Si vous voulez tout savoir sur Andy Warhol, vous n'avez qu'à regarder la surface de mes peintures, de mes films et de moi-même : me voici. Il n'y a rien d'autre derrière." A en croire l'artiste, sa biographie exhaustive aurait pu tenir dans les quelques lignes de cette quatrième de couverture... Mais ce serait se laisser duper par le masque de Pygmalion branché derrière lequel il s'employa toute sa vie à s'effacer, jusqu'à finir par se confondre avec sa légende. Car malgré une existence passée sous les feux des projecteurs, ce maître du paradoxe fut aussi un homme timide, secret, dont la disparition laisse, trente ans plus tard, bien des zones d'ombre : génie ou imposteur Artiste visionnaire ou publicitaire virtuose ? Champion de la contre-culture ou fossoyeur de ses espoirs émancipateurs ? Gourou à la tête d'une cour d'adeptes ou simple opportuniste qui sut s'entourer ? Ami, confident et proche collaborateur de l'artiste avec qui il dirigea, de 1971 à 1983, le magazine Interview, Bob Colacello est l'un des rares à avoir fait partie du cercle très fermé de ses intimes, et à détenir les clés de l'énigme. Dans Holy Terror, il nous fait ainsi découvrir l'envers du décor de son atelier mythique, la Factory, les relations de pouvoir complexes qui se jouaient dans l'entourage de l'artiste, les secrets du peintre au travail, et nous emmène avec lui dans un tourbillon de soirées sélectes et de vernissages d'avant-garde au casting idéal : Mick et Bianca Jagger, Elizabeth Taylor, Paulette Goddard, Liza Minnelli et tant d'autres... Bob Colacello signe aussi bien un livre de référence sur la vie et l'oeuvre de Warhol qu'une plongée captivante dans l'underground new-yorkais des années 1970-1980 sur lequel il régnait.
Angelier François ; Bier Christophe ; Chemla Nicol
Mars 1926. Au coeur de l'insouciance des Années folles, un livre fait l'effet d'une déflagration. Son titre : Sous le soleil de Satan. Son auteur : Georges Bernanos. Le jeune écrivain ose réveiller une figure oubliée, endormie depuis des décennies : le Diable. Non un diable d'opérette, mais un démon de chair, violent et dévastateur. Un siècle plus tard, alors que Satan a fait siens les univers du cinéma, de la bande dessinée et de la musique, on peut s'interroger : qu'est devenue, en littérature, la figure du Diable ? Pour répondre à cette question, neuf écrivains contemporains ont imaginé le grand retour du Malin, le faisant surgir là où on l'attend le moins : dans une boutique de chaussures pour femmes, sur les plages de Flandre ou sous les projecteurs de la jet-set de Los Angeles... Tour à tour créature maléfique, homme charismatique et femme enchanteresse, le Démon adopte mille visages pour séduire et tromper sa proie, usant de tous les artifices pour parvenir à ses fins. Cent ans après Sous le soleil de Satan, le Diable continue de hanter les imaginaires : ces nouvelles infernales où l'horreur le dispute à l'humour et à l'érotisme en sont la preuve irrésistible.
Résumé : C'est un nom qui est devenu un symbole. Celui de la vitesse, de l'élégance, de la tragédie également. Le jeune Enzo Ferrari se rêvait chanteur d'opéra mais il n'avait, selon ses dires, "ni voix, ni oreille". Alors il s'est tourné vers l'automobile : il a commencé par démonter des camionnettes dans un minuscule garage de Turin et fini par régner sur un empire international. Alors que le réalisateur Michael Mann dessine, dans son premier film, un portrait fascinant mais parcellaire de la légende Ferrari, rien ne vaut la parole du Commandatore en personne pour mieux saisir son mystère et son talent. A travers cette autobiographie, le mythe laisse place à l'homme qui se livre avec une franchise à la fois étonnante et touchante. Il revient sur ses réussites, mais aussi sur ses échecs et sur les drames qui ont jalonné son existence, comme la mort de son fils Dino à l'âge de 24 ans. Ce livre fait le récit d'une vie hors normes, menée par le goût de la beauté, de la vitesse et de l'exigence. Enzo Ferrari était unique. Ses Mémoires en témoignent.
