Un soir glacial de 1974, derrière un pilier de Notre-Dame, la voix du Seigneur (impénétrable, comme on le sait) ordonne à Jean-Pierre d'écrire de grands romans chrétiens et à un certain François Mauriac de fonder le plus beau journal de bande dessinée de tous les temps. Pour le bonheur des générations futures, les deux hommes échangent leurs missions? La suite, c'est une décennie d'épopée éditoriale et un demi-siècle de culture pop (des pulps aux punks) racontés par un artiste qui dévore son sujet et le restitue dans cet alliage néomoderne entre Ligne Claire et Style Atome, qui fit sa gloire dans les pages du mythique Métal Hurlant - dont il fut le Mozart. Serge Clerc est de retour après une longue période de silence et de maturation, avec un sujet fantastique qu'il aborde comme s'il l'avait vécu, ce qui est le cas, puisqu'il s'agit de sa vie. Graphiquement, narrativement, celui qu'on nommait le dessinateur-espion, le créateur de La Légende du Rock & Roll, de La Nuit du Mocambo et de Meurtre dans le phare, qui donna ses lettres d'élégance à la BD rock, est dans une forme éblouissante. En 230 pages sidérantes, il fait revivre une époque qui fut le levain de la nôtre, marquée par le génie ombrageux des Moebius, Swarte, Chaland, Clash, Sex Pistols et J.-P. Manchette, que l'on retrouve dans cet ouvrage majeur, aussi frais, dispos et vivants que si on les avait quittés hier au bar du Rose Bonbon.
Nombre de pages
225
Date de parution
10/01/2008
Poids
835g
Largeur
195mm
Plus d'informations
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EAN
9782207255131
Titre
Le Journal
Auteur
Clerc Serge
Editeur
DENOEL
Largeur
195
Poids
835
Date de parution
20080110
Nombre de pages
225,00 €
Disponibilité
Epuisé
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En 1987, Métal Hurlant cesse une première fois sa parution. En 1988, Serge Clerc publie un dernier album avant une longue décennie de silence. Où donc est passé le ?dessinateur espion?, celui à la cinglante ligne claire toute dévouée à une attitude rock ? Celui-là même qui avait donné certaines des pages les plus connues de ce magazine d'anthologie ... Il arpentait les rues de Paris, jusqu'à l'Atlantique. L'Atlantique, un bar du boulevard de Clichy. Ou le Balto, vers Pigalle ; ou d'autres. Il croquait, d'un trait aigu et fragile, les clients, des anecdotes, l'ambiance d'un moment et d'une époque. Des recherches, des croquis, presque rien de terminé, presque pas d'encre. Rien de certain. Vu de l'Atlantique, c'est cela : un point de vue poignant et privilégié sur l'incertitude d'un auteur, une quête de sens qui se dilue dans les bons mots tombés du comptoir, dans les frasques de « Gueule d'amour », un habitué, et de Gérard, le patron - partout où il est possible de saisir la vie, de continuer le dessin.
La première Intégrale des aventures du plus rock and roll des détectives des années 1980. De la première aventure de Phil Perfect dans Rock & Folk à la dernière histoire publiée dans Heavy Metal, c?est tout un pan de l?histoire de la bande dessinée contemporaine qui nous est conté. En revisitant le concept de ligne claire sur fond de rock and roll et de clins d??il au polar, Serge Clerc a inventé un style résolument moderne, adulte et engagé.
Ce livre fut écrit au jour le jour. Il a duré le temps de l'amour qu'il dit, qui est le temps où cet amour valait d'être dit. Il a commencé comme lui, dans l'émerveillement, il a fini comme lui dans le désabusement. Entre les deux, une vieille histoire : celle du bonheur sans cesse invoqué, sans cesse atermoyé, et en filigrane sa décomposition, mot à mot, puis de geste en geste. Ç'aurait pu être un journal de bord, au bord d'une Absence annoncée. Mais en amour - passion oblige - me quittent mon regard " clinique ", mes envies de lucidité. En somme, j'ai de la tendresse pour mes égarements, et j'en ai pour les " égarantes ". Après tout, c'est déjà bien assez que dans mes écritures qui parlent de la société en général au lieu de parler de la Femme en particulier, je ne puisse m'empêcher d'être impitoyable plus souvent qu'indulgent. Nous, amants au bonheur ne croyant... n'est donc pas un livre qui désespère de l'amour. C'en est un qui, pour désespérer de l'amour heureux, n'en sait peut-être pas moins, même confusément, pourquoi sa vraie grandeur, à l'amour, secrète, inexplicable, c'est de ne l'être pas, heureux, mais surtout de ne point vouloir à tout prix l'être.
Donc, jadis, je suis allé vers les mots pour leur odeur, leur chair et pour le bruit très érotique qu'émettaient leurs enjambées sur les pages de tel livre, sur les lèvres de telle bouche. Donc, j'ai commencé à écrire d'instinct ce que ma conscience espérait pour son agrandissement et mon esprit pour sa libération. Donc, ce donc est l'autre nom que je donne au rythme qui m'a mis dans l'impérieuse nécessité de faire oeuvre littéraire des mouvements les plus intimes de ma vie organique. Donc, c'est ainsi que mon corps a écrit ce qu'il a écrit à la température des sensations et des désirs que lui inspirait sa relation amoureuse ou polémique avec les fondements de l'être, selon que cet être puisait l'essentiel de sa respiration dans un souffle d'avant le cadastre ou selon qu'il l'abandonnait à la mécanique des inhalations de concepts. Donc, ce livre fait monter le son d'une existence passée à rendre sa musique familière à l'obscur tonnerre du dernier des crescendos, celui-là même qui a sans doute manqué au Boléro de Ravel pour être assourdissant tout en demeurant indiciblement mélodieux. Donc. Marcel Moreau Biographie de l'auteur Né en 1933 en Belgique, Marcel Moreau a construit une oeuvre majeure dont quatre grands titres, Quintes, L'Ivre Livre, Le Sacre de la femme et Discours contre les entraves, ont récemment été réédités. Dans Des hallalis dans les alléluias, l'auteur se soumet à une bouleversante et ultime interview avec la femme de son dernier souffle...