L'homme qui trouva la mort dans le tournant du bas, c'était mon père. Ou plutôt, mon père est mort à l'entraînement. Il n'y eut pas pour lui de tournant ce jour-là, ni durant les jours qui suivirent. Sinon le dernier - le grand tournant. Au château où il montait, le propriétaire décida que ce serait moi qui le remplacerais. D'un coup, comme si je devais être le plus petit parmi ceux de mon âge, je cessai de grandir. Prêt, dès l'âge de dix ans, à chausser les étriers et à chevaucher les pur-sang. " Jockeys, apprentis, lads et parieurs - tous acteurs du petit monde des hippodromes - défilent dans ces récits au triple galop. Sans oublier les chevaux, bien sûr. Omniprésents, et qui emplissent la tête. Chevaux terriens, chevaux de vent... Cependant que les souvenirs mènent un train d'enfer à l'avant, dans une interminable course de deux minutes trente.
Nombre de pages
126
Date de parution
14/07/1998
Poids
226g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782868533067
Titre
Le grand tournant
Auteur
Commère Pascal
Editeur
TEMPS IL FAIT
Largeur
140
Poids
226
Date de parution
19980714
Nombre de pages
126,00 €
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Autonomes mais prises dans un tout, les dix-huit histoires qui forment ce livre ne cessent de communiquer entre elles. Les six personnages qui les animent passent de l'une à l'autre, sortent puis reviennent. Apparaissent alors, outre la figure du père sur une photographie - emblème de l'absence -, le grand frère, la mère, le cadet, sans oublier le grand-père et sa chatte Ciboulette... Mais il y a aussi le petit vélo, Nounche, le voisin, le balai de la mère et ces foutues mouches. Toutes choses et créatures qui obsèdent, deviennent insupportables... "Ils sont tous fous ici" affirme le narrateur. Tous, mais chacun pour soi, dans son coin. Comme si la petite folie, avec son ennui, ses manies, protégeait un temps de la grande - la vraie. Celle qui conduit le grand-père, devenu seul à son tour, dans un hôpital psychiatrique, puis à l'hospice; muré, comme ses congénères, dans l'amnésie et le silence. Dans la solitude. La solitude des plantes...
Résumé : " Je relis André Frénaud. Assurément, il coule beaucoup de vin en ces pages. Notamment dans les trois premiers livres (Il n'y a pas de paradis, Les Rois mages, La Sainte Face) où il affleure dans maints poèmes, tenu dans l'ombre de la voix, prêt à faire irruption, à épouser la chair des mots... Profitant - à moins qu'il ne le génère, comme s'il s'agissait d'un autoportrait en creux - d'un étrange dédoublement, avec la présence de l'Autre (Il) dans le miroir. Cet autre à qui s'adressent au soir les ivrognes, en leur grande solitude, amusant en même temps qu'apeurant les enfants, attirés par cette déroute de propos à bâtons rompus avec le vide. Que saura-t-on de lui, sinon qu'il ressemble comme deux gouttes d'eau au poète ? Qui plus est : Il mâche avec mes dents. Il boit plus que ma part. "