Raymond Ruyer (1902-1987), philosophe situé à l'intersection des sciences et de la métaphysique - comme Bergson mais à distance de lui -, voit son ?uvre entourée par un étrange silence, exception faite de La Gnose de Princeton. Ruyer a développé une philosophie générale de la biologie (Éléments de psycho-biologie, La Genèse des formes vivantes) ; l'étude de l'invention des formes de la vie l'a conduit à une théorie de la causalité biologique, contestant le discours génétique. Parallèlement, il a cherché à tirer toutes les conséquences théoriques des révolutions de la physique du XXe siècle, notamment de la mécanique quantique, en construisant le finalisme qu'elles appellent. Réflexions inséparables d'une méditation ample, englobant une théorie de la conscience et du cerveau (La Conscience et le Corps), une philosophie de la valeur, une critique de l'utopie (L'Utopie et les Utopies) et l'une des grandes théologies rationnelles du XXe siècle (Dieu des religions, Dieu de la science). Élaborer un panpsychisme conséquent, dans l'héritage de Leibniz, tel a été l'objectif de ce philosophe à la langue toujours claire, qui a parcouru l'ensemble des savoirs de son temps. Forte d'une vingtaine de livres et de plus d'une centaine d'articles, cette ?uvre qui a influencé Merleau-Ponty et Deleuze, mérite qu'on s'y arrête. Le présent ouvrage expose pour la première fois la pensée de Ruyer dans son ensemble, depuis les grands traités du milieu de siècle comme Néofinalisme jusqu'au manuscrit inédit de 1983, L'Embryogenèse du monde et le Dieu silencieux, et espère lui restituer son unité et sa signification propres.
Nombre de pages
282
Date de parution
10/04/2007
Poids
342g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782251760568
Titre
Ruyer
Auteur
Colonna Fabrice
Editeur
BELLES LETTRES
Largeur
135
Poids
342
Date de parution
20070410
Nombre de pages
282,00 €
Disponibilité
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Merleau-Ponty, malgré ce que peut suggérer une lecture trop rapide, a refusé de placer son entreprise sous le signe de l'antimétaphysique. Mais il a aussi tenu compte des critiques adressées à la métaphysique héritée, définissant ainsi une position originale et singulière dans le champ philosophique contemporain. Partant des travaux de la psychologie gestaltiste de la perception, encore largement ignorés en France aujourd'hui, et sur lesquels le présent ouvrage s'est largement appuyé, il a été conduit à renouveler l'ontologie traditionnelle, pour élargir ensuite le domaine de la métaphysique à de nouveaux objets, jusqu'à remonter au mystère de l'espace et du temps. Un certain nombre de déplacements et de réagencements sont ainsi opérés, qui témoignent d'une réappropriation vivante de la métaphysique, à partir d'une finitude que Merleau-Ponty dit non pas bornée mais "militante".
Malgré un titre qui peut paraître imposant et intimider, le lecteur trouvera dans ce livre le condensé, particulièrement clair et élégant, que Raymond Ruyer voulut donner de sa pensée au soir de sa vie, en un ultime effort de présentation et d'actualisation. L'ouvrage, entièrement achevé, était jusqu'à ce jour inédit, ce qui fait de sa publication un événement. La pensée de Ruyer a retenu l'attention de nombre des penseurs les plus importants de la seconde moitié du XXe siècle (comme Merleau-Ponty, Canguilhem, Deleuze ou Lacan), qui n'hésitaient pas à la placer au plus haut. La publication du dernier manuscrit philosophique de Ruyer représente l'occasion de se familiariser avec sa pensée et de lui accorder enfin la place qu'elle mérite. L'objectif du philosophe de Nancy a consisté à construire un système métaphysique ajusté aux découvertes de la science contemporaine. S'il est bien question ici de "Dieu", ce n'est pas dans la perspective d'une révélation : le Dieu de Ruyer est un Dieu spéculatif, comme celui d'Aristote ou de Whitehead, et nous sommes loin des considérations sur "le savant et la foi". D'autre part, "l'embryogenèse du monde" n'est pas une rêverie incontrôlée sur quelque Oeuf primordial, mais une tentative argumentée de constituer un panpsychisme à la manière de Leibniz, selon ce que Ruyer appelle lui-même une "monadologie corrigée".
Plaidoyer pour une autre philosophieÉlaborer une métaphysique en prise avec les avancées de la psychobiologie, de la cybernétique ou de la physique quantique. Tirer les conséquences de l'écroulement d'un imaginaire mécaniste qui se figurait l'univers comme une grande horloge (ou un ordinateur) où tout se compose morceau par morceau. Repérer partout, des amibes aux galaxies en passant par les subjectivités humaines, une action organisatrice analogue à la conscience et porteuse de sens. Tel aura été l'audacieux projet de Raymond Ruyer. Ce nouveau « panpsychisme » l'a conduit à s'interroger plus largement sur la signification de l'enquête philosophique dans le double rapport qu'elle entretient avec la rationalité scientifique et l'imaginaire producteur de mythes. Qu'est-ce que la philosophie ? À quoi reconnaît-on l'esprit métaphysique ? Ruyer se méfie des mystères insondables et des faux effets de profondeur : on ne fait pas de philosophie « en se prenant la tête à deux mains ». Pour déchiffrer le texte du monde, il faut travailler au plus près de l'explication scientifique. Mais il faut le faire en s'intéressant à tout, et notamment au Tout, en mobilisant pour cela des mythes spéculatifs aussi puissants dans leur genre que ceux des utopies ou des religions.
