Extrait de l'introductionUn panorama, pour quoi faire?Ce que je propose n'est pas un fourre-tout d'extraits, tirés d'une oeuvre théâtrale. Des extraits de théâtre, cela ne veut déjà pas dire grand-chose quand il s'agit de composition traditionnelle. On peut, à la rigueur, faire sur une oeuvre des prélèvements qui donnent un instantané assez précis (quoique figé) du déroulement de l'action scénique, avec ses interlocuteurs en conflit ou non; on peut aussi dénicher dans une pièce des morceaux de bravoure - écrits comme pour une anthologie future - qui donnent une image flatteuse, mais trompeuse, de l'ensemble. Rien là qui vaille pour le théâtre de Novarina: son oeuvre est en flux continu, semble-t-il invertébré; les textes mis bout à bout, même s'ils offrent une apparence d'enchaînement, ne se prêtent pas du tout à un découpage: pourquoi stopper la continuité ici plutôt que là en ayant l'air de considérer ce point d'arrêt comme particulièrement significatif? La théâtralité, chez Novarina, est d'un autre ordre: dans le mouvement indéfini d'exploration/invention de la langue, entreprise dans laquelle l'acteur/proférateur entraîne le spectateur/lecteur. Ce qui n'exclut nullement la présence d'une structure forte et originale, mais le choix de la forme parcellisée du panorama empêche de s'appuyer sur elle pour tirer des extraits tout le suc qu'ils contiennent.Les commentaires auxquels je me livre se présentent sous forme d'apostilles courtes et moins courtes qui donnent le point de vue subjectif d'un lecteur et spectateur des oeuvres de Novarina, qui ne prétend avoir sur l'objet de son intérêt (et de son admiration) ni une compétence de spécialiste, ni un instinct de propriétaire. On n'a pas affaire ici à des «explications de texte» à l'ancienne, ayant l'ambition (vaine, bien sûr!) de donner la clé de textes souvent complexes et inanalysables au sens strict et traditionnel du terme. Je m'adresse à des amateurs que la lecture des textes de Novarina peut dérouter et à des spectateurs qui seraient désireux de revenir sur les raisons de leur plaisir pour mieux - je l'espère - le goûter: je me situe au même niveau qu'eux, sans aptitude particulière à déchiffrer des palimpsestes car il ne s'agit pas du tout de déchiffrage ni de palimpsestes, mais de promenades libres qui s'attardent, avec plus ou moins d'insistance et d'acuité, sur tel ou tel aspect du «paysage parlé» novarinien (si je me permets d'emprunter le titre d'un de ses derniers livres). Je voudrais accompagner la lecture des extraits, non imposer une interprétation quelconque.Aussi les fragments choisis, tirés de l'ensemble de l'oeuvre de Novarina, sont-ils à lire dans le désordre (l'ordre alphabétique n'ayant qu'une fonction de repérage), non comme des moments de théâtre, mais comme des exempla de la personnalité d'un créateur, de son imagination, de sa pensée; de sa verve satirique (érotique parfois); de sa qualité d'écrivain en somme, étant entendu qu'un écrivain a le droit d'avoir sa vision propre du monde. Mais il n'en reste pas moins que ce sont des qualités d'écrivain de l'oralité, et dans cette mesure d'écrivain de théâtre. À condition de retirer du concept de théâtralité tout ce qui s'appelle dialogue, personnage, conflit, techniques scéniques (repérables à la lecture) d'exploitation de l'espace et du temps, pour s'en tenir à l'essentielle caractéristique de textes parlés.
Nombre de pages
272
Date de parution
13/09/2012
Poids
366g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782846813662
Titre
Marchons ensemble, Novarina ! Vade mecum
Auteur
Corvin Michel
Editeur
SOLITAIRES INT
Largeur
150
Poids
366
Date de parution
20120913
Nombre de pages
272,00 €
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Immobile à grands pas, Noëlle Renaude arpente un monde qu'elle construit au fur et à mesure qu'elle pose sur lui son regard lucide et narquois, précis et impitoyable. Sous la voûte du ciel qu'Atlas, cette mauvaise tête de Titan, est condamné à porter, notre faiseuse d'histoires, son scalpel à la main, fait se croiser, pour d'improbables rencontres, la Bouchère et Mme Ka, Blanche la malchanceuse et le Renard du Nord, les promeneurs d'espaces virtuels et Alex perdu dans la campagne blésoise. Silhouettes plutôt que personnages, embryons de situations plutôt que fictions, parlures imaginaires saisies au vol plutôt que langage bien élevé, tous ces véhicules d'une nouvelle écriture dramatique nous emmènent là où on s'y attend le moins. Dans cet univers en expansion constante s'ouvrent, en toutes directions, des pistes sur lesquelles se lance une vingtaine d'explorateurs. Leur boussole? Le seul désir. Désir de dénicher des territoires inconnus, désir de faire partager au lecteur le plaisir de leurs découvertes.
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