Le présent volume fait suite au colloque international qui s'est tenu à Grenoble du 19 au 21 mars 2009 à l'occasion du tricentenaire de la naissance de Jacques Vaucanson (Grenoble, 1709 - Paris, 1782). Bien qu'ils aient disparu dès le XIXe siècle, "les automates de Vaucanson", passés pour ainsi dire en proverbe, tendent à s'imposer comme un modèle du genre. Car ils illustrent exemplairement la complexité d'un objet qui tient concurremment de la science et du spectacle. Nous savons en effet que, conçues comme des "anatomies mouvantes", ces créatures artificielles n'ont pas tant vocation à produire l'illusion du vivant, qu'à en reproduire, aussi exactement que possible, le fonctionnement et les : fonctions. Mais s'il n'y a pas lieu de mettre en doute sa volonté de faire oeuvre de savant, Vaucanson n'en est pas moins, nous le savons aussi, un remarquable montreur, il sait l'art d'exhiber ses mécaniques enchantées à la manière d'un bateleur. Il n'est pas aisé, aussi bien, de démêler ce que ses automates doivent à la machine, à la merveille, à l'ambition scientifique qu'ils revendiquent, à la rêverie prométhéenne qui les habite...: parce qu'interfèrent en eux des problématiques et des catégories qui ressortissent à des savoirs distincts (et, le plus souvent, distants), ils illustrent avec une acuité toute particulière la propension très générale de l'automate à brouiller les partages qui nous sont familiers. Tel est l'horizon des travaux rassemblés dans ce livre : en se proposant de décrire les multiples fonctions que ces étranges machines sont susceptibles de remplir - séparément, successivement ou simultanément -, on ne vise pas tant à faire l'anatomie de l'automate qu'à mettre en évidence, au bout du compte, l'interpénétration des discours (scientifique, technologique, esthétique...) auquel il donne prise et, partant, la porosité des frontières qui structurent aujourd'hui le champ de ces discours.
Nombre de pages
505
Date de parution
07/02/2013
Poids
918g
Largeur
160mm
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EAN
9782867816505
Titre
L'Automate. Modèle Métaphore Machine Merveille
Auteur
Gaillard Aurélia ; Goffi Jean-Yves ; Roukhomovsky
Editeur
PU BORDEAUX
Largeur
160
Poids
918
Date de parution
20130207
Nombre de pages
505,00 €
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Fables, mythes, contes : l'âge classique les comprenait tous sous le même mot de Fable ; et celle-ci sous Louis XIV est partout : sa mise en scène spectaculaire investit les palais et demeures, les jardins, les tréteaux mais aussi les livres, d'images le plus souvent. A l'articulation du visible et du lisible, elle se donne à lire et à voir, à déchiffrer. Mais elle est également partout contestée : remise en question dans la Querelle des Anciens et des Modernes, elle devient, selon Fontenelle, l'"histoire des erreurs de l'esprit humain", son statut se modifie et, avec lui, le rapport qu'elle entretenait entre vérité et mensonge et d'une façon plus générale les critères de vérité et de fausseté. C'est alors que les catégories du mythe (la Grande Fable), de l'apologue et du conte commencent à se spécifier. Cet ouvrage est donc d'abord l'histoire d'une idée changeante, celle du fabuleux au tournant des XVIIe et XVIIIe siècles. Mais c'est aussi et surtout une enquête sur la permanence d'un attrait, ce plaisir obscur qu'on tire d'un dévoilement jamais porté à son terme : mensonge qui dit la vérité, la fable révèle et dissimule tout à la fois, dévoile pour mieux voiler. En quoi réside donc ce pouvoir ou plutôt ce plaisir des fables ? C'est sans doute dans la temporalité très particulière du fabuleux que se trouvent des éléments de réponse. Le voile de la fable : c'est peut-être simplement cette expression qu'explore, sous tous ses aspects et avec toutes ses implications, historiques ou théoriques, cet ouvrage.
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Cet ouvrage décrit et analyse les différents emplois de nom mono (chose, objet) en japonais contemporain. Comme le mot français chose, ce terme d'usage très courant a la particularité de ne pas avoir de signifié en propre mais de pouvoir tout aussi bien désigner un objet concret qu'un concept abstrait ou encore une classe d'individus partageant les mêmes traits. Il est aussi fréquemment employé à des fins fonctionnelles, voire purement énonciatives. A travers des observations en discours, cet ouvrage précise les contours de ces deux emplois référentiel et fonctionnel et explore la contribution sémantique de mono à la réalisation de tournures expressives plus ou moins figées.
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