Lorsque je réfléchis aux conditions dans lesquelles j'ai pu participer à la recherche sur le monde soviétique avant sa chute, une cohérence dont je n'avais pas eu une perception très nette m'apparaît: de façon plus ou moins centrale se trouve posée la question des sources, de celles dont j'ai manqué, de celles qui m'ont aidée, de celles que j'ai construites. Dans ma pratique de chercheure comme dans ma pratique professionnelle, pour moi indissociables. Je n'ignore pas que l'exercice de reconstruction du passé, fût-il scientifique, n'échappe pas à l'«illusion biographique», mais je crois pouvoir relier cette cohérence à mon insertion dans une institution (la BDIC) spécialisée en histoire contemporaine qui m'a formée à la gestion des documents et m'a permis d'en produire. Qu'il s'agisse des archives orales et filmiques, tardivement prises en compte par les historiens, de l'accès, non sans peine, aux archives des États ex-communistes comme des autres, ou encore des progrès de la numérisation, les sources se sont démultipliées depuis peu. Bénéficiant d'un poste privilégié, j'ai pu observer ce moment charnière du «tournant électronique» de la documentation, évocateur d'un autre tournant dans la discipline historique, qui nous encourage à penser ses effets de connaissance sur l'écriture de l'histoire.Historienne et conservateure de bibliothèque, Sonia Combe est chercheure à l'Institut des sciences sociales du Politique (CNRS-université Paris-Ouest Nanterre-La Défense) et associée au Centre Marc-Bloch, à Berlin, où elle a enseigné à l'université Humboldt et à la Freie Universität. Elle est l'auteure notamment de Archives interdites. L'histoire confisquée (1994, Albin Michel, 2e et 3e éditions, La Découverte, 2001 et 2010), Une société sous surveillance. Les intellectuels et la Stasi (Albin Michel, 1999), et a dirigé Classification et histoire. L'historien face à l'ordre informatique (Matériaux pour l'histoire de notre temps, 2006), et Archives et histoire dans les sociétés postcommunistes, (La Découverte, 2009).
Date de parution
24/10/2013
Poids
364g
Largeur
127mm
Plus d'informations
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EAN
9782859447595
Titre
RETOUR A L ARCHIVE D EST EN OUEST
ISBN
2859447598
Auteur
COMBE
Editeur
PUB SORBONNE
Largeur
127
Poids
364
Date de parution
20131024
Disponibilité
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Le présent essai procède d'une réflexion plus générale sur l'histoire des formes et des genres poétiques au XIX? siècle, et de leur postérité dans la poésie contemporaine. Rimbaud y est donc lu dans les rapports étroits qu'il entretient, en amont, avec Hugo, Baudelaire, Mallarmé, Banville, etc., mais aussi en aval, avec les lecteurs du XX? siècle, et singulièrement les poètes, de Claudel à Breton, de Bonnefoy à Lionel Ray. C'est dire que l'angle privilégié, pour cette présentation générale, est celui d'une poétique et d'une stylistique, résolument inscrites dans l'histoire - d'une "poétique historique", comme aurait dit le théoricien russe Mikhaïl Bakhtine." Dominique Combe.
Étude des diverses formes de compétition politique, des rivalités pour le trône, des luttes pour l'autonomie régionale, expliquées par l'analyse des moyens d'action de l'aristocratie, principal agent des troubles (implantations régionales, réseaux familiaux, solidarités militaires ou liens de service). Le clivage entre militaires et civils est remis en cause, alors que le poids des grands clans régionaux importe davantage : de véritables équipes alternent au pouvoir, les provinces leur restant fidèles tant que la protection impériale compense, aux yeux des populations, le versement de l'impôt.
Automne 1997 : une vingtaine d'historiens médiévistes allemands viennent en France dresser devant leurs collègues français un bilan de leurs recherches depuis trente ans. Un an plus tard, jour pour jour, les médiévistes français leur rendent leur visite pour se livrer en Allemagne au même exercice. Chaque délégation a choisi en toute indépendance les thèmes mis en avant comme étant les plus représentatifs des recherches menées actuellement dans les deux pays. Dans la fresque historiographique qui ouvre chaque partie de ce diptyque, comme dans la présentation des principaux programmes de recherche en cours - sur les structures sociales (l'oral et l'écrit, les rituels et la liturgie, la parenté, la différence des sexes), la culture matérielle (l'archéologie des palais princiers, l'occupation de l'espace, la production et les échanges), les croyances (la religion, la memoria, l'imaginaire), le politique (la royauté, les normes) -, les points de vue qui se découvrent sont suffisamment proches et différents à la fois pour permettre un dialogue authentique et enrichissant. Non seulement ce livre fournit une foule d'informations inédites sur les résultats des travaux entrepris depuis plusieurs dizaines d'années des deux côtés du Rhin, mais il montre comment les historiens des deux pays s'interrogent sur leur métier, sur leurs concepts et leurs méthodes. Il exprime le souci qu'ont les uns et les autres de l'historicité de leur discipline dans un long XXe siècle marqué par deux guerres franco-allemandes, la catastrophe du nazisme, la Guerre Froide et la chute du Mur, la construction européenne et l'internationalisation planétaire du savoir. Les thèmes abordés et les discussions résumées témoignent de l'ouverture de plus en plus large de l'histoire médiévale aux autres sciences humaines et sociales, mais avec des orientations propres à chaque pays. Médiévistes français et allemands savent qu'ils ne parlent pas la même langue. Mais ils se savent aussi trop proches pour ne pas aspirer à mieux communiquer, à collaborer davantage, à chercher ensemble. Les deux rencontres de Sèvres et de Göttingen resteront des repères essentiels pour une histoire des échanges intellectuels et scientifiques entre la France et l'Allemagne dans le cadre européen.