Sur l'archipel irlandais d'Aran, surexposé aux éléments, les habitants ont construit des milliers de murets de pierre sèche pour délimiter des parcelles cultivables. Que révèlent ces paysages témoins d'une histoire ancestrale qui interroge notre relation complexe à la terre ? Ce livre est une sorte de guide de voyage porté par les regards d'une photographe et d'un philosophe. Si L'Homme d'Aran (1934) de Robert J. Flaherty a rendu mondialement célèbre la puissance d'évocation de ces paysages, Aran prête autant à l'étude scientifique et à la rêverie poétique qu'à la méditation philosophique : ses surfaces témoignent d'une domestication du monde, d'un man's land précaire, à jamais provisoire. L'archipel d'Aran, dans la baie de Galway en Irlande, est un bout du monde occidental surexposé aux éléments. L'érosion a restreint la formation naturelle d'un sol fertile sur ces îles calcaires : leurs habitants ont dû créer de minces parcelles cultivables, délimitées par des milliers de murets de pierre sèche assemblés par gravité. Par un harassant effort collectif, à la seule force de l'énergie musculaire, humaine et animale, et avec très peu d'outils. Ce plateau de maillage de pierres est bordé par de hautes falaises. Le pourtour est ponctué d'énigmatiques " forts " d'architecture préchrétienne. La photographe Beatrix von Conta a fait le voyage d'Aran en 2019. Elle y a poursuivi son travail au long cours sur des " paysages contradictoires ", scrutant la permanence des traces du passé, relevant les signes de résistance et de ruptures inscrits dans les surfaces matérielles. Attentive aux transformations des lieux dans la durée historique, la série se confronte à la mémoire diffuse et involontaire du travail humain, omniprésente, sur cette " île faite main ". Ce livre poursuit le " questionnement sans jugement " de la photographe dans un rapport complexe à une réalité où se mêlent herbe, pierre, air et eau. Le paysage est aussi pour elle une fiction que l'image photographique rend possible. Une réalité nouvelle, offerte par le cadrage et le point de vue. Ces pierres assemblées dans un apparent déséquilibre, auto-bloquées sans liant ni joints, sont autant des obstacles visuels que des voies de franchissement du pas et du regard. Qu'est-ce qui émeut tant dans ses photographies, et de quelle beauté s'agit-il ? Que révèlent ces paysages fabriqués de main d'homme, témoins d'une histoire ancestrale qui interroge notre relation complexe à la terre ? En parallèle du parcours visuel, le philosophe Olivier Gaudin interroge la lente formation du territoire d'Aran, de sa géologie à ses architectures et à ses paysages. La pierre calcaire sombre se retrouve dans toutes les constructions anciennes, sans exception - habitations, églises, tours de guet, phares. Les formes des paysages sont issues d'une très longue hybridation des activités humaines avec les processus spontanés appelés aujourd'hui " naturels ", mais que l'on associait tout aussi volontiers, par le passé, aux intentions de puissances autrement sauvages. Les éditions Créaphis poursuivent avec ce livre une réflexion sur les caractères des paysages et leurs potentialités de résistance face aux menaces qui les environnent. Ce livre est un " vrai faux " guide de voyage nécessaire autant aux futurs arpenteurs qu'à ceux déjà amoureux de l'île, grâce à ces regards d'auteurs à hauteur d'oeil et pas à pas.
Nombre de pages
208
Date de parution
28/11/2022
Poids
1 050g
Largeur
243mm
Plus d'informations
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EAN
9782354281939
Titre
Oileáin Arann. Edition bilingue français-anglais
Auteur
Conta Beatrix von ; Gaudin Olivier ; Waine Oliver
Editeur
CREAPHIS
Largeur
243
Poids
1050
Date de parution
20221128
Nombre de pages
208,00 €
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A l'occasion de la quatrième édition des Photaumnales de Beauvais, Beatrix von Conta a été invitée dans le cadre d'une résidence à travailler sur le thème de la frontière . Parcourant la ville du centre à la périphérie, sa création coupures / reprises est constituée d'une accumulation de fragments qui crée une vision stratifiée de l'espace urbain et questionne le territoire géographique, mais aussi ses limites imaginaires, celles projetées par la photographe sur les espaces, ainsi que les frontières invisibles et métaphoriques que révèle la photographie.
