Morsure de la pointe sèche, volupté de l'aquatinte, tension du trait que procure l'eau forte, faux carborundum, martelage au tournevis : autant de gestes et techniques qui offrentà Jacques Clauzel ses espaces de liberté. Grand logiste au Prix de Rome, il travaille dans ses débuts sur de grands papiers découpés avant d'abandonner la peinture pour se consacrer à la photographie. De retour en France après un long séjour en Afrique il décide de tout reprendre à zéro et revient à la peinture par le biais de nombreux dessins automatiques, il rompt avec ce qu'il sait et choisit d'utiliser le papier kraft, qu'il plie, froisse, empile. L'expérimentation de toutes sortes de techniques lui permettent de revenir sans cesse à un questionnement fondamental du trait ; ce trait plus ancien que le dessin qui ramène à l'activité la plus archaïque...
Nombre de pages
64
Date de parution
13/01/2015
Poids
140g
Largeur
145mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782851949158
Titre
Gravure de peintre
Auteur
Clauzel Jacques
Editeur
FATA MORGANA
Largeur
145
Poids
140
Date de parution
20150113
Nombre de pages
64,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison à domiciledès 5,10 €
Les nuits d'insomnie, l'élaboration d'une oeuvre, les promenades sont propices à la méditation. Parfois, une suite lapidaire de mots s'impose pouvant prendre forme d'affirmation ou d'interrogation. Il pouvait paraître évident de présenter ces aphorismes et ces dits dans leur chronologie susceptible de générer des rencontres fortuites. Or, pour affirmer l'homogénéité de l'ouvrage l'auteur a préféré les classer dans un ordre apparemment plus logique. Il convient que ces phrases soient reçues indépendamment l'une de l'autre. N'en lire qu'une seule à la fois permet de la méditer longuement et d'aller au-delà de ce qu'elle paraît dire. En effet, n'importe-t-il pas avant tout de recevoir la question que chacune suscite à défaut d'apporter une réponse ??
Patiemment, au fil de nombreux livres s'édifie cette oeuvre dense, où l'on a cru entendre des échos de Char et de Bonnefoy, mais qui, par sa rigueur méditerranéenne, est d'abord grecque : la Grèce de Pindare comme celle d'Elytis. Ici, le rythme dominé et le verbe ciselé tissent un chant nouveau, autant qu'intemporel.
Cette conception du livre de dialogue (au-delà du simple livre illustré), Fata Morgana la partage depuis sa création. Bernard Noël et Jacques Clauzel ont souhaité donner une dimension moins con ? dentielle qu'elle l'est souvent à cette tentative d'entrée en osmose du texte et de l'image qui tient effectivement du magique, du miraculeux. La magie fut au rendez-vous.
Le déluge, le sphinx, les ondines ne relèvent pas, comme on croit, d'anciennes fables, d'un très lointain passé. Ou alors celui-ci persiste, à petit bruit, dans les replis du paysage. Comment expliquer, autrement, que la pluie ait noyé le monde, sous nos yeux, qu'on puisse surprendre, dans un tournant, des chimères à corps de lion et visage d'homme, aux cheveux d'eau? C'est d'elles qu'il est question. P. B.