Moyen-Orient 1945-2002. Histoire d'une lutte de classes
Cosme Théo
SENONEVERO
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EAN :9782951646032
De la fin de l'Empire ottoman à la guerre du Golfe (1991), la "Question d'Orient" était celle du développement des rapports capitalistes au Moyen-Orient. L'Orient constituait une "Question" car ce développement n'était pas endogène. La formation de bourgeoisies y fut cahotique et la production de prolétaires catastrophique. Depuis la fin de l'Empire ottoman, la formation de rapports sociaux spécifiquement capitalistes s'est déroulée au Moyen-Orient au travers de la succession de trois fractions dominantes de la bourgeoisie: bourgeoisie foncière, administrative et commerçante; bourgeoisie nationaliste; bourgeoisie rentière (malgré nos critiques, nous reconnaissons notre dette envers les travaux de Georges Corm). Chacune, dans sa spécificité, inclut et exprime à un moment donné les nécessités générales du développement du capital. Par là également, leur action peut parvenir à d'autres buts que ceux qu'elles s'étaient primitivement fixés. C'est dans ce cadre que nous étudions ici la formation de l'Etat d'Israël, la montée de l'islamisme, la révolution iranienne, la guerre du Liban, la première Intifada, l'échec du mouvement palestinien, l'invasion du Koweït et l'élimination finale de la figure autonome du rentier. Plus généralement, les guerres israélo-arabes constituent, pour les pays arabes, le critère et l'histoire du développement en leur sein des rapports sociaux capitalistes, l'existence d'Israël ayant été jusqu'à maintenant la contrainte à ce développement. C'est la guerre du Golfe en 1991 qui a définitivement résolu le problème essentiel que posait le Moyen-Orient dans la restructuration mondiale du mode de production capitaliste: l'intégration de la rente pétrolière dans la péréquation générale du taux de profit. On peut alors cesser de considérer le Moyen-Orient comme une question particulière. La "Question d'Orient" se trouve fondamentalement résolue dans la mondialisation des rapports capitalistes, ce que confirment la caducité du sionisme, l'effacement et les risques d'implosion de l'Arabie Saoudite, la seconde Intifada, l'évolution de l'islamisme et la guerre américaine en Afghanistan. Reste maintenant la question générale de la définition, de l'exploitation et de la reproduction d'un prolétariat massivement déraciné et paradoxalement renvoyé à des solidarités apparemment traditionnelles.Outre son découpage et la compréhension de celui-ci, le parcours du capitalisme au Moyen-Orient pose donc plusieurs problèmes théoriques majeurs: le caractère non endogène du développement du capitalisme; le rapport entre les identités intermédiaires (communautés religieuses ou ethniques) et l'Etat-nation; le rapport de la rente pétrolière à la péréquation du taux de profit; les formalisation religieuse et nationalistes de la lutte de classe.
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Nombre de pages
314
Date de parution
15/04/2008
Poids
398g
Largeur
135mm
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EAN
9782951646032
Titre
Moyen-Orient 1945-2002. Histoire d'une lutte de classes
Auteur
Cosme Théo
Editeur
SENONEVERO
Largeur
135
Poids
398
Date de parution
20080415
Nombre de pages
314,00 €
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Résumé : Les émeutes en Grèce, et leur écho mondial, sont le signe que la crise mondiale du capital, qui s'est d'abord présentée comme crise financière, est effectivement une crise du rapport d'exploitation, une crise de l'implication réciproque entre les deux classes de ce mode de production. Crise de la reproduction du face à face entre la force de travail et le capital, qui, pour le meilleur et pour les limites des émeutes en Grèce, est apparue comme une affaire de discipline. Alors que toutes les mesures, contre-mesures, plans, - en termes stratégiques, les offensives du capital - emplissaient l'horizon, les volutes de fumée des cocktails Molotov, à Athènes, Patras, Thessalonique, Malmö, les bruits de verre brisé, à Gand, Paris, Londres, les pierres lancées sur les flics, partout, sont venus faire écran entre l'horizon indépassable du capitalisme et le présent terrifiant de sa crise. Trois mois après l'effondrement des Bourses mondiales, trois ans après les émeutes des banlieues françaises, les feux grégeois des jeunes prolétaires du monde entier nous rappellent que la guerre de classe a bien lieu.
