Pour une histoire du développement. Etats, sociétés, développement
Coquery-Vidrovitch Catherine ; Hémery Daniel ; Pie
L'HARMATTAN
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EAN :9782296041233
Mais qu'est-ce que le développement ? D'où nous vient cette notion ? Le débat sur le développement n'a-t-il pas, lui aussi, une déjà longue histoire, oubliée ? Ce concept, typiquement occidental, de développement, comment les autres sociétés pouvaient-elles le recevoir et qu'en firent-elles lorsqu'il leur fut imposé comme recette obligée pour rattraper l'Occident ? N'existait-il pas, dans les sociétés non occidentales, une notion plus ou moins comparable à celle de progrès et des stratégies en ce sens ?... Telles sont les questions que soulèvent les communications rassemblées dans cet ouvrage, qui tentent d'apporter des éléments de réponse fondés sur l'analyse des processus historiques de développement . Le drame, pour les sociétés autres , semble bien avoir été que, même si certaines d'entre elles se sont très tôt engagées dans un effort formidable et intégré de modernisation - ainsi en Egypte ou en Amérique latine -, l'Occident brisa un tel effort afin d'assurer sa maîtrise sur le monde. Aujourd'hui encore, l'abondante réflexion sur le développement, sur l'économie du développement, sur le droit du développement, etc., ne masque-t-elle pas un refus, sinon une incapacité des techniciens développeurs à prendre en compte ce qui ne s'insère pas dans les cadres et dans la dynamique établis et reconnus par l'Occident ?
Nombre de pages
282
Date de parution
05/10/2007
Poids
320g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782296041233
Titre
Pour une histoire du développement. Etats, sociétés, développement
Auteur
Coquery-Vidrovitch Catherine ; Hémery Daniel ; Pie
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
320
Date de parution
20071005
Nombre de pages
282,00 €
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Cette histoire est celle des Africains et non plus seulement celle de leur découverte par le monde occidental. Ce fut en effet une époque de bouleversements internes : à l'ouest, les guerres saintes (jihad) de conquête et de conversion à l'islam ; à l'est, l'expansion du sultanat esclavagiste de Zanzibar ; au sud, les réactions en chaîne dues à l'avancée des Blancs ; au centre, la floraison de seigneurs de guerre esclavagistes... Sauf aux deux extrémités (Maghreb et Afrique du Sud), l'intervention des Européens apparut longtemps comme un phénomène mineur. Certes, la révolution industrielle occidentale a joué le rôle de catalyseur d'une intégration accélérée du continent dans le système mondial de l'époque, d'où une série de ruptures : fin de la traite atlantique, début de l'exploitation internationale de matières premières agricoles et bientôt minières, création des premières colonies. Mais ces processus se sont inscrits dans la continuité de l'histoire des peuples et des cultures. Les Africains ont réagi en puisant dans leur patrimoine avec une remarquable capacité d'invention, qui s'explique en partie par un long passé d'assimilation culturelle. Le XIXe siècle a provoqué un formidable métissage culturel dans des sociétés qui n'en conservaient pas moins l'illusion qu'elles pourraient en exploiter elles-mêmes les fruits, en Egypte comme en Afrique noire. L'ouvrage privilégie à la fois les différenciations régionales et les thèmes récurrents à l'ensemble du continent, soulignant la rapide diffusion hors Afrique du Nord d'un islam populaire, l'introduction encore ponctuelle mais décisive du christianisme, la généralisation du mode esclavagiste, l'essor des villes, la transformation des rapports de genre et l'émergence de formes culturelles nouvelles fondées, entre autres, sur l'usage de l'écriture. L'histoire de ce déséquilibre et des énormes soubresauts qu'il a engendrés aide à comprendre les difficultés auxquelles est confrontée l'Afrique du XXe siècle. Catherine Coquery-Vidrovitch, ancienne élève ENS, est professeur d'histoire contemporaine à l'Université Paris VII-Denis Diderot et directrice de la formation doctorale " Dynamiques comparées des sociétés en développement " . Elle a notamment publié Afrique noire. Permanences et ruptures (2e éd. révisée, L'Harmattan, 1992), Histoire des villes d'Afrique noire des origines à la colonisation (Albin Michel, 1993), L'Afrique noire de 1800 à nos jours (en coll. , 4e éd. révisée, PUF, 1994) et Les Africaines. Histoire des femmes d'Afrique du XIXe au XXe siècle (Desjonquères, 1994). Les hommes et leur environnement. Climat et démographie. L'islam politique et guerrier. Maghreb et Afrique occidentale avant la conquête. L'islam politique et marchand : L'Afrique orientale. La résistance de l'animisme. Ouverture et introversion : l'Afrique centro-occidentale. La rencontre des civilisations : L'Afrique du Sud. L'intervention coloniale. Les innovations du siècle.
L'ancienne Afrique Equatoriale Française (AEF), que recouvrent actuellement les territoires du Gabon, du Congo-Brazzaville et de la République Centrafricaine, est passée en trente ans d'un état de type traditionnel à une situation d'économie coloniale. Son évolution économique et sociale ne s'est pas faite sans heurt ni difficulté. Les quarante décrets de concession de 1899-1900 devaient permettre l'établissement des compagnies à monopole d'exploitation des " produits riches " (ivoire et caoutchouc) destinées, en principe, à assumer en trente ans les investissements dont l'Etat refusait la charge. Mais le refus durable des capitaux nécessaires, aussi bien de la part de l'Etat que du secteur privé, dans un pays apparemment dépourvu de ressources appréciables et tragiquement dénué de force de travail, condamnait l'entreprise à la faillite. [...] Cependant l'AEF sortit lentement de la stagnation après la guerre, à mesure que l'économie concurrentielle prenait le pas sur le monopole concessionnaire. [...] Outre l'essor de l'okoumé au Gabon, on vit émerger les grandes firmes à venir, se constituer les premières plantations, entrer en exploitation les richesses minières, enfin se mettre en place les principaux travaux d'infrastructure (routes et voies ferrées). Mais ce " décollage " fut payé chèrement. Les salaires ne suivirent ni la hausse de l'impôt, ni l'inflation des prix à l'importation. Le fragile équilibre vivrier traditionnellement établi entre l'homme et la nature fut rompu ; d'où des famines redoutables, et les révoltes les plus sérieuses qu'aient connues le territoire (1928-1932). Le bilan fut d'aggraver encore, pour un temps, un dépeuplement nocif au développement ultérieur du pays.