D'Eugène Varlin, exécuté sommairement comme tant d'autres à la fin de la semaine pendant laquelle le gouvernement de Thiers noya la Commune dans le sang, on retient d'abord la figure lumineuse de rigueur et de probité qu'il donna de lui pendant les quelques semaines qu'elle dura, notamment lorsqu'il fut en charge de ses finances. Maxime Du Camp, l'un des pourfendeurs les plus méprisants de la Commune, alla jusqu'à déplorer la manière dont il fut tué, à 32 ans. Mais auparavant, pendant les dernières années du Second empire, Eugène Varlin avait déployé une énergie extraordinaire et fait preuve de talents de rassembleur et d'organisateur rarement égalés pour amener le monde ouvrier, et d'abord celui de Paris, fait d'ouvriers des fabriques et d'artisans, à s'associer et à se fédérer. Lorsqu'enfin, en 1864, le délit de "coalition" est abrogé, Eugène Varlin va initier et faire vivre divers organismes d'assistance mutuelle propres aux ouvriers mais aussi un magasin d'alimentation coopératif et, sous le nom de La Marmite, une série de restaurants ouvriers coopératifs. En 1864 encore, un petit groupe d'ouvriers crée la section française de l'Association internationale des travailleurs et Eugène Varlin les rejoint. Jusqu'en 1870, il sera dans ce cadre un organisateur des plus actifs du soutien aux luttes ouvrières. En réponse au coup de force de Thiers, Eugène Varlin oeuvrera en première ligne pour l'établissement par le peuple de Paris de la Commune. Après les Finances, ce sont les Subsistances, puis l'Intendance qu'il est chargé de gérer. Devenu minoritaire en son sein, il n'en participera pas moins jusqu'au dernier jour à la défense de la Commune, les armes à la main.
Nombre de pages
236
Date de parution
06/09/2016
Poids
320g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9791094106167
Titre
Eugène Varlin. Internationaliste et communard
Auteur
Cordillot Michel
Editeur
SPARTACUS
Largeur
150
Poids
320
Date de parution
20160906
Nombre de pages
236,00 €
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150 ans après sa fin tragique, la Commune de Paris demeure paradoxalement mondialement connue et largement méconnue à la fois. En cause les débats, enjeux de mémoire et relectures ultérieures qui en ont été faites et ont nourris les mythes et fantasmes qui l'entourent. Mais que fut, en réalité, la Commune de Paris ? Quels enjeux a-t-elle soulevé, et quelles controverses en entourent la mémoire ? Quels lieux emblématiques de la capitale a-t-elle marqué de son empreinte ? Enfin, et surtout, qui étaient celles et ceux qui y ont pris part ? Que furent leur vie, leurs engagements ? A l'occasion du cent-cinquantième anniversaire de cet événement emblématique, un collectif d'une trentaine de chercheurs et chercheuses a rassemblé pour la première fois, en un seul et même volume, l'ensemble des connaissances cumulées à son sujet, embrassant une grande variété de contenus (biographies, synthèses thématiques, présentations de lieux, retour sur des questions controversées). Très richement illustré, il constitue une entrée sans équivalent dans cette page méconnue de l'histoire sociale française et internationale.
Le socialisme eut son heure de gloire aux Etats-Unis entre 1885 et 1922. Cette histoire est connue. Ce qui l'est moins, toutefois, c'est la contribution de l'immigration française à ce mouvement politique. Des exilés de la Commune de Paris aux mineurs du nord de la France, nombreux sont les ouvriers et militants francophones qui ont poursuivi leurs luttes politiques aux Etats-Unis après y avoir élu domicile. L'historien Michel Cordillot nous rappelle dans ce livre les luttes, les espoirs et la vie quotidienne de ces socialistes français d'Amérique. Révolutionnaires du Nouveau Monde, c'est aussi un livre sur l'immigration. A travers l'histoire de ces drôles de Français d'Amérique, on découvre en effet toutes les difficultés, les espérances et les modalités d'acculturation au Nouveau Monde. Une expérience qui n'est pas sans rappeler celle des Canadiens français exilés en Nouvelle-Angleterre, avec lesquels ces socialistes eurent parfois maille à partir.
Résumé : Depuis cent cinquante ans, la Commune de Paris de 1871 n'a cessé de susciter débats, enjeux de mémoire et relectures ultérieures, y compris parmi ceux qui s'en sont réclamés. Cet événement continue de faire l'objet de nombreux mythes et fantasmes. Mais que fut, en réalité, la Commune ? Quels enjeux a-t-elle soulevés, et quelles controverses en entourent la mémoire ? Quels lieux emblématiques de la capitale a-t-elle marqués de son empreinte ? Enfin, qui étaient celles et ceux qui y ont pris part ? Dans ce volume, un collectif de chercheurs et spécialistes présentent l'ensemble des connaissances sur cet événement, et proposent une entrée sans équivalent dans cette page à vif, souvent méconnue de l'histoire sociale française et internationale.
