La rencontre du beau nous laisse-t-elle indemnes? Sa joie neuve peut-elle s'ouvrir sans briser d'abord en nous ce qui était trop vieux pour elle, de cette blessure que seul sait donner l'invulnérable? Son excès sur tous nos possibles apporte dans la proximité même l'offrande du lointain. Ce qui nous saisit reste insaisissable et, comme autrui, l'est d'autant plus qu'il s'approche. Ainsi Platon fait de l'effroi le premier présent de la beauté et, pour Dostoïevski et Rilke, elle n'est que le commencement du terrible. Cette joie douloureuse, démesurée comme tout amour, est la dimension oubliée par l'esthétique, qui la relègue dans le sublime, distingué du beau. Il faut surmonter l'esthétique pour penser la beauté, si elle est le visage même de l'Etre. Les questions qu'elle fait surgir ne sont pas régionales, elles mettent en cause l'être entier de l'homme et les voies selon lesquelles il peut se perdre ou se trouver. La beauté nous éprouve, et cette épreuve décide de tout. Tel est le sens du mythe du Phèdre de Platon, Heidegger médita ce qu'il nous donne toujours à penser. La beauté qui se suffit pourtant nous appelle, et nous impose, sans esquive possible, la charge de lui répondre et de lui correspondre. Cette réponse ne saurait résider dans le jugement esthétique, elle peut seulement être l'acte de louer. Elle ne répond à la beauté qu'en la communiquant, et de la blessure qu'elle reçut ne veut pas guérir, mais accroître le choeur de ceux qui souffrent d'elle. L'insupportable du beau ne peut être porté que par le chant. un chant qui devienne existence.
Nombre de pages
93
Date de parution
10/01/2008
Poids
142g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782204086073
Titre
L'effroi du beau
Auteur
Chrétien Jean-Louis
Editeur
CERF
Largeur
135
Poids
142
Date de parution
20080110
Nombre de pages
93,00 €
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Homme de parole, penseur du Verbe, lecteur patient, saint Augustin ne médite pas seulement les pouvoirs de la voix dans ses écrits sur le langage, mais dans l'ensemble de son ?uvre, inquiète et majestueuse à la fois. Que dit-elle, que montre-t-elle, qu'exerce-t-elle des actes de la parole humaine ? Le décrire est l'objet de ce livre, qui élargit son propos au silence de l'écoute ou de la lecture, comme aux vocalisations sans parole du gémissement ou de la jubilation. Depuis l'interrogation et la manducation de la parole jusqu'au témoignage et à la promesse, en passant par la traduction et la confession, le cri et le chant, saint Augustin ne cesse de considérer comment nous répondons au monde, aux autres et à Dieu. Le fil conducteur de cette question traverse et unit tous les domaines de sa pensée, et introduit, dans une lumière neuve, à ses questions majeures.
Chant d'amour, le Cantique des cantiques est aussi un chant du corps, féminin et masculin, qui en loue les membres un par un. La vigilance de ses lecteurs chrétiens en a peu à peu dégagé une logique et une symbolique du corps, puissantes et différenciées. Elles forment l'objet de ce livre, qui en étudie le sens et la constitution, des origines au XIIIe siècle, à travers une trentaine d'auteurs (notamment Origène, saint Augustin, saint Bernard), ainsi que sa postérité chez certains modernes (comme Luther, saint François de Sales ou Claudel). La signifiance du corps y est méditée dans la diversité de ses gestes et de ses membres (les yeux, le nez, la chevelure, les lèvres, les bras et les jambes, les seins, etc.). Cette symbolique des organes est double: elle s'applique au corps collectif de la communauté comme aux puissances de l'homme intérieur. Des dimensions essentielles de la pensée chrétienne du corps, largement méconnues, sont ainsi explorées. Elles ont marqué notre langage et notre rapport au monde en bien des aspects. Que peuvent nos membres? Jusqu'où va la clarté du corps? Que montre-t-elle? Qu'est-ce qu'appartenir à une communauté? La force de la parole du Cantique donne là-dessus sans fin à penser.
Toujours notre parole répond. Elle répond aux autres, aux situations, au monde, à Dieu. Et même seuls, nous nous répondons lorsque nous nous interrogeons sur ce