Se souvient-on encore des "aquanmsicals", ces films où la comédie musicale rencontre la natation ? Dans les années 1940, pourtant, toute l'Amérique se presse au cinéma pour admirer les numéros de danse aquatique et les cascades de la reine incontestée du genre : Esther Williams. L'actrice fut toutefois bien plus qu'une sirène en Technicolor : d'abord nageuse de haut niveau, recordwoman du 100 mètres, c'est presque par hasard qu'elle devient, à vingt ans, l'égérie de la toute-puissante Metro-Goldwyn-Mayer. Propulsée au coeur de la machine hollywoodienne, elle s'attache dès lors à satisfaire aux exigences de la célébrité et découvre la vie de star. Mais derrière les paillettes, c'est une réalité plus sombre qui se dévoile : victime d'un viol à l'adolescence, elle doit désormais faire face à l'insistance des producteurs, tenir tète aux réalisateurs et repousser les assauts de ses collègues masculins. Dans ses captivants Mémoires, traduits pour la première fois, Esther Williams retrace son parcours extraordinaire et décrit sans concession l'envers du décor, brossant au passage les portraits d'une galerie de personnages hauts en couleur : Cary Grant, Clark Gable, Lana Turner, Gene Kelly, Johnny Weissmuller, Frank Sinatra, Joan Crawford...
Héritière d'une richissime famille juive américaine, Peggy Guggenheim (1898-1979) a rassemblé une des plus belles collections au monde d'art moderne. Excentrique, anticonformiste, libertine, Peggy Guggenheim éprouve un goût effréné pour l'art et les artistes. Après-guerre, sur les conseils d'André Breton, elle expose à Londres Kandinsky, Calder ou Brancusi. Venue à Paris, elle achète un tableau par jour, aide Giacometti et Picasso, puis elle part à New York où elle épouse Max Ernst. En 1942, sa galerie Art of this Century révèle au public les surréalistes européens et la jeune avant-garde américaine ? Jackson Pollock, Mark Rothko. En 1949, installée à Venise, au bord du Grand Canal, dans un palais du XVIIIe siècle, elle expose une somptueuse collection que le monde entier admire encore aujourd'hui.
Mêlant récit romanesque et enquête historique, chaque auteur raconte l'histoire d'un tableau célèbre : Bal du moulin de la Galette. Paris, un dimanche de fin de printemps 1876. Auguste Renoir plante son chevalet au moulin de la Galette pour immortaliser l'ambiance insouciante de cette guinguette sur la butte de Montmartre. La bohème parisienne se retrouve pour danser, manger et boire en toute insouciance. Amis du peintre, modèles, artistes et habitués du lieu poseront pour lui sur plusieurs semaines. Cette oeuvre présentée pour la première fois lors de la troisième exposition impressionniste en avril 1877 sera incomprise et parfois moquée par une presse hostile à cette peinture d'un genre nouveau. Pourtant, Georges Rivière, critique d'art, écrira à son sujet : "C'est un véritable témoignage historique, un précieux monument représentant la vie parisienne avec une rigoureuse exactitude." A travers celles et ceux qui ont côtoyé l'artiste, le roman raconte l'histoire de cette oeuvre et de Renoir, peintre de la figure humaine et du bonheur de vivre, qui réussit avec sa palette de couleurs un jeu de lumière et d'ombres remarquable. Une représentation poétique du plaisir d'être ensemble, figé pour l'éternité dans ce tableau iconique, chef-d'oeuvre des débuts de l'impressionnisme.
En 1985, Marc Chagall, le dernier patriarche de la Côte d'Azur après Matisse et Picasso, s'éteignait à Saint-Paul-de-Vence dans sa quatre-vingt-dix-huitième année. L'Ecole de Paris peut s'enorgueillir d'avoir permis à nombre d'artistes étrangers de s'épanouir en son sein : Chagall en est l'un des pionniers les plus singuliers. "Ivre d'images", disait Malraux, qui lui avait commandé le plafond de l'Opéra de Paris. Celui qui a peint l'univers du "shtetl" juif à Vitebsk, mais aussi ses rêves, ses amours, le monde du cirque, et le message universel de la Bible, demeure aujourd'hui le conteur merveilleux d'une poétique universelle et intemporelle, fondée sur l'image canonique de Dieu et des hommes. Daniel Marchesseau retrace les itinéraires de ce Russe, déraciné à deux reprises, monté aujourd'hui au firmament, dans ces cieux qu'il a, durant sa longue vie, su peindre et enluminer.