Simonnet Thomas ; Crignon Claire ; Giocanti Sylvia
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EAN :9782707356499
Si les philosophes ont parfois fait place à l'ivresse, c'était surtout pour la modérer. Derrière la « dive bouteille » chantée par Rabelais, l'ivrognerie menaçait et effrayait le sage qui prônait un boire bien tempéré. Mais ce discours sur les élixirs propres à susciter le génie comme la mélancolie, ne forme pas encore une « philosophe du vin » : il en offre seulement les linéaments. Qu'est-ce que boire ? et spécifiquement du vin ? Des philosophes, aujourd'hui, plaident pour une connaissance claire et distincte de ce que nous buvons et ils nous invitent à chercher comment la vérité passe de la coupe aux lèvres. Car est-ce vraiment dans la coupe qu'elle se cache ? N'est-ce pas plutôt l'acte de boire qui nous éveille à la vérité et fait naître en nous le désir de la découvrir ? De la « dégustation » instruite et maîtrisée à cette soif de vérité impossible à étancher, il n'y a qu'un pas, mais de géant ? Pantagruel ou Gargantua. Et face à la philosophie du vin plaidant pour une tempérance éclairée, la philosophie de l'ivresse n'a peut-être pas dit son dernier mot.
Nombre de pages
239
Date de parution
06/03/2025
Poids
128g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782707356499
Titre
Critique N° 934, mars 2025 : In vino veritas ?
Auteur
Simonnet Thomas ; Crignon Claire ; Giocanti Sylvia
Editeur
MINUIT
Largeur
135
Poids
128
Date de parution
20250306
Nombre de pages
239,00 €
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Et si le meilleur appareil photo, c'était vous ? Quand la technique ne suffit plus, c'est le regard et la langue photographique qui font la différence. La photographie, même silencieuse, parle. C'est un langage à part entière : il s'apprend, se structure, se perfectionne. Mal maîtrisé, il brouille le message. Assimilé, il donne à vos images une voix claire et puissante, il sublime vos idées et vos émotions. Ce livre met en lumière ce qui se joue dans une image et vous aide à en maîtriser les codes. Il vous apprend à « parler photo », à penser vos images comme un récit : choisir le bon ton, construire un vocabulaire visuel, affirmer un style conscient et assumé. Il s'adresse à celles et ceux qui veulent dépasser la simple captation du réel, pour créer des images qui vont au-delà de ce qu'elles montrent. Des images qui témoignent du monde, vous racontent vous et continueront de parler bien après vous.
La vie sociale est un théâtre, mais un théâtre particulièrement dangereux. A ne pas marquer la déférence qu'exige son rôle, à se tenir mal, à trop se détacher des autres comédiens, l'acteur, ici, court de grands risques. Celui, d'abord, de perdre la face ; et peut-être même la liberté : les hôpitaux psychiatriques sont là pour accueillir ceux qui s'écartent du texte. Il arrive ainsi que la pièce prenne l'allure d'un drame plein de fatalité et d'action, où l'acteur-acrobate - sportif, flambeur ou criminel - se doit et nous doit de travailler sans filet. Et les spectateurs d'applaudir, puis de retourner à leurs comédies quotidiennes, satisfaits d'avoir vu incarnée un instant, resplendissant dans sa rareté, la morale toujours sauve qui les soutient.
Dans Fin de partie il y a déjà cette notion d'immobilité, cette notion d'enfouissement. Le personnage principal est dans un fauteuil, il est infirme et aveugle, et tous les mouvements qu'il peut faire c'est sur son fauteuil roulant, poussé par un domestique, peut-être un fils adoptif, qui est lui-même assez malade, mal en point, qui marche difficilement. Et ce vieillard a ses parents encore, qui sont dans des poubelles, son père et sa mère qu'on voit de temps en temps apparaître et qui ont un très charmant dialogue d'amour. Nous voyons deux êtres qui se déchirent, qui jouent une partie comme une partie d'échecs et ils marquent des points, l'un après l'autre, mais celui qui peut bouger a peut-être une plus grande chance de s'en tirer, seulement ils sont liés, organiquement, par une espèce de tendresse qui s'exprime avec beaucoup de haine, de sarcasme, et par tout un jeu. Par conséquent, il y a dans cette pièce - qui est à un niveau théâtral absolument direct, où il n'y a pas d'immense symbole à cher-cher, où le style est d'une absolue simplicité -, il y a cette espèce de jeu qu'ils se font l'un à l'autre, et qui se termine aussi d'une façon ambiguë parce que le suspense dérisoire de la pièce, s'il y a suspense, c'est ce fils Clov, partira-t-il ou non? Et on ne le sait pas jusqu'à la fin. Je dois dire aussi que c'est une pièce comique. Les exégètes de Beckett parlent d'un "message", d'une espèce de chose comme ça. Ils oublient de dire le principal, c'est que c'est une chose qui est une découverte du langage, de faire exploser un langage très quotidien. Il n'y a pas de littérature plaquée, absolument pas. Faire exploser un langage quotidien où chaque chose est à la fois comique et tragique.