Il s'agit d'aller à l'essentiel : les luttes de classes actuelles en Iran sont dans la politique. Ce n'est ni un leurre, ni une mystification. En Iran, malgré toutes les vélléités de "réformes" , l'Etat demeure un rapport de production. La contestation de la réélection d'Ahmanidedjad, dans son contenu, sa forme et son agenda est politique. L'enjeu est l'accession de l'Etat à sa nature d'Etat séparé de la société, c'est-à-dire la fin du populisme. Cet enjeu est politique, social, économique et culturel. Le prolétariat, qui lutte d'abord pour etre payé, est embarqué dans ses luttes de classes politiques. Qu'on le déplore ou non, ses luttes propres sont inscrites et définies contradictoirement mais consubstantiellement dans cette conjoncture. Tous les éléments de la société iranienne qui avaient fait prise comme République islamique se défont et se sont mis à tomber dans le vide jusqu'à ce qu'une nouvelle prise de ces atomes crochus intervienne.
Coste Thomas ; Mesbah Jallal ; Millot Théo ; Pemer
S'adressant à tous les candidats aux concours de l'enseignement, Clefs concours offre une synthèse par sujet. Conçu comme un repère par rapport aux monographies et aux cours et comme un outil de révision, chaque ouvrage est articulé autour de fiches thématiques permettant de faire le point sur les acquis de la recherche. Synthèse des travaux les plus récents, Clefs concours permet de s'orienter dans la bibliographie et de mettre en perspective l'évolution des savoirs. Tous les titres sont organisés autour d'une structure commune : des repères : un rappel des concepts et de leur histoire ; les grandes "thématiques", indispensables à la compréhension des enjeux ; des outils méthodologiques : chronologie, glossaire, bibliographie ; un système de circulation entre les fiches et les références bibliographiques
Un album sur les plaisirs de l'hiver... avec ou sans neige ? ! Max et Léo guettent les premiers flocons de l'hiver... Mais cette année, la neige ne vient pas. Il va bien falloir inventer d'autres jeux que ceux qu'ils ont l'habitude de faire en cette saison ! Jusqu'à ce qu'un matin...
Résumé : Les émeutes en Grèce, et leur écho mondial, sont le signe que la crise mondiale du capital, qui s'est d'abord présentée comme crise financière, est effectivement une crise du rapport d'exploitation, une crise de l'implication réciproque entre les deux classes de ce mode de production. Crise de la reproduction du face à face entre la force de travail et le capital, qui, pour le meilleur et pour les limites des émeutes en Grèce, est apparue comme une affaire de discipline. Alors que toutes les mesures, contre-mesures, plans, - en termes stratégiques, les offensives du capital - emplissaient l'horizon, les volutes de fumée des cocktails Molotov, à Athènes, Patras, Thessalonique, Malmö, les bruits de verre brisé, à Gand, Paris, Londres, les pierres lancées sur les flics, partout, sont venus faire écran entre l'horizon indépassable du capitalisme et le présent terrifiant de sa crise. Trois mois après l'effondrement des Bourses mondiales, trois ans après les émeutes des banlieues françaises, les feux grégeois des jeunes prolétaires du monde entier nous rappellent que la guerre de classe a bien lieu.