Biographie de l'auteur Raymond Ruyer (1902-1987), ancien élève de l École normale supérieure, a été professeur de philosophie à l'Université de Nancy. Ses travaux ont majoritairement porté sur les sciences et la religion. Il est notamment l'auteur de La gnose de Princeton qui, tout en développant non sans un certain humour des concepts qui lui sont propres, entraîne encore aujourd'hui de nombreux crédules dans ce canular ésotérique.
Les Belles Lettres regroupent dans ce somptueux coffret réalisé par Benjamin Van Blancke les deux volumes d'Isaac Asimov consacrés à l'histoire romaine, de sa fondation à sa chute. C'est sa fascination pour l'histoire du grand Empire romain qui inspira Asimov pour construire son Empire galactique dans le Cycle de Fondation, oeuvre qui s'est rapidement imposée comme un classique et comme une référence de la littérature de science-fiction. Dans La République romaine, Asimov retrace l'épopée d'une petite tribu qui a bâti en l'espace de 500 ans, grâce à son audace et à son ingéniosité, l'une des civilisations les plus brillantes de l'histoire : Rome. De la fondation légendaire par Romulus à l'avènement d'Auguste, Asimov dresse, grâce à sa maîtrise parfaite de la narration, un tableau limpide de cette époque fascinante. Chaque chapitre s'ouvre sur l'une des superbes illustrations de Benjamin Van Blancke, et immerge tout entier le lecteur dans cette « suite extraordinaire de triomphes et de désastres, de faits de bravoure au combat et de bêtise dans la paix, d'intrigues sordides et d'idéalisme glorieux » (Isaac Asimov). Dans le second et dernier volume consacré à l'histoire romaine, Isaac Asimov guide ses lecteurs à travers les quatre siècles durant lesquels Rome assura son hégémonie sur le monde occidental, apportant la paix à une centaine de millions de personnes. L'Empire romain reprend le récit là où La République romaine l'avait laissé, à l'avènement d'Auguste et au début du principat, et couvre toutes les lignées d'empereurs jusqu'aux royaumes germaniques et à la victoire de Clovis à Soissons, qui marque la fin de la tradition romaine, 1239 ans après la fondation de la Ville par Romulus. Se plaçant en chroniqueur lucide, Asimov, au moyen d'anecdotes savoureuses et d'apartés, relie la « grande » histoire, celle des batailles et des dirigeants, à la « petite », celle du quotidien et des masses anonymes. Ce volume est, comme le précédent, illustré par les majestueux dessins de Benjamin Van Blancke.
Pendant une douzaine d'années, Jean-Pierre Otte s'est attaché à rassembler les mythes premiers du cercle Arctique, des deux Amériques, de l'Afrique noire, de l'Océanie et de l'Australie de l'"Ere du rêve". Ces mythes de création qui, dans le recours à l'imaginaire, demandent à la vie le secret de ses origines, étaient peu connus, dispersés ou fragmentaires, souvent jamais traduits de la langue dois laquelle les grands voyageurs et les premiers ethnographes les rapportèrent. Dans un second temps - et cette démarche fera date -, Jean-Pierre Otte s'est efforcé d'amener ces grands récits de la tradition orale à l'existence écrite. Son travail dans la rigueur n'en est pas moins une transposition poétique, aussi vivante et passionnée que possible. Il s'agissait d'amplifier le sens, d'exalter les couleurs, d'accentuer les contrastes, et de mettre en évidence, sans le dénaturer, le contenu philosophique, métaphysique, religieux, amoureux ou moral des mythes du commencement. Rendus magnifiquement, ces matins du monde ont été choisis pour être représentatifs des grands courants cosmogoniques, lesquels ne sont peut-être, malgré leurs différences, ou plutôt grâce à elles, que la diversité fabuleuse et fertile d'une unité foncière inscrite au plus profond de la mémoire du monde et de la nôtre.
Comnène Anne ; Frankopan Peter ; Leib Bernard ; Ki
Non, je n'écris pas cela par complaisance pour mon père. Je l'affirme, toutes les fois que je vois mon père se tromper, et je m'attache à la vérité. XIV, 7, 3
Revue de presse Ouvrage remarquable par sa clarté et son esprit de synthèse. Amplement documenté, précis et son propos est élevé. --Le Figaro LittéraireCes six cents pages, denses mais vivantes, surprenantes parfois, qui poussent à la réflexion et où chacun aiguisera cette qualité dont les anciens se méfiaient souvent : la curiositas. --Le Figaro HistoireAu terme de quinze ans de travail, Michel de Jaeghere publie le fruit de sa réflexion dans un grand livre. --Le Figaro Magazine