Il y a dans les moeurs, comme dans l'histoire, des conquêtes imprévues. La marche triomphale du football à travers les habitudes jusqu'alors si sédentaires de notre jeunesse française en est un nouvel exemple. Le football avait tout contre lui. Son premier défaut était d'être anglais. On nous répète à chaque instant que nous sommes des anglomanes renforcés. Cela n'est pas ; car à part le petit groupe de gommeux parisiens qui affectent de ne porter que du linge blanchi à Londres, il suffit qu'une mode arrive d'Outre-Manche, pour qu'elle éveille aussitôt des susceptibilités "patriotiques" dans la presse et dans l'opinion. De plus, le football faisait son entrée chez nous précédé d'une réputation nettement établie de brutalité : les mères françaises qui craignent les rhumes et les engelures ne pouvaient dès lors lui faire un accueil sympathique. Enfin, c'est un jeu collectif : il exige la formation de deux équipes de onze ou quinze joueurs chacune : pour se déployer à l'aise, ces équipes ont besoin d'un vaste espace de terrain plat et gazonné. Autant de motifs pour que les maîtres ne fussent pas favorables à une innovation qui allait forcément compliquer... Mais il faut signaler un dernier désavantage auquel nul de ceux qui ont popularisé le football en France n'avait songé, et dont, pour ma part, j'ai été long à me rendre compte. Il est impossible au spectateur qui n'est pas "au courant" de comprendre quelque chose à ce qui se passe sous ses yeux. Il voit une mêlée, des bras et des jambes enchevêtrés, des poitrines qui se heurtent, des mains qui se crispent, toute une série d'efforts auxquels il s'intéressera s'il est peintre ou sculpteur, qui lui feront horreur s'il est pédagogue ou s'il a simplement l'âme sensible. Comment, en face de ce travail intense des muscles, la pensée lui viendrait-elle que des forces intellectuelles et morales sont, au même moment, mises à contribution et que rien ne sommeille dans l'être qui se débat là devant lui ? Les journalistes, horrifiés, en firent de terribles descriptions, propres à donner la chair de poule aux parents les moins craintifs ; des listes de tués et de blessés, importées d'Angleterre, circulèrent comme pièces à l'appui ; certains proviseurs prirent sur eux de l'interdire aux lycéens. Rien n'y fit : la marée monta avec une parfaite régularité. Les jeunes gens mirent, à vaincre tous les obstacles, une persévérance dont nul ne les aurait crus capables.
Nombre de pages
24
Date de parution
08/04/2021
Poids
50g
Largeur
148mm
Plus d'informations
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EAN
9782322267903
Titre
Notes sur le football
Auteur
Coubertin Pierre de
Editeur
BOOKS ON DEMAND
Largeur
148
Poids
50
Date de parution
20210408
Nombre de pages
24,00 €
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Pierre de Coubertin (1863-1937) est connu de tous pour avoir réinventé les Jeux olympiques de lare moderne en 1896 à Athènes, devenus la plus grande manifestation internationale. Mais il est aussi historien et pédagogue, fortement influencé par la culture anglo-saxonne. Pour convaincre des vertus du sport par-delà les frontières, il s'est beaucoup intéressé aux relations internationales, laissant un nombre considérable de textes. Celui sur L'avenir de l'Europe, reproduit ici dans son intégralité, résonne avec nos préoccupations contemporaines. Comment, en 1900, un homme engagé tel que lui analysait-il les ressorts du jeune Empire allemand, la position fragile de la Hongrie dans l'Europe centrale, les rigidités de la Russie tsariste prête à se briser, la puissance du monde anglo-saxon imposant ses valeurs et la signification profonde du nationalisme au tournant du XXe siècle ? Ce retour en arrière est bien utile pour mieux comprendre nos propres agitations cent vingt ans plus tard, dans une Europe à la fois plus unifiée et plus morcelée que jamais. D'autres personnages de son calibre, avec le même optimisme, lui donneraient peut-être davantage de sens et une énergie plus joyeuse, plus festive ou plus fraternelle.
Ces Mémoires olympiques aident à comprendre l'esprit des Jeux olympiques de l'ère moderne tels qu'ils ont été recréés sous l'impulsion de Pierre de Coubertin (1863-1937). Ce dernier dut batailler ferme avant de pouvoir imposer son oeuvre qui s'inscrit dans un contexte politique précis dont on retrouve la trace dans son récit : mentalités, us et coutumes, géographie politique, événements historiques forment le décor mouvant dans lequel grandira l'institution olympique au milieu des "entrelacs de difficultés diplomatiques, de petites intrigues personnelles, de susceptibilités à ménager, de vanités blessées, de pièges tendus sous la mousse". Comme le souligne dans sa préface Pascal Boniface : "La mémoire de Pierre de Coubertin doit être saluée bien bas. Il fut un visionnaire comme il y en a peu. Il fit preuve d'une détermination sans faille ne se décourageant jamais face aux multiples obstacles qui se sont dressés face à lui." A l'heure où Paris reçoit à nouveau les Jeux olympiques, voici un document qui restitue dans leur intégrité les desseins de Coubertin, plus que jamais d'actualité.
Lorsqu'il édita ces Mémoires olympiques, Pierre de Coubertin avait 69 ans en 1931. Ce livre est particulièrement utile pour comprendre l'Esprit des Jeux Olympiques de l'ère moderne tels qu'ils ont été recréés sous l'impulsion de Pierre de Coubertin. Car Pierre de Coubertin dut batailler ferme avant de pouvoir imposer son ?uvre qui s'inscrit dans un contexte politique précis dont on retrouve la trace dans son récit : mentalités, us et coutumes, géographie politique, événements historiques forment le décor mouvant dans lequel grandira l'institution olympique au milieu des " entrelacs de difficultés diplomatiques, de petites intrigues personnelles, de susceptibilités à ménager, de vanités blessées, de pièges tendus sous la mousse. " Coubertin rappelle les problèmes que posaient déjà les questions de représentation nationale ? celle des communautés englobées dans des empires ? celui de la compétition entre villes désirant accueillir les Jeux, celui de l'amateurisme enfin. Coubertin raconte la mise en ?uvre du Congrès de 1894 au cours duquel il obtint la proclamation du rétablissement des Jeux qui se tinrent en 1896 à Athènes. À plusieurs reprises, il insiste sur le caractère intellectuel et philosophique de son initiative et son désir de placer d'emblée le rôle du CIO très au-dessus de celui des simples groupements sportifs. Ces Mémoires olympiques restituent la pureté des intentions de Coubertin en ses textes originaux dont le contenu demeure toujours actuel et qu'il est opportun de rappeler.