Le démocratisme radical défend l'action citoyenne, la démocratie directe ou participative, la maîtrise de nos conditions d'existence, défend l'état, état social et l'état-nation pour certains, simplement "régulateur" pour d'autres. Il lutte contre le primat et la "sauvagerie" de l'économie, la mondialisation libérale, la suprématie de la finance. Il regrette l'époque où le capitalisme était si beau sous le keynésianisme et le service public. Enfin, il veut construire une alternative au capitalisme qu'il appelle "libéralisme" ou "mondialisation" . Il veut un capitalisme "réel" , avec des usines où se rencontrent de vrais travailleurs et de vrais investisseurs si conscients de leur responsabilité sociale que l'on ne pourrait plus les appeler "capitalistes" . Il rêve d'entrepreneurs-citoyens dans des entreprises-citoyennes exaltant le labeur de travailleurs-citoyens sous la tutelle bienveillante et protectrice de l'état démocratique-participatif régulant la distribution équitable de la plus-value citoyenne. Il fréquente les couloirs des ministères et les cours des squats. Il propose son expertise aux grandes organisations internationales et anime les campings anarchistes. Une seule chose l'effraie, que le prolétariat abolisse l'état, la démocratie, le capitalisme (productif) donc se nie, car il aime le travailleur en tant que travailleur et la plus-value en tant que surtravail. Il aime l'exploitation car il aime tant la lutte des classes qu'il voudrait qu'elle ne prenne jamais fin, c'est sa raison d'être, c'est le mouvement perpétuel de l'alternative et de la critique sociale. Il ne serait que pathétique et ridicule s'il n'était en réalité un élément efficace, incontournable, ancré dans le nouveau cycle de luttes du prolétariat contre le capital comme la formalisation de toutes ses limites et n'anticipait pas la prochaine contre-révolution qui sera son achèvement, sa réalisation et sa propre disparition (élimination). Il a ses héros : le sous-commandant Marcos, José Bové, et maintenant Chavez, son gourou théorique : Pierre Bourdieu. Il a ses lieux de mémoire : la forêt Lacandona, Seattle, Millau, Porto Alegre. Il n'est pas une spécialité française mais un mouvement mondial. Ce petit livre est destiné à tous ceux que cette pensée molle excède et à qui elle donne des poussées d'adrénaline. Mais une critique simpliste et parfois moralisatrice, opposant la vérité à l'erreur, ne voit dans tous les thèmes énumérés que des "idéologies trompeuses" et conforte ses auteurs dans leur radicalisme satisfait et impuissant. Il ne s'agit pas d'interpréter le démocratisme radical comme une erreur Il est une force sociale réelle, spécifique au cycle de luttes actuel et au mode de production capitaliste tel qu'il est maintenant restructuré dans cette seconde phase de la subsomption réelle du travail sous le capital.
Comment le prolétariat agissant strictement en tant que classe peut-il abolir les classes ? est la question fondatrice de toute réflexion théorique. La lutte des chômeurs et précaires de l'hiver 1997-1998 en France, a défini le chômage et la précarité au coeur du travail salarié, sa potentielle caducité était devenu le contenu même de la lutte des classes. Cette lutte permet d'aborder la question comme une question pratique de notre horizon historique, comme cours et enjeu de la lutte de classes dans ce cycle de luttes. Une activité de classe peut aller au-delà des classes. Avec la restructuration maintenant achevée du mode de production capitaliste, le prolétariat produit tout son être, toute son existence, dans le capital, plus aucune confirmation d'une identité prolétarienne dans la reproduction du capital n'est possible. La contradiction entre les classes se situe au niveau de leur reproduction, ce qui définit la capacité pour le prolétariat d'abolir le capital, de s'abolir lui-même. Ce cycle de luttes est alors la résolution pratique des limites et des contradictions de toute l'histoire passée de la lutte de classe, c'est-à-dire du programmatisme : la révolution comme montée en puissance et affirmation du prolétariat s'érigeant en classe dominante, même pour se nier ensuite. Le démocratisme radical et l'alternative sont la formalisation de toutes les limites de ce cycle. Contenu de la contradiction entre les classes, la reproduction du capital est devenue la dynamique et la limite intrinsèque de la lutte du prolétariat. La disparition de l'identité ouvrière ne nous laisserait comme avenir que le capitalisme à visage humain, la critique du libéralisme, la prise en mains de notre travail, de notre environnement, l'activité citoyenne. La recherche d'une identité et d'un programme prolétarien face au capital ne fait qu'entériner sa reproduction dont les prolétaires pourraient avoir le contrôle par une organisation sociale dont ils seraient les maîtres. C'est alors la question de la relation entre les luttes actuelles et la révolution qui doit à nouveau être posée. Si la révolution et le communisme sont bien l'oeuvre d'une classe du mode de production capitaliste, il ne peut plus y avoir transcroissance entre le cours quotidien de la lutte de classe et la révolution, celle-ci est un dépassement produit dans le cours de la contradiction entre les classes, l'exploitation. La révolution communiste est communisation des rapports entre les individus qui se produisent comme immédiatement sociaux. Au-delà de l'affirmation du prolétariat, c'est toute la théorie du communisme qui est à reformuler contre les limites inhérentes à ce cycle de luttes que sont le démocratisme radical et les pratiques alternatives, mais aussi contre toutes les théories qui font leur deuil du programmatisme au nom d'un humanisme théorique, de la critique du travail pour lui-même, ou de celle de l'économie.