Beatrix von Conta questionne depuis 25 ans, sous des formes et approches différentes, le paysage contemporain dont elle relève, sans nostalgie, les signes infimes ou manquants d'une mutation en cours. Sa démarche distanciée mais sensible invite le spectateur à s'interroger sur l'infinie fragilité d'un territoire et de ses paysages. Son regard, attentif au moindre détail, s'attache à transposer la notion d'une stratification, d'un mille-feuille paysager, dont chaque couche détermine, associée et compactée aux autres, ce qui émane de l'image. Son travail photographique est traversé et nourri par la question de la mémoire du paysage et de sa mutation plus ou moins violente. Ainsi ce livre présente près de 20 années de photographies, recherche menée par Béatrix von Conta autour du paysage urbain ou naturel. Elle dessine une oeuvre incontournable dans ce domaine. Une longue préface de Julien Zerbone introduit l'ouvrage et les textes de la photographe accompagnent et présentent chacune des séries.
Réunis autour des questions de mobilités urbaines, quelques amis ont observé le cas de l'Ile-de-France.Territoire multiple, en déplacement continuel par le fait même de l'histoire de son aménagement, cette région capitale a connu au cours du xxe siècle l'une de ses plus importantes mutations, faisant de Paris et de ses banlieues une gigantesque métropole. Des transports en commun parmi les plus performants du monde (du moins pour la ville centre) viennent ?réticuler? cet espace. Ainsi, depuis cent cinquante ans, au fur et à mesure de l'extension de ses réseaux et de l?émergence de nouvelles centralités, la ville a gagné sur la campagne, changeant durablement la démographie, les paysages et les modes de vie des ?déplacés?. Prise dans un immense palimpseste, la région, métropolisée, offre une image stratifiée où peuvent se lire au quotidien les parcours et les trajectoires, (accidents et courts-circuits compris) de millions de ?Transiliens? qui ?bougent? sur des territoires complexes, à différentes échelles de mobilités. Ces pratiques font apparaître une culture du déplacement et des formes de territorialisation liées à la résidence, à l'emploi, à la famille, à la province ou au pays d'origine, ou encore aux modes de consommation et de loisirs. Cette culture et ces formes urbaines, avec toutes leurs composantes, sont-elles spécifiques de la région Ile-de-France...Dans le temps même de la transformation et de la ?fabrication? de ce territoire, les multiples représentations que s'en font ses habitants sont appréhendées par les musées et écomusées répartis tout autour. Quelques-unes de ces structures culturelles réunies de manière informelle dans un groupe nommé ?Neufs de Transilie? ont abordé ces questions de société à leur manière. Leur approche, originale, sensible, à partir de récits de vie, d'enquêtes de terrain, d'objets issus des collections ou collectés pour l'occasion, est caractéristique du style des musées de société.Ce livre, dans lequel sont également invités des chercheurs en sciences sociales, rend compte d'une partie des interrogations et des travaux engagés par ce groupe depuis l'an 2000.Ville mobile accompagne l'opération ?Bouge la ville, bouge? qui regroupe plusieurs expositions imaginées et réalisées par les ?Neufs de Transilie?.Cette opération a reçu le soutien de la Fondation Crédit Coopératif.
Soichet Hortense ; Choplin Antoine ; Petitjean Tho
Aux Fenassiers se distingue d'abord par une empreinte graphique forte, avec une typographie contrastée insistant sur un lieu. Le livre porte le nom d'un lieu dit, celui sur lequel s'est construit une cité à Colomiers en Haute-Garonne.Aux Fenassiers se distingue aussi par une durée: le temps d'un séjour sous forme de résidence d'artiste d'octobre 2011 à avril 2012. La photographe Hortense Soichet y a rencontré des habitants de la cité des Fenassiers. Les photographies et les récits des résidents racontent l'histoire de ce quartier créé dans les années 1960 et appelé à être réhabilité. Les images des espaces domestiques issus de ce travail ne laissent voir aucune présence humaine. Elles dialoguent avec les paroles des habitants et invitent à imaginer qui occupe ces lieux. Les photographies des extérieurs, prises depuis chez les habitants, donnent à voir le quartier depuis l'intérieur.Ce n'est pas véritablement un livre comme les autres: conçu par le graphiste Thomas Petitjean, c'est un ouvrage d'artiste conjuguant graphisme, photographie, littérature et anthropologie urbaine: l'ouvrage laisse une large place aux images et aux témoignages des habitants et l?édition se démembre pour qu'habitants et publics puissent la lire ou l'afficher.