Ce n?est que dans les années 1920 et 1930 que des militants de différents courants socialistes ont voulu publier en français certains textes de Rosa Luxemburg jugés importants dans le contexte des conflits qui traversaient les mouvements socialiste et communiste. Depuis 1946, les Cahiers Spartacus ont tenu à les conserver disponibles. Si ces textes conservent un intérêt, ce n?est pas seulement par la lumière qu?ils jettent sur ces conflits qui ont façonné en bonne partie le XXe siècle, ou à cause de la personnalité et du destin exceptionnel de leur auteur. C?est aussi par la réflexion qu?ils continuent à fournir sur la possibilité et les conditions du progrès social dans nos sociétés : pour Rosa Luxemburg, ce but final qu?elle visait, n?était rien d?autre " la transformation sociale de l?ordre existant".
Il connaissait par coeur Henri Heine et Goethe qu'il citait souvent dans sa conversation", écrivait Paul Lafargue quelques années après la mort de son beau-père. "Marx possédait une imagination poétique incomparable ; ses premières oeuvres furent des poésies. Mme Marx gardait soigneusement les oeuvres de jeunesse de son mari, mais ne les montrait à personne." Dans ses premières années d'étudiant, autour de ses dix-huit ans, Karl Marx se consacra en effet avec énergie à l'écriture de ces poèmes ; au même âge, Friedrich Engels, de deux ans son cadet, en avait déjà publié plusieurs et si sa production fut à l'époque moins abondante, elle n'était certainement inférieure ni en contenu, ni en style, à celle de son aîné. En consacrant un livre aux travaux poétiques de ces très jeunes adultes, Marcel Ollivier a voulu les replacer dans cette époque où en Allemagne, une petite partie de ses intellectuels commençait à s'élever contre la réaction qui s'était abattue sur l'Europe continentale après la victoire de la Coalition sur la France napoléonienne. La censure, la destitution ou l'exil s'abattaient sur les poètes, les littérateurs et les enseignants critiques ou irrévérencieux comme ce fut le cas pour Heine et d'autres poètes tels que Börne et Freiligrath. En écrivant ces poèmes, les jeunes Marx et Engels exprimaient leurs sentiments sur le monde qui les entouraient et témoignaient des courants de pensée qui les influençaient, quelques années seulement avant qu'ils se lancent dans le combat politique et qu'ils se fassent les chantres du communisme dont le spectre allait hanter l'Europe. Par-delà les controverses innombrables qui ont entouré et entourent encore leurs travaux ultérieurs, ne peut-on aujourd'hui encore entendre ce message tout simple que nous transmet le jeune Marx ? Ne subissons pas passivement Le joug ignominieux. Car le désir et la passion, Car l?action nous restent.
Dès la naissance officielle de Solidarité, lors des grèves d'août 1980, une divergence apparaît entre la pratique des luttes et l'engagement de négociations avec le gouvernement qui aboutiront à un accord dès la fin du mois. L'aggravation de la situation sociale en 1981 s'accompagne d'une opposition croissante au sein du syndicat entre ceux qui cherchent une meilleure gestion de l'économie, et ceux qui veulent assurer le contrôle des travailleurs sur l'ensemble de la société. Le 13 décembre 1981, l'état de guerre est proclamé ; une répression meurtrière s'abat sur le mouvement revendicatif. Solidarité, suspendue, sera déclarée illégale en octobre 1982. Dès juin 1982, indépendamment de la direction officielle de Solidarité, se crée une organisation clandestine - Solidarité combattante - hostile à la politique de consolidation de la société poursuivie par la direction du syndicat. Ce sont les positions, la vie, les aspirations de ce mouvement clandestin, qu'on trouvera dans ce livre à travers un ensemble de documents - communiqués, déclarations et articles de ses journaux - qu'il a lui-même produits.
A l'Est, les dissidents d'autrefois sont devenus les décideurs d'aujourd'hui et de demain. A l'Ouest, les intellectuels antitotalitaires ont mis au point une critique à géométrie variable : en concentrant leur tir sur le Tout-Etat et le bolchevisme, ils ont laissé le champ libre au Tout-Capital et enterré l'idée même de révolution sociale sous les ruines du marxisme-léninisme. Leurs mensonges réconfortants sur la démocratie réellement existante et les droits de l'homme se sont substitués au mensonge déconcertant du communisme prétendument réalisé. L'anticommunisme - non plus l'anti-soviétisme, ou l'anti-parti communiste, celui-ci étant en coma dépassé - a changé de sens : il n'est plus tourné vers l'ennemi extérieur, mais vers l'ennemi intérieur, ces dissidents du monde occidental qui n'ont jamais dissocié la critique du capital de celle de l'Etat.