Les sept nouvelles réunies ici sont l'oeuvre de sept femmes, Indiennes, qui se sont exprimées hors du cadre de la littérature anglophone, trop généralement considérée comme la seule écriture indienne moderne. Elles écrivent en sept langues différentes : bengali, tamoul, marathi, gujarati, hindi, urdu et anglais. Histoires, donc, de destins. Expériences, instants de vie de femmes : Muniyakka, l'étudiante occidentalisée côtoie ici Jashoda, la nourrice ancestrale, Shakun l'artiste, Matilda, femme de pêcheur... Diversité aussi dans les voies qu'emprunte la fiction, de l'introspection à la parabole, du lyrisme au fantastique, pour faire surgir sous nos yeux la mosaïque de la vie indienne d'aujourd'hui. Ces sept visages de l'Inde, citadine, rurale ou provinciale, tentent de transmettre le difficile pari du passage à la modernité dans un pays où règnent encore avec force les traditions des croyances religieuses.
L'intérêt de cet essai sociologique est double. Il réside tout d'abord dans l'analyse de la condition féminine au Japon jusqu'aux années 1980 : l'exposé de la conquête des droits des femmes et l'abondance des statistiques permettent de replacer la question dans son contexte historique et culturel. Les nombreuses comparaisons internationales, tout en rectifiant certaines idées reçues sur « la Japonaise », la font effectivement apparaître comme un « cas particulier » et jettent un éclairage direct sur la société de ce pays parmi les plus modernes du monde, et pourtant encore si profondément ancré dans la tradition.
Dans un abandon touchant, Isabelle Carré livre un premier roman sensible et plein de grâce. Une autobiographie brodée de fiction, raccommodée, par endroit, là où la mémoire fait défaut, l'actrice y raconte l'histoire de sa famille et de son enfance - ou en tout cas l'histoire d'une famille et d'une enfance qui ressemblent étrangement à la sienne. Elle dit la « partie immergée de l'iceberg », cachée derrière son sourire maquillé, ses angoisses et ses blessures, sa famille un peu hors-normes, mais aussi son désir naissant de théâtre et de cinéma ou encore ce que c'est qu'être une enfant puis mère à son tour - et l'amour, bien sûr. Sont confiés ici des rêves délicats, des souvenirs tendres, qui nous emplissent de réconfort. « J'ai l'habitude avec les journalistes d'être toujours associée à deux qualités : discrète et lumineuse ! Durant toutes ces années, comment suis-je passée si facilement entre les mailles du filet ? Évidemment, je ne m'en plains pas, pour rien au monde je ne renoncerais au plaisir d'être si bien cachée derrière mon maquillage et les costumes d'un personnage. Puisque tout est vrai, et que les acteurs « font semblant de faire semblant », comme l'écrit Marivaux. Je m'étonne juste qu'après ces heures d'interviews, tous ces plateaux télé, ces radios, les mêmes mots ressassés à l'infini suffisent... grâce à ce sourire peut-être. Je suis une actrice connue, que personne ne connaît. » I.C.
L'histoire des ateliers d'écriture en France a commencé en 1969 avec l'expérience initiale relatée dans ce livre. De formation littéraire et journalistique, Elisabeth Bing raconte ici l'aventure de cette naissance auprès d'enfants classés comme caractériels. On y lit l'invention d'un métier, au jour le jour, dans l'urgence et la passion. Loin de l'école et de la parole apprise, elle rend leurs propres mots à ces exclus de l'écriture, prenant en compte leurs textes comme des actes réels d'inscription dans le monde. Jusqu'à ce qu'un jour un enfant lui dise: "Mais tu nous fais travailler comme des écrivains!". Toutes les intuitions fondatrices d'une démarche qu'elle a poursuivie et élaborée depuis plus de vingt ans auprès d'adultes se trouvent réunies dans ce livre. La postface de cette troisième édition fait part de la suite du parcours. "Cette invention a décidé de ma vie, et un peu plus tard de celle de quelques personnes que d'abord ce livre a rassemblées autour de moi et que j'ai entraînées dans l'aventure, nous retrouvant à l'avant-garde d'un mouvement de fond qui connaît actuellement un très grand développement."