Horan-Koiransky Georges ; Klarsfeld Serge ; Koiran
Résumé : Original et essentiel dans la connaissance du camp de Drancy, le recueil de cinquante-six estampes de Georges Horan-Koiransky, Le Camp de Drancy, seuil de l'enfer juif publié en 1947 était à peine connu il y a seulement quelques années. N'ayant jamais fait l'objet de réédition depuis sa publication, seules quelques estampes extraites de ce livre étaient diffusées sans être présentées comme partie d'un tout. La réédition et l'analyse de son oeuvre ont été permises par la découverture de très nombreux croquis, esquisses et dessins préparatoires et du journal de Georges Horan-Koiransky (publié en parallèle par les éditions Créaphis). Ce foisonnement nouveau d'archives et d'informations et leur capacité à faciliter la compréhension d'une oeuvre à la fois douloureuse et elliptique nous ont amenés à réaliser une réédition augmentée des sources de ce " témoignage graphique " unique. En effet, ce récit dessiné sur Drancy, novateur et méconnu, constitue un document exceptionnel qui relate avec émotion et talent la misère quotidienne et l'effroi vécus par les internés et les déportés de ce camp majeur dans la persécution des juifs de France entre août 1941 et août 1944. La réédition respecte la conception originale de l'édition de 1947 et la reproduit intégralement mais dans une version augmentée avec un appareil critique et des documents inédits. Le livre est composé d'une préface de Serge Klarsfeld, qui rappelle toute l'importance de l'oeuvre de Georges Horan-Koiransky dans la connaissance du camp de Drancy ; d'une introduction générale de Benoît Pouvreau ; du fac simile de l'édition de 1947 et d'une analyse approfondie de l'oeuvre de Georges Horan accompagnée de dessins et croquis inédits et d'extraits du journal. Benoît Pouvreau, est historien et chercheur au service du patrimoine culturel du Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis. Il travaille sur l'histoire du logement, le patrimoine du XXe siècle et les lieux de mémoire de la Seconde Guerre mondiale. Il a notamment publié Eugène Claudius-Petit, un politique en architecture (2004), dirigé Les graffiti du camp de Drancy (2014) et co-écrit Drancy, un camp en France (2015).
Résumé : En 1880, à la suite du congrès de Milan ? réuni officiellement " pour l'amélioration du sort des sourds-muets " ? le gouvernement français décide de proscrire la langue des signes des écoles pour sourds et d'y imposer l'usage du français oral, tant pour la transmission des connaissances que pour les échanges quotidiens des professeurs et des élèves, y compris des élèves entre eux. Aujourd'hui encore, aux yeux des sourds, ce congrès symbolise une véritable " révolution négative ", incompréhensible et aux conséquences lourdes puisqu'elles sont encore perceptibles en ce début de XXIe siècle. Comment expliquer une telle décision ? La langue des signes est victime de l'idée de progrès. Entre 1830 et 1860, Ferdinand Berthier et ses " frères " sourds parviennent à faire entendre à la société qu'ils sont en mesure d'accéder à l'égalité civile grâce à l'utilisation de la langue des signes. L'idée de progrès n'a pas encore de grandes implications. En cette période des débuts de la révolution industrielle, tout est encore possible et les sourds peuvent revendiquer l'utilisation de la langue des signes dans tous les domaines. Entre 1860 et 1880, l'idée de progrès conquiert peu à peu presque tous les domaines de la société et au lendemain du Congrès de Milan en 1880, les sourds ne peuvent plus revendiquer l'utilisation de la langue des signes comme c'était le cas après la révolution de 1830. Paradoxe surprenant au premier abord : alors que la société progresse vers davantage d'égalité civile, comment expliquer que les sourds se sentent en situation d'inégalité et demandent à être à nouveau considérés comme ils l'étaient auparavant ? Telle est l'interrogation centrale de ce livre. Un lien avec une lecture du livre en langues des signes sera disponible à partir d'un flash code apposé dans l'ouvrage.