Au col de La Chapelle (dix-huitième arrondissement)
Cornuault Joël
ISOLATO
16,00 €
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EAN :9782354480400
Dès mes dix ans, je faisais flèche de tout bois au col de La Chapelle, dix-huitième arrondissement de Paris. Un enfant de cet âge ne saurait sans doute se voir accorder le statut de flâneur à part entière ; peut-être que ses voyages au long cours l'entraînent en vérité à quelques numéros de rue de chez lui ; il se peut qu'il se rende chez le dentiste à deux stations de métro ou d'autobus. Mais les passants, les terrasses, mille entr'aperçus, les menus faits au pied des immeubles ne sont-ils pas susceptibles de lui raconter quelque chose et d'ancrer en lui le sentiments des rues ? Mes allées et venues quotidiennes, en vue d'un but pratique, se mariaient à de plus longs moments de promenade délibérés et sans autre objet apparent que le plaisir éprouvé à parcourir des pans de la ville. Les deux formes de déplacement se recoupaient, se chevauchaient en leurs points de départ et d'arrivée, ce qui supposait quelques temps morts. Mais j'ai toujours tenu pour une chance d'avoir été amené, très jeune, à découvrir, sans préjugé, de la façon la plus brute qui soit, le donné de ces rues populaires sans célébrité.
Nombre de pages
62
Date de parution
22/04/2015
Poids
135g
Largeur
132mm
Plus d'informations
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EAN
9782354480400
Titre
Au col de La Chapelle (dix-huitième arrondissement)
Auteur
Cornuault Joël
Editeur
ISOLATO
Largeur
132
Poids
135
Date de parution
20150422
Nombre de pages
62,00 €
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Cet essai pose la question de notre condition géographique à la faveur de la redécouverte de deux figures de l'Angleterre du premier XIXe siècle : William Gilpin (1724-1804) et John Thelwall (1764-1834). Le premier, qui, avec sa théorie de la beauté pittoresque, cherche à faire valoir l'atmosphère des sites tourmentés, influença Thoreau et les peintres américains de la nature. Le second, lecteur de Gilpin, marqua la sensibilité romantique anglaise, notamment ses compagnons Coleridge et Wordsworth. Si Gilpin inaugure une nouvelle façon de considérer l'espace, lequel cesse de n'être qu'un panorama — l'émotion naît du contact physique avec la nature et non plus seulement de sa représentation artistique —, Thelwall insuffle une dimension supplémentaire : ses observations, à la fois sensibles à la nature et attentives à ceux qui l'habitent, conduisent ce poète-paysan excentrique à développer une perception où philosophie de la nature et philosophie sociale sont inséparables.
Le promeneur se sent plus léger quand il prend conscience de laisser derrière lui ses contraintes et ses tracas. Son coeur devient tout à coup joyeux, son pas sautillant. A vrai dire, tout - fleur, ville, ciel ou rivière, animés ou inanimés - est susceptible de paraître ce qu'on appelle beau à ses yeux, à son ouïe, à sa mémoire. Ou, du moins, beaucoup plus beau que d'habitude quelle que soit l'heure, quel que soit le lieu. Ce phénomène d'embellissement et de poétisation du monde perceptible n'est pas principalement dû au fait qu'il aurait bénéficié d'une éducation spéciale ; ni ne provient du goût et, pas davantage, du bon goût qui, scolairement, serait le sien. Non, je crois qu'il se rattache directement à la griserie psycho-corporelle que le promeneur éprouve lorsqu'il s'échappe dans l'espace et dans le temps, lorsqu'il fait l'expérience immédiate de la liberté. Joël Cornuault.