Le présent ouvrage rassemble les actes du colloque organisé dans le cadre du 7e Festival Massenet de L'Esplanade Opéra Théâtre de Saint-Etienne, autour des représentations de Sapho de Massenet. Créé en 1897, cet opéra s'inscrit dans la mouvance artistique qui, à partir de la fin des années 1880, réunit sous diverses étiquettes de jeunes compositeurs - Bruneau, Charpentier, Mascagni, Leoncavallo, Puccini... - inspirés par le naturalisme de Zola ou le vérisme de Verga. Les ouvrages de Bruneau ou de Charpentier sont pourtant désormais à peu près oubliés des théâtres contrairement à ceux des compositeurs italiens - ou d'autres pays - qui se sont maintenus au répertoire. Car il faut comprendre que c'est l'Europe entière qui était soumise à la question que le naturalisme osait adresser à l'esthétique romantique. En effet, que Strauss, que Mahler, que Janacek se soient intéressés avec succès à cette revendication du réel et d'une nouvelle vérité dramatique n'est pas sans dessiner une étonnante ligne conductrice dont les multiples ramifications illustrent la complexité de la création artistique à la fin du XIXe siècle. Les vingt communications cherchent ainsi à observer comment la circulation et la transformation de l'idée du naturalisme ont pu s'opérer musicalement de la France vers l'étranger mais aussi de l'étranger vers la France. Comment Paris a pu être un modèle, un sujet d'inspiration, mais aussi le lieu de mises en scène comprises et réellement significatives. Comment enfin, dans le parti pris de vérité, les interprètes ont eu part à la transmission de ces nouveaux rythmes, de ces intonations plus fortes, de cette exaltation autre de la féminité, de la société.
Les actes du colloque "Le livret d'opéra au temps de Massenet", qui s'est tenu lors du VIe Festival Massenet en novembre 2001 à L'Esplanade Saint-Étienne-Opéra, rassemblent les réflexions de treize chercheurs s'interrogeant sur les conditions d'existence et de transformation du livret d'opéra au temps de Massenet. Depuis Berlioz, qui réfléchit à la pertinence de l'image de l'antiquité virgilienne, revisitée par la poésie de Shakespeare, et s'improvise librettiste de ses Troyens, jusqu'au devenir de Salomé, pièce française d'Oscar Wilde choisie par Strauss comme livret d'un drame musical (Musikdrama), cinquante années de productions dramaturgiques sont abordées dans le foisonnement de leurs diverses directions, de leurs cohérences et de leurs disparités et ramènent le propos soit à Massenet soit à d'autres compositeurs comme Ernest Chausson ou Reynaldo Hahn. Car si l'auteur de Werther perpétue certaines traditions de l'opéra français tout en contribuant à le transformer, la production lyrique française de cette époque témoigne, d'une façon plus générale, d'un éclatement des formes et des sujets, marqué entre autres par l'avènement presque conjoint du Naturalisme et du Symbolisme sur la scène de l'opéra où continuent d'évoluer drames exotiques, mythologiques ou historiques. L'attitude des musicologues penchés sur les archives des compositeurs ou sur l'histoire des genres musicaux, des institutions musicales et de leurs avatars, des réactions de la presse puis le regard des spécialistes des études littéraires, surtout attentifs au tracé d'une volonté discursive poétique ou épique comme à la vigueur versifiée ou en prose du verbe se croisent donc ici et se renvoient des analyses plaçant tour à tour la musique comme prioritaire dans le rendu expressif, puis le livret comme vecteur d'une rivalité avec la musique.
