Journaliste littéraire (Le Monde) et musical (Télérama), Michel Contat a beaucoup travaillé sur Sartre, qu'il a bien connu. En 2000, il a publié Paris 1959 (Zoé), ouvrage dans lequel il racontait son année d'études de lettres à la Sorbonne, son amitié avec Michel Thévoz, qui allait devenir le principal théoricien et historien de l'Art Brut, avec qui il jouait du jazz. Ma vie, côté père constitue sa première réelle incursion dans la littérature personnelle. Il y évoque la figure de son père, personnage très romanesque, avec qui il avait eu dans son adolescence des rapports assez tourmentés. Né en Suisse en 1906, son père a en quelque sorte traversé l'histoire européenne - bien que venant d'un pays épargné par les guerres. Il avait commencé sa carrière dans les assurances à Berlin, avant l'arrivée d'Hitler au pouvoir. Il avait perdu sa place après celle-ci, la firme pour laquelle il travaillait appartenant à un juif qui en avait été dépossédé. Juste après la guerre, il était tombé amoureux d'une très jeune Allemande, veuve d'un général de la Wehrmacht, et avait quitté pour elle femme et enfants. C'était extrêmement audacieux ou totalement inconscient et irresponsable : en conséquence, il fut, à 40 ans, mis au ban de son milieu bourgeois. Il devint ensuite représentant de commerce pour des appareils médicaux puis des livres de luxe. Il fréquentait les casinos d'Europe. Puis il épousa une femme fortunée et mena une vie d'homme riche entouré de jeunes femmes plus ou moins vénales. Il fit des affaires en Indonésie. Il profitait en somme éhontément des " trente glorieuses ". Sa femme finit par le chasser. Il se relança en s'associant à un financier aventureux, qui fit une faillite frauduleuse. Il refit front une nouvelle fois en devenant traducteur free lance pour une grande banque zurichoise. Il mourut pour ainsi dire à sa table de travail, laissant d'énormes dettes. Ses proches découvrirent à sa mort qu'il avait épousé peu de temps auparavant une call-girl française pour qu'elle ait un passeport suisse. Un drôle d'exemple pour un fils. Mais ce n'est nullement un portrait à charge ni un règlement de comptes que Michel Contat propose ici. Tout joueur compulsif et amateur de femmes qu'était son père, il a toujours nourri de l'affection pour cet homme qui avait de l'esprit, des idées politiques libérales, une formation de juriste et d'économiste. Un homme qui, vivant selon le principe de plaisir, mettait à l'épreuve ses convictions d'intellectuel de gauche, tentant de lui inculquer son sens des réalités économiques et du caractère passager de la vie. Au fil des apparitions-disparitions de la figure paternelle et du parcours du narrateur lui-même, l'on croise en outre des personnalités historiques et intellectuelles, au premier rang desquelles Sartre, avec qui Michel Contat s'était lié d'amitié, celui-ci devenant en quelque sorte son père de substitution. Plus qu'un portrait, Ma vie, côté père est donc également le roman de la formation d'un jeune homme, qui grandit avec et contre son père, s'initie à la politique (les évènements de Mai 68, la guerre d'Algérie, sont autant d'éléments qui apparaissent en filigrane), à la littérature et au jazz.
Résumé : " Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers, picoté par les blés, fouler l'herbe menue : Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds. Je laisserai le vent baigner ma tête nue. "
Résumé : Quel rapport entre les écrits de jeunesse d'un écrivain qui se méfie de la posture de l'écrivain et le refus du prix Nobel ? Quelle relation entre La Nausée, ce roman de célibataire, et l'homme qui forma avec Simone de Beauvoir l'un des couples les plus fascinants de l'histoire ? Pourquoi Sartre n'écrivit-il jamais sur l'auteur qu'il aimait le plus, Stendhal, alors qu'il consacra des milliers de pages à Flaubert qu'il n'aimait pas ? Comment s'articulent chez Sartre le rêve de gloire et la conviction démocratique d'être " n'importe qui " ? Pourquoi tant d'ouvrages abandonnés, d'un film sur le révolutionnaire Joseph Le Bon à une pièce sur la chasse aux sorcières du sénateur McCarthy et à un ouvrage sur l'Italie tant aimée ? Quelle mue se jouait dans les extraordinaires carnets que Sartre, aux prises avec l'Histoire, écrivit durant la " drôle de guerre " ? Pourquoi accepta-t-il de donner une suite aux Mots, son autobiographie, sous la forme d'un film biographique ? Qu'est-ce qui se jouait sur la scène sartrienne sinon le théâtre de la politique ? Ordonnées selon l'ordre de rédaction des textes qu'elles commentent, ces vingt études au ton libre et à l'érudition solide composent le portrait d'une ?uvre, un portrait original et questionneur. Elles sont enserrées de deux textes autobiographiques où l'auteur tente d'élucider son rapport à Sartre.
