Le centenaire Emmanuel Levinas (2006) a été loccasion de traverser de manière quasi systématique une uvre devenue désormais fondamentale, tant pour lhistoire de la philosophie que pour la place névralgique quelle occupe dans les débats qui agitent aujourdhui la communauté intellectuelle internationale. Levinas se situe au carrefour des pensées les plus influentes de ce siècle. Il aura été le philosophe qui questionne autant la dimension dexistence que linsistance heideggérienne sur le caractère verbal de lêtre. Il aura été également le philosophe le plus critique envers la monologie de la souveraineté de la raison, à laquelle il oppose la promesse dune altérité radicale. En ce sens, il gardera toujours lhorizon herméneutique du Dasein comme moment critique sur lequel il déploie le «souci» du rapport de lhomme avec le dehors. Cette structure du lun pour lautre est si puissante, si primordiale, quelle est toujours ce qui articule chez Levinas ses écrits phénoménologiques, comme ses écrits talmudiques ou encore ses écrits qui savancent vers la littérature pour y puiser ce quil appelle lui-même des expériences «pré-philosophiques». Cependant, la question de lart, ce que nous appelons ici le «souci de lart» afin de tenir en éveil la critique heideggérienne, tout en montrant limmense lecture et interprétation que Levinas en a fait na pas fait jusquici lobjet détudes et de réflexions approfondies. Ce volume collectif reprend pour la plupart les textes prononcés lors du colloque «Levinas et la question de lart» en inscrivant la dimension esthétique dans une perspective philosophique qui permet précisément de montrer comment et pourquoi, contrairement à lidée la plus répandue, Levinas nest pas resté sourd à la création artistique, mais quil a, avec une impitoyable minutie, attiré lattention sur le risque éthique à souvrir à ce qui favorise le repli ontologique et ferme le langage par une trop grande emprise de la représentation. Les quelques textes sur lart que Levinas a rédigé, notamment «La réalité et son ombre», ainsi que les références poétiques, picturales et musicales dans Autrement quêtre fondent une véritable pensée de lesthétique quil nous paraît nécessaire aujourdhui de méditer, de commenter et de transmettre.
Date de parution
03/09/2012
Poids
442g
Largeur
151mm
Plus d'informations
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EAN
9782845780897
Titre
LE SOUCI DE L'ART CHEZ EMMANUEL LEVINAS
Auteur
COLLECTIF
Editeur
MANUCIUS
Largeur
151
Poids
442
Date de parution
20120903
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En 1883, Kropotkine est condamné à 5 ans de prison pour activisme politique. Durant sa captivité, Elisée Reclus réunit ses textes parus dans Le Révolté et les édite sous le titre Paroles d'un révolté. L'ouvrage réunit ici les chapitres II, III et IV, intitulés : La décomposition des états, La nécessité de la Révolution et La prochaine Révolution. La décomposition des états est un texte saisissant par son actualité. Les questions soulevées par le rôle de l'état rappellent étrangement la crise actuelle et les revendications des "Gilets jaunes", ainsi est pointé du doigt, l'état emprunteur, mauvais gestionnaire, obèse ou encore inéficient. Ecrit il y a quelque 140 ans, ce texte à vocation révolutionnaire donne matière à réflexion sur la stabilité étonnante du Système dans ses pratiques !
Publié originairement dans la Revue des Deux Mondes au mois de mai 1837 puis intégré dans sa monumentale Histoire de France, l'article consacré aux Templiers de Jules Michelet explore l'ascension et la chute de cet ordre religieux et militaire médiéval, en se concentrant sur sa destruction spectaculaire sous le règne de Philippe IV le Bel et du pape Clément V au début du XIVe siècle. L'ordre puissant et énigmatique des Templiers fut fondé en 1129 pour protéger les pèlerins en Terre sainte pendant les croisades. Il connut une expansion remarquable par le biais de commanderies à travers l'Europe tout en jouant un rôle important de financier auprès des rois et de la noblesse. Selon Michelet, la chute des Templiers fut orchestrée par une combinaison d'avidité royale, de rivalité ecclésiastique et de bouleversements politiques après la perte de la Terre sainte en 1291. Accablé de dettes et jaloux de la richesse de l'ordre, Philippe le Bel poursuivit les Templiers pour hérésie, idolâtrie et pratiques immorales ; accusations que Michelet juge largement fabriquées pour justifier l'arrestation massive de chevaliers du Temple le 13 octobre 1307 dans tout le royaume. Le procès qui suivit suscita à l'époque de vives controverses, principalement en raison d'aveux extorqués sous la menace et la torture. L'exécution de leur grand maître, Jacques de Molay brûlé vif en 1314, marqua leur fin tragique.
Recueil de courts textes réunis par son mari Maurice Goudeket, le Journal intermittent de Colette est initialement publié en 1949 par les éditions Le Fleuron dans une version destinée au marché de la bibliophilie (tirage limité à 480 exemplaires sur vélin d'Arches) et c'est sans doute la raison pour laquelle cette oeuvre est restée relativement peu connue du grand public. Contrairement à d'autres écrits de Colette, souvent marqués par une unité thématique ou stylistique, le Journal intermittent se caractérise par sa diversité, regroupant des chroniques, contes et récits de voyage, pour la plupart inédits. Couvrant une période allant de 1915 à 1941, Colette y évoque des artistes comme Proust, Ray Ventura ou encore Mireille, des personnages de fait-divers comme Violette Nozière, la vie quotidienne, mais également des réflexions sur la nature et les sentiments amoureux. Oeuvre restée jusqu'ici assez confidentielle, le Journal intermittent est un témoignage précieux de la maturité littéraire de son auteur où l'on retrouve son regard attentif et sensible, mêlant nostalgie, mélancolie et célébration de la vie malgré tout.
Marat vécut aisé, au jour le jour toutefois, au hasard d'une vie errante. Sa toilette bizarre exprimait son excentricité? ; sale habituellement, il avait parfois des recherches subites, un luxe partiel et des velléités galantes ? : un gilet de satin blanc, par exemple, avec un collet gras et une chemise sale. Il vit toujours le monde (...) de sa cave par un soupirail, livide et sombre, comme ces murs humides, comme sa face, à lui, qui semblait en prendre les teintes. Dans son projet de Constitution, Marat dit en propres termes, en parlant des droits de l'homme ? : "? Quand un homme manque de tout, il a le droit d'arracher à un autre le superflu dont il regorge ? ; que dis-je ?? Il a le droit de lui arracher le nécessaire, et, plutôt que de périr de faim, il a le droit de l'égorger et de dévorer sa chair palpitante. ? " Dans son livre sur l'Homme, publié en 1775, il avait déjà dit ? : "? La pitié est un sentiment factice, acquis dans la société... N'entretenez jamais l'homme d'idées de bonté, de douceur, de bienfaisance, et il méconnaîtra toute sa vie jusqu'au nom de pitié... ? " L'Histoire de la Révolution française (parue en sept volumes de 1847 à 1853) de Michelet, s'étend d'avril 1789 (réunion des Etats Généraux), à juillet 1794 (mort de Robespierre). Sont ici publiés les chapitres huit et neuf du livre IV, intitulés Le premier pas de la terreur.