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EMMANUEL LEVINAS N 991 992 NOV DEC 2011
COLLECTIF
REVUE EUROPE
20,00 €
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EAN :9782351500446
Né en Lituanie, Emmanuel Levinas (1906-1995) est l'un des penseurs les plus influents de notre temps. Après ses études à Strasbourg, où il fut le condisciple de Maurice Blanchot, il suivit en 1927-1928 les cours de Husserl et de Heidegger à Fribourg. Si Levinas s'inscrit dans le sillage de la phénoménologie husserlienne, son chemin de pensée n'est pas celui d'us épigone, mais ouvre au contraire des horizons nouveaux en articulant le concret phénoménologique de la vie et la rigueur éthique de l'altérité. En se montrant soucieux de " rechercher l'intrigue humaine ou interhumaine comme le tissu de l'intelligibilité ultime ", Levinas a rompu sans retour avec les visées omni-compréhensives " d'une philosophie de l'unité et de la totalité de l'Etre appelé Esprit ", c'est-à-dire avec le système clos de la Totalité où tout rapport est saisi en termes de savoir ou de pouvoir En rupture avec la tradition venue de l'idéalisme, Levinas participe de ce que Franz Rosenzweig appelait la " nouvelle pensée " : pensée nouvelle en ce qu'elle fait droit à ce que la pensée traditionnelle tenait à l'extérieur d'elle-même. Et là où la tradition philosophique tendait à réduire l'autre au même, nous voyons l'écriture de Levinas travailler à ouvrir des brèches dans le corps de la totalité telles que le philosophe, surmontant son allergie à l'autre, puisse, à l'inverse de la tradition, l'accueillir, le laisser rugir: Des percées d'extériorité... Là où la tradition déduisait l'éthique de la connaissance ou de la Raison, on rencontre chez Levinas une conception renouvelée, voire révolutionnaire de l'éthique. Loin de prendre son origine dans un universel, dans la compréhension ou la connaissance, l'éthique apparaît dans la relation spécifique où le Je rencontre le Tu. Cela dit, lire Levinas aujourd 'hui nous engage à résister à la banalisation et à l'idéologisation de sa pensée qui conduit à voir en lui le penseur du " tout éthique ". Derrière cette thèse qui relève d 'une simplification outrancière, il s'en cache une autre selon laquelle la sortie du totalitarisme devrait entraîner aussitôt une dépréciation de la politique, comme si le totalitarisme consistait en un excès, une excroissance de la politique et non en sa destruction systématique. Or Levinas, loin d'avoir recours à l'éthique pour déprécier la politique, invente plutôt entre les deux sphères tore articulation originale qui vise à rendre à la politique sa consistance et sa dignité, à renouveler en quelque sorte la question politique.
Date de parution
04/11/2011
Poids
479g
Largeur
134mm
Plus d'informations
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EAN
9782351500446
Titre
EMMANUEL LEVINAS N 991 992 NOV DEC 2011
Auteur
COLLECTIF
Editeur
REVUE EUROPE
Largeur
134
Poids
479
Date de parution
20111104
Nombre de pages
0,00 €
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Plus de soixante-dix ans après la mort de Colette (1873-1954), alors que son oeuvre fait son entrée dans le domaine public, le moment est venu de reconsidérer la place singulière qu'elle occupe dans notre histoire littéraire et culturelle. Il se pourrait que Colette nous parle aujourd'hui plus que jamais. Eprise de liberté, c'est de haute lutte qu'elle acquit son indépendance. Cette liberté de penser, d'agir, de sentir permit à Colette d'offrir à notre littérature de nouveaux personnages de femmes et d'aborder en pionnière des thèmes jusqu'alors ignorés des romanciers de son temps. Avec Claudine, première héroïne moderne de notre littérature, elle invente la jeune femme farouche qui donne à toutes les femmes une voix, et aussi un regard singulier. Lire Colette, c'est rebattre les cartes du jeu amoureux, jouer avec les normes, faire éclater les cadres. C'est aussi inquiéter les certitudes dans lesquelles nous baignons. Son oeuvre tire sa sève de son enfance, si proche d'un paradis dont la perte la hanta toute sa vie. Mais sans naïveté et simplement dans la mesure où cette enfance fut un état de communion privilégiée avec la nature environnante. Il faut dire que Sido, sa mère, manifesta et lui enseigna un respect profond du vivant : vigilance, scrupule, responsabilité. Aussi, très tôt, Colette embrassa ce qu'on ne nommait pas encore la cause animale. Le monde de Colette, c'est le nôtre, mais perçu à travers toute la richesse de ses sens. Pour une large part, son génie aura été de transcrire cette expérience sensorielle dans un style unique. L'art de Colette est un art de la synesthésie et de la matérialité, un art de la surprise et de l'émerveillement qui donne chair aux mots. Dans une époque où nos liens avec la nature se sont défaits et où la puissance de mort semble prendre le pas sur la puissance de vie, lire, relire Colette aujourd'hui pourrait bien être un acte salutaire.
