Caricaturée grossièrement, la décroissance est devenue ces dernières années un épouvantail pour les défenseurs du business as usual. Brandie comme un repoussoir, la décroissance n'est pourtant pas une idée neuve. La catastrophe climatique devient chaque année plus palpable, et l'érosion de la biodiversité, plus alarmante. Alors que les illusions du "développement durable" et de la "croissance verte" se dissipent, la décroissance, longtemps cantonnée aux marges du débat public, connaît un puissant regain d'intérêt. Plutôt qu'à un avenir de privations, c'est à l'invention d'une nouvelle abondance, plus égalitaire, qu'invitent les pensées de la décroissance. A l'exemple de cette maxime, formulée en 1974 par l'écologiste André Gorz pour rompre avec la dynamique inégalitaire du consumérisme : "Seul est digne de toi ce qui est bon pour tous. Seul mérite d'être produit ce qui ne privilégie ni n'abaisse personne". En 180 pages d'entretiens, réflexions, reportages et échanges, ce hors-série veut défaire le mythe de la croissance, passer de l'utopie à l'action et bâtir de nouveaux imaginaires. Avec Timothée Parrique, économiste spécialiste de l'écologie et de la décroissance, auteur de "Ralentir ou Périr" (Seuil).
Des milliards d'euros et de dollars continuent de pleuvoir sur les gisements de gaz, de pétrole ou de charbon alors que l'exploitation des réserves fossiles menace l'habitabilité de la planète. Or, derrière chacun de ses projets bruns se cache toute une faune financière. Banques et investisseurs, grands adeptes du greenwashing, mais aussi assureurs et institutions publiques abreuvent l'industrie de liquidités, espérant bénéficier en retour de ses insolents profits. Aux yeux des spécialistes du secteur, la symbiose entre or noir et billet vert est consubstantielle au capitalisme. Faire dérailler la machine suppose donc d'agir à de multiples niveaux, des blocages d'AG à la régulation drastique de la finance. Mais abolir le règne du fric fossile impose aussi de réfléchir à un modèle de développement alternatif pour les pays du Sud qui renonceraient à exploiter les richesses de leur sous-sol. Le capitalisme fossile est cependant loin d'avoir abattu toutes ses cartes. Et certains magnats des énergies brunes financent en toute discrétion des réseaux d'extrême droite pour faire avorter toute tentative de régulation.
Face aux guerres culturelles de l'extrême droite, à la séduction de ses rengaines identitaires, à l'influence croissante dont elle jouit dans les milieux d'affaires, l'angoisse étreint toutes celles et ceux qui, comme nous, sont attachés aux idéaux écologistes, égalitaires ou simplement démocratiques. Pour amplifier la riposte contre la tentation réactionnaire, la rédaction de Socialter a proposé à Salomé Saqué, journaliste à Blast et autrice de Résister (Payot, plus de 400. 000 exemplaires vendus) de participer à ce numéro. Avec sa contribution, nous avons conçu un "manuel de résistance populaire" pour sortir de la sidération et de l'impuissance. Un numéro de 148 pages pour documenter et analyser l'offensive des droites extrêmes, mais surtout explorer des stratégies et des pistes d'action efficaces. Avec l'objectif de faire reculer partout les affects haineux et les pulsions autoritaires : dans les esprits, dans les urnes, dans les rues. Avec : Salomé Saqué, Edwy Plenel, Ugo Palheta, Fatima Ouassak, Marlène Benquet, Lumir Lapray, Mark Bray...
L'éclaireur : Christophe Itier, Haut commissaire à l'ESS Entretien fleuve : Benoît Hamon nous livre un entretien sur l'état de la gauche et l'émergence des nouvelles idées politiques. Dossier : Bienvenu dans l'âge de métal, l'envers de la transition énergétique Un dossier qui se concentre sur l'aspect ressources de la transition et se penche sur la question épineuse des métaux rares. -La face cachée de la transition : Si les métaux rares sont à la base de toutes les technologies "vertes" et numériques, le coût environnemental, écologique et énergétique de leur extraction est loin d'être négligeable. -La Chine, géant de métal : grâce à une politique économique ambitieuse et agressive, la Chine est en situation de quasi monopole sur l'extraction des terres rares. Une position qui fait de l'empire du Milieu la grande puissance de la transition. -Faire l'économie des métaux rares : enquête sur la filière française du recyclage et de la récup des métaux rares. -Pour une transition frugale : article de l'ingénieur et essayiste Philippe Bihouix, spécialiste des métaux et des "low tech", qui milite pour une transition énergétique "basse intensité"/ Avant Garde : notre section dédiée aux acteurs qui changent le monde à leur échelle. -Atelier Paysan : une coopérative d'ingénieurs sillonne la France pour former des agricultures à l'autoconstruction de leurs outils agricoles. Leur projet : faire circuler les savoirs et savoir-faire, mais redonner aussi aux paysans leur "souveraineté technologique". -Nouveau Nez : reportage sur les nouveaux parfumeurs "éthiques" et bio. -Marchez sur l'eau : A Rotterdam, un collectif a entrepris de dépolluer la Nouvelle Meuse de tous ses déchets plastiques avant qu'ils n'aillent se jeter dans l'estuaire. En les recyclant et les recompactant, le collectif entend créer des chemins flottants, à la fois balades piétonnes sur l'eau et nouveau support pour l'écosystème de la rivière. -Social & Co : Reportage sur la méthode Simplon, plusieurs années après le lancement de cette école d'un nouveau genre. Le récit : notre récit hors-cadre se déroule à Siné Saloum, au Sénégal, où 14 villages se sont coalisés pour protéger la Mangrove menacée par la surpêche et le changement climatique. Social Fiction : fiction sur les nouveaux bureaucrates, avec une interview de René Ten Bos, auteur hollandais très reconnu et auteur du livre Bureaucratie : encre, paperasse et tentacules aux éditions du Pommier.
Cachés dans nos poubelles, oubliés, méprisés, les déchets nont cessé depuis deux siècles de se multiplier, de saccumuler, sexportant maintenant aux quatre coins du globe pour répondre aux logiques de la mondialisation. La démarche "zéro déchet" est symptomatique dune prise de conscience collective. Mais elle ne se limite pas pour autant à la réduction ou au recyclage de nos déchets : elle questionne la société qui les génère. Ce hors-série, réalisé en partenariat avec Zero Waste France, décrypte les enjeux et problématiques globales liées aux déchets dans la première partie ("Vie dordure"), puis met en lumière toutes les initiatives collectives visant à mettre un frein à la surconsommation dans la deuxième partie ("La réduction sorganise"), avant de livrer quelques clefs pour que chacun puisse franchir le cap dans la troisième partie "Se jeter à leau".