Branger Jean-Christophe ; Ramaut Alban ; Bartoli J
Le présent ouvrage rassemble les actes du colloque organisé dans le cadre du 8e Festival Massenet de l'Opéra Théâtre de Saint-Etienne, autour des représentations du Jongleur de Notre-Dame de Massenet. L'opéra - genre, par excellence profane -, a manifesté, sous la très officiellement laïque IIIe République, un commerce singulier avec les sujets inspirés de la religion catholique. Etait-ce, outre une évidente question politique, l'attrait du fruit défendu, ou l'affirmation d'une appartenance imprescriptible qui multiplia les ?uvres en ce domaine? Etait-ce le témoignage d'une forme complexe d'indifférence à la foi et la libération paradoxale d'un sensualisme insistant qui établit le christianisme en mythologie païenne? Le Jongleur de Notre-Darne, Thaïs, Le Roi d'Ys, Hérodiade, Samson et Dalila, Le Rêve, Lazare, Fervaal, La Légende de Saint-Christophe, Le Martyre de Saint-Sébastien croisent ainsi la pensée d'Ernest Renan, celle du dernier Zola mais aussi le pinceau de Gustave Moreau, voire la planche de l'architecte Pierre Bossand, offrant autant de réponses éclairantes. Si l'étude, jamais entreprise jusqu'alors, de cette question fait apparaître comment l'opéra représenta par excellence la division de la France dans le domaine de la spiritualité, des arts et des m'urs, elle révèle aussi l'avènement d'une identité nouvelle de l'homme. Car celui qui veut se dégager de l'emprise de la religion en la mettant en scène, reçoit peut-être en guise d'ultime révélation, la certitude promise à un avenir esthétique musical certain, et déjà affirmée par Kierkegaard avant 1850, selon laquelle le christianisme aurait inventé l'érotisme.
Le présent ouvrage constitue les actes d'un colloque international qui s'est tenu les 9 et 10 novembre 2007 dans le cadre du IXe Festival Massenet organisé par l'Opéra Théâtre de Saint-Etienne, dont l'?uvre maîtresse était Ariane (1906) de Massenet. Composé sur un livret de Catulle Mendès, d'après le mythe antique, cet opéra inaugure en fait une série d'ouvrages du compositeur fondés sur un sujet antique - Bacchus (1909), Roma (1912) et Cléopâtre (posthume, 1914) - qui, s'ils ne font pas partie de ses opéras les plus connus, n'en constituent pas pour autant des exemples isolés: après avoir été délaissée, l'Antiquité classique, liée depuis toujours à l'opéra, connaît à partir de la fin du XIXe siècle un regain de faveur auprès des compositeurs d'opéra français. De la Sapho (1851) de Gounod à l'?dipe (1936) d'Enesco, en passant par Phryné (1893) de Saint-Saëns, Aphrodite (1906) d'Erlanger et Louis ou Quo Vadis! (1909) de Nouguès et Sienkiewicz, nombre d'?uvres, connues ou méconnues, ont puisé leur thème et parfois leur inspiration musicale dans la Grèce ou la Rome antiques, jusqu'à la parodie avec Offenbach. Les quatorze chapitres de ce volume proposent une réflexion sur les divers aspects et fondements de cette redécouverte qui a peu retenu l'attention des chercheurs.
A la suite de la réforme de Benoît d'Aniane (816), le clergé était régulièrement partagé en trois groupes : les moines, les chanoines et les religieuses. Pour les hommes il y avait ceux qui se coupaient du monde, les moines, et ceux qui y demeuraient, les clercs et les chanoines; les premiers pouvaient rester laïcs, les seconds recevaient les ordres de la cléricature, notamment le diaconat puis la prêtrise. Toutefois le partage n'était pas entièrement satisfaisant, car certains chanoines voulaient eux aussi mener une vie placée sous le signe d'une règle, comme les moines, et suivre le régime des Apôtres, marqué par une vie commune et l'absence de propriété personnelle. Au début du XIe siècle, à l'instigation de la communauté religieuse de Saint-Ruf, près d'Avignon, un mouvement se développa dans cette direction et, en 1092, le pape Urbain II en vint à soutenir les chanoines qui adoptaient une règle nouvelle, dite de saint Augustin, distincte de celle de saint Benoît de Nursie. Ainsi se trouvait créée une catégorie de religieux intermédiaire entre les moines et les chanoines. Le sixième colloque international du CERCOR, dont les actes sont publiés ici, leur a été entièrement consacré. Il comprend deux groupes de communications : le premier s'attache à la définition des chanoines réguliers face aux moines et aux chanoines séculiers et à l'étude de leur spécificité en matière de liturgie, d'enseignement, d'accueil des pauvres et des femmes, d'ouverture aux laïcs ; le second examine l'expansion des chanoines réguliers dans certains pays (France, Empire, Italie, Espagne, Grande-Bretagne).