Dès la naissance officielle de Solidarité, lors des grèves d'août 1980, une divergence apparaît entre la pratique des luttes et l'engagement de négociations avec le gouvernement qui aboutiront à un accord dès la fin du mois. L'aggravation de la situation sociale en 1981 s'accompagne d'une opposition croissante au sein du syndicat entre ceux qui cherchent une meilleure gestion de l'économie, et ceux qui veulent assurer le contrôle des travailleurs sur l'ensemble de la société. Le 13 décembre 1981, l'état de guerre est proclamé ; une répression meurtrière s'abat sur le mouvement revendicatif. Solidarité, suspendue, sera déclarée illégale en octobre 1982. Dès juin 1982, indépendamment de la direction officielle de Solidarité, se crée une organisation clandestine - Solidarité combattante - hostile à la politique de consolidation de la société poursuivie par la direction du syndicat. Ce sont les positions, la vie, les aspirations de ce mouvement clandestin, qu'on trouvera dans ce livre à travers un ensemble de documents - communiqués, déclarations et articles de ses journaux - qu'il a lui-même produits.
Nombre de pages
250
Date de parution
01/12/1990
Poids
460g
Largeur
150mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782902963249
Titre
Pologne : chroniques d'une société clandestine
Auteur
SOLIDARNOSC
Editeur
SPARTACUS
Largeur
150
Poids
460
Date de parution
19901201
Nombre de pages
250,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Ce n?est que dans les années 1920 et 1930 que des militants de différents courants socialistes ont voulu publier en français certains textes de Rosa Luxemburg jugés importants dans le contexte des conflits qui traversaient les mouvements socialiste et communiste. Depuis 1946, les Cahiers Spartacus ont tenu à les conserver disponibles. Si ces textes conservent un intérêt, ce n?est pas seulement par la lumière qu?ils jettent sur ces conflits qui ont façonné en bonne partie le XXe siècle, ou à cause de la personnalité et du destin exceptionnel de leur auteur. C?est aussi par la réflexion qu?ils continuent à fournir sur la possibilité et les conditions du progrès social dans nos sociétés : pour Rosa Luxemburg, ce but final qu?elle visait, n?était rien d?autre " la transformation sociale de l?ordre existant".
Il connaissait par coeur Henri Heine et Goethe qu'il citait souvent dans sa conversation", écrivait Paul Lafargue quelques années après la mort de son beau-père. "Marx possédait une imagination poétique incomparable ; ses premières oeuvres furent des poésies. Mme Marx gardait soigneusement les oeuvres de jeunesse de son mari, mais ne les montrait à personne." Dans ses premières années d'étudiant, autour de ses dix-huit ans, Karl Marx se consacra en effet avec énergie à l'écriture de ces poèmes ; au même âge, Friedrich Engels, de deux ans son cadet, en avait déjà publié plusieurs et si sa production fut à l'époque moins abondante, elle n'était certainement inférieure ni en contenu, ni en style, à celle de son aîné. En consacrant un livre aux travaux poétiques de ces très jeunes adultes, Marcel Ollivier a voulu les replacer dans cette époque où en Allemagne, une petite partie de ses intellectuels commençait à s'élever contre la réaction qui s'était abattue sur l'Europe continentale après la victoire de la Coalition sur la France napoléonienne. La censure, la destitution ou l'exil s'abattaient sur les poètes, les littérateurs et les enseignants critiques ou irrévérencieux comme ce fut le cas pour Heine et d'autres poètes tels que Börne et Freiligrath. En écrivant ces poèmes, les jeunes Marx et Engels exprimaient leurs sentiments sur le monde qui les entouraient et témoignaient des courants de pensée qui les influençaient, quelques années seulement avant qu'ils se lancent dans le combat politique et qu'ils se fassent les chantres du communisme dont le spectre allait hanter l'Europe. Par-delà les controverses innombrables qui ont entouré et entourent encore leurs travaux ultérieurs, ne peut-on aujourd'hui encore entendre ce message tout simple que nous transmet le jeune Marx ? Ne subissons pas passivement Le joug ignominieux. Car le désir et la passion, Car l?action nous restent.
A l'Est, les dissidents d'autrefois sont devenus les décideurs d'aujourd'hui et de demain. A l'Ouest, les intellectuels antitotalitaires ont mis au point une critique à géométrie variable : en concentrant leur tir sur le Tout-Etat et le bolchevisme, ils ont laissé le champ libre au Tout-Capital et enterré l'idée même de révolution sociale sous les ruines du marxisme-léninisme. Leurs mensonges réconfortants sur la démocratie réellement existante et les droits de l'homme se sont substitués au mensonge déconcertant du communisme prétendument réalisé. L'anticommunisme - non plus l'anti-soviétisme, ou l'anti-parti communiste, celui-ci étant en coma dépassé - a changé de sens : il n'est plus tourné vers l'ennemi extérieur, mais vers l'ennemi intérieur, ces dissidents du monde occidental qui n'ont jamais dissocié la critique du capital de celle de l'Etat.
Curés rouges" : cette expression a été inventée plus d'un siècle après la Révolution française pour désigner des prêtres qui prenaient parti aux côtés des couches les plus pauvres de la société. Dans la France de la fin du 18e siècle, les curés, ces moellons d'un des piliers de l'édifice féodal, adoptèrent des positions très variées. Maurice Dommanget s'intéresse ici à deux d'entre eux qui, dans les intenses luttes de classes de la Révolution, se sont placés dans le camp des opprimés et des affamés. Pierre Dolivier, curé d'un village de la région d'Etampes, prend part aux débats sur l'organisation politique et le régime de la propriété. Dans l'un de ses textes les plus importants, l'Essai sur la justice primitive (1793), il y défend les principes de la propriété communale des terres et de leur attribution égalitaire entre les paysans, à une époque où une telle attaque contre la propriété privée pouvait être punie de mort. C'est à Paris qu'un autre curé, Jacques Roux, membre d'une des sections de citoyens les plus importantes par le nombre, mènera en 1792 et 1793 l'action contre la hausse des prix des subsistances et ceux qui en profitent. A la Commune, lors des débats sur la nouvelle constitution, il cherchera à y faire inclure des restrictions à la liberté du commerce lorsque celle-ci aboutit au monopole et à la spéculation sur les produits de première nécessité. Robespierre qualifia d' "incendiaire" le fond de la pétition qu'il présenta à la Convention, et assimila son auteur aux étrangers ennemis de la Révolution. Jacques Roux n'en persista pas moins dans ses attaques, et, durant l'été, dénonça l'action néfaste des administrations marchandes, ces services qui avaient pour tâche d'acheter le blé et de le vendre aux boulangers. On l'arrêta en septembre 1793 et il se suicida en janvier 1794.