le mélange généralisé des genres et des formes. Il laisse une place prépondérante au corps qui accède ainsi à un nouveau statut littéraire. Le pathos est à la recherche d'un langage nouveau, ce qui J'amène à privilégier certaines figures de rhétorique et certains signes de ponctuation pour tenter de dire l'indicible et échapper ainsi à la tentation du silence. C'est à un public paradoxal que s'adresse le pathos : s'il sait apprécier les actrices qui possèdent le " don des larmes ", cette capacité à faire pleurer en pleurant soi-même, il n'est pas toujours dupe des stratégies, voire de la perversité du pathos.
Le Goût des larmes au XVIIIe siècle présente une enquête sur le pathos en un siècle où l'on a beaucoup pleuré, seul ou en public, au théâtre ou en famille, en lisant ou en écrivant. Pleurer, c'était manifester sa sensibilité et donc sa vertu. Mais les larmes ont aussi un prix et le pathos peut donner lieu à une forme de marchandisation des émotions. Cette notion paradoxale emprunte à la fois au sublime et à l'obscène, ce qui fait sa fascinante ambiguïté. Le pathos s'inscrit dans une esthétique fondée sur le mélange des genres et cherche à exprimer l'inexprimable pour échapper au silence. Demander à cette littérature pourquoi elle pleure revient à comprendre à quoi elle pense. Cela nous permet de lire en miroir la société contemporaine où l'on assiste à un retour du pathos dont témoigne la téléréalité.
Ce roman d'amour, érotique, détourne le trio traditionnel : il ne s'agit plus d'une femme hésitant entre son mari et son amant. L'héroïne veut en effet se faire aimer d'une femme qui aime un homme. A quoi rêvent les jeunes femmes ? Musset s'est posé la question à propos des jeunes filles. Mais c'est bien à notre époque que vit l'héroïne de ce roman, employée dans un musée de province, et cherchant à obtenir un autre poste à Paris. Ce n'est pas parce qu'elle travaille sur l'autoportrait en peinture et en littérature qu'elle en sait beaucoup plus sur elle. Elle rêve de sortir de l'enfance, d'aimer et d'être aimée, vraiment, non comme avec les femmes de sa jeunesse qui l'ont poussée vers la sortie, avec une certaine cruauté. Il s'agit pour notre héroïne de se faire aimer et de retrouver dans cet amour l'enfance en même temps qu'elle la quitte pour toujours. Elle pourrait se répéter le vers : " heureux comme avec une femme ", mais on ne fait pas sa vie dans un poème, fût-il de Rimbaud. C'est un bonheur tremblé, comme une photo bougée, qui dit la nostalgie immense de trouver sa place, un endroit pour vivre...
Résumé : Conçue originellement comme une nouvelle, La Chute que Camus publie en 1956, est la dernière ?uvre romanesque de l'écrivain, mort accidentellement le 4 janvier 1960, en laissant inachevé le manuscrit du roman auquel il travaillait pendant la dernière année de sa vie. Le Premier Homme devait constituer le deuxième volet du diptyque commencé avec le monologue de Clémence. " Une seule vérité en tout cas, dans ce jeu de glaces étudié, la douleur, et ce qu'elle promet ", écrivait Camus dans le " prière d'insérer " de La Chute. Pour aider la lecture de ce texte difficile, nourri de références littéraires et religieuses, ces " premières leçons " guideront efficacement le lecteur dans les méandres du récit, et l'aideront à comprendre les enjeux de cette confession savamment calculée ainsi que les propos souvent énigmatiques du " Juge-pénitent ". En analysant la genèse, la structure et les soubassements de ce récit profondément ironique, dans lequel Camus ne cesse de brouiller les pistes, cette étude facilite l'accès à une ?uvre ambiguë et en propose une interprétation fondée, sans dogmatisme, sur le questionnement du texte et de ses procédés.