A l'évocation du nom de Samuel Beckett (1906-1989), ce sont les silhouettes de deux clochards dépenaillés et magnifiques qui viennent immédiatement à l'esprit. En effet, pour la postérité, Beckett restera avant tout l'auteur d'En attendant Godot. Et plus généralement un auteur dramatique. Il faut dire que la première représentation de cette pièce, en 1953, a été l'occasion d'une des plus grandes déflagrations de l'histoire du théâtre. Beckett s'est imposé très vite comme l'initiateur d'un théâtre d'un type nouveau, dont l'ambition serait désormais de faire voir l'invisible. Il refuse un art qui se contenterait d'être, comme le théâtre traditionnel, représentation. Le théâtre nouveau devient, avec Beckett, un art de la pure présence. A chaque nouvelle pièce, il aura tenté de réaliser toujours mieux cette ambition. On peut trouver étrange, pourtant, de réduire ainsi une oeuvre immense et protéiforme, solitaire s'il en est, bilingue de plus, faite de nouvelles et de romans, de pièces de théâtre d'envergure et de "dramaticules" , de proses au statut parfois incertain et de poèmes sans pareils. Et d'une correspondance immense. C'est oublier, en particulier, que Samuel Beckett a inventé un langage romanesque nouveau où l'humour et la dérision ont leur place en même temps qu'un certain tragique de l'écriture. Et, dans tous les genres qu'il a abordés, se dessine un nouveau rapport aux personnages. Ceux-ci en effet, chez Beckett, soumis à un dépouillement toujours plus grand, sont pris dans des corps vus davantage comme des obstacles que comme des possibilités. Dans cet état de délabrement, ce qui demeure, c'est la parole. Une parole loin de toute forme de communication, mais qui permet bien plutôt à l'être de se manifester. Le présent numéro d'Europe propose des approches nouvelles et originales sur une oeuvre qu'on ne finira jamais, à chaque lecture, de redécouvrir. Une oeuvre en laquelle on a pu voir avant tout "une épopée du langage, une aventure de mots" . Textes de Robin Wilkinson, John Banville, Jean-Michel Rabaté, Thierry Robin, Gabriel Josipovici, Jean-Michel Gouvard, Llewellyn Brown, Stanley E. Gontarski, Matthieu Protin, Barbara Bray, Marek Kedzierski, Mégane Mazé, Maylis Besserie, Denis Lavant, Alice Clabaut, Judy Hegarty Lovett, Hélène Lecossois, Pascale Sardin, Yann Mével.
Rainer Maria Rilke est né en 1875 à Prague, d'une ancienne famille carinthienne dont il était le dernier représentant. Après une enfance triste et inquiète, enfin sorti de l'Ecole des Cadets à laquelle son père, officier, l'avait condamné, c'est une vie de voyages qu'il commence. Découvertes de l'Italie, de la Russie dont il apprend la langue. Stations à Worpswede où vit un groupe de peintres paysagistes et où il rencontre Clara Westhoff Séjours à Meudon où l'attire la protection amicale de Rodin, à Paris où il fait la connaissance de Gide et de Verhaeren dans les Baux où l'enchante le pur paysage provençal. Voyages encore et toujours en Suède, à Rome, à Venise, en Belgique, au Danemark, en Egypte, en Dalmatie, en Espagne enfin - jusqu'à la guerre qui déchire en lui des fibres secrètes et le condamne à des années d'immobilité et de silence... Dans la solitude de la campagne valaisanne, il s'affranchit peu à peu du long cauchemar et remet sur le métier ses plus purs poèmes, les Elégies, conçues et commencées dès 1913 dans le petit château de Duino, où le bruit monotone de l'Adriatique, qui venait en battre les fondations, lui avait prêté ses rythmes les plus amples. Il vient de traduire les poèmes de Paul Valéry et - don aimable et imprévu - d'accorder sa a petite lyre u avec les mots les plus clairs de la langue française, lorsque, à l'âge de cinquante-deux ans, la mort l'enlève à une gloire européenne qu'il ne redoutait même plus, tant il avait fini par en faire peu de cas. Au commencement de Rilke était la poésie, et à sa fin encore, chaque parole qu'il prononçait, en était chargée. Mais entre ces deux poésies se place une vie riche en expériences intimes, en souffrances qui peu à peu épuisèrent une âme et un corps sensibles à l'excès, en lune avec tous les démons du coeur. " Car les vers ne sont pas des sentiments (on les a toujours assez tôt) mais des expériences..."