Cinquante ans après Ramuz, Michel Contat reprend son titre (Paris, Notes d'un Vaudois) pour décrire sa première année parisienne. Tendresse, sensibilité et ironie dans le regard qu'il porte sur lui-même à l'époque où une génération allait à Paris pour rencontrer les dieux de l'Olympe intellectuelle et littéraire. Précision et charme dans l'évocation des amours de l'époque, des rues de Paris et de sa passion pour le jazz.
1961, la Suisse, le pays de Vaud, est-ce loin ou près ? Comment, alors, se vivait au singulier l'histoire mondiale ? Kennedy était président, Khrouchtchev premier secrétaire, Castro pas encore dictateur, le jazz s'appelait Stan Getz ou Sonny Rollins, selon qu'on l'aimait cool ou hard. La guerre était froide, mais pouvait faire instantanément sauter la planète si l'équilibre de la terreur se rompait. L'Algérie était encore française. Plus pour longtemps. De Gaulle présidait la Cinquième République, Sartre celle des lettres, Bardot celle, bien divisée, des garçons et des filles. En France comme en Suisse, les garçons se coiffaient soigneusement pour plaire aux filles, et elles ressemblaient à Natalie Wood ou à Jean Seberg. Le jeune saxophoniste des Musiciens du samedi soir va passer son bac, il aime le jazz passionnément, jamme avec des boppers plus forts que lui, et gagne son argent de poche en jouant avec un orchestre populaire pas terrible. Ce samedi du solstice d'été, les Hawaïans Ramblers vont animer jusqu'à l'aube un bal de campagne et Daniel va comprendre que la vie avec les autres est une drôle d'histoire, l'histoire sociale de son âme. Allegro ma non troppo, un regard l'observe, qui pourrait être l'?il de la caméra.
Tolkien John Ronald Reuel ; Laferrière Christine ;
La Légende de Sigurd et Gudrún nous donne, pour la première fois, directement accès à l'imaginaire nordique de J.R.R. Tolkien. Ces deux grands poèmes (le Nouveau Lai des Völsung et le Nouveau Lai de Gudrún), écrits au début des années 1930, racontent dans le style caractéristique de l'auteur du Seigneur des Anneaux les légendes nordiques de l'Ancienne Edda, les combats de Sigurd, la mort du dragon Fáfnir, l'histoire tragique de Gudrún et de ses frères, tués par la malédiction de l'or d'Andvari. Illustrés par des vignettes en noir et blanc, ces magnifiques poèmes (qu'introduit une présentation des légendes du Nord par l'écrivain lui-même) montrent ce qu'a retenu Tolkien de la mythologie scandinave pour le reprendre à son tour, dans Le Seigneur des Anneaux et dans Les Enfants de Húrin.
Tolkien John Ronald Reuel ; Lee Alan ; Lauzon Dani
La dernière partie du Seigneur des Anneaux voit la fin de la quête de Frodo en Terre du Milieu. Le Retour du Roi raconte la stratégie désespérée de Gandalf face au Seigneur des Anneaux, jusqu'à la catastrophe finale et au dénouement de la grande Guerre où s'illustrent Aragorn et ses compagnons, Gimli le Nain, Legolas l'Elfe, les Hobbits Merry et Pippin, tandis que Gollum est appelé à jouer un rôle inattendu aux côtés de Frodo et de Sam au Mordor, le seul lieu où l'Anneau de Sauron peut être détruit. Cette traduction prend en compte la dernière version du texte anglais, les indications laissées par Tolkien à l'intention des traducteurs et les découvertes permises par les publications posthumes proposées par Christopher Tolkien. Ce volume contient 15 illustrations d'Alan Lee, entièrement renumérisées, d'une qualité inégalée, ainsi que deux cartes en couleur de la Terre du Milieu et du Comté.
Tove Marika Jansson (1914-2001) est une écrivaine, illustratrice et peintre finlandaise. Elle est mondialement célébrée pour sa série de romans et de bandes dessinées La Vallée des Moomins. Ses illustrations pour Le Hobbit, longtemps réservées aux pays scandinaves, offrent une lecture unique du chef-d'oeuvre de J.R.R. Tolkien. John Ronald Reuel Tolkien est né de parents anglais le 3 janvier 1892 à Bloemfontein (Afrique du Sud) et a vécu toute sa vie en Angleterre. Après avoir servi pendant la Première Guerre mondiale, il s'engage dans une brillante carrière universitaire à Oxford et devient l'un des plus grands philologues de son temps. Mais il doit surtout sa reconnaissance à son extraordinaire oeuvre de fiction : Le Hobbit (1937), Le Seigneur des Anneaux (1954-1955) et Le Silmarillion (1977), ainsi qu'à des textes inachevés rassemblés dans l'Histoire de la Terre du Milieu. John Ronald Reuel Tolkien s'est éteint à l'âge de 81 ans, le 2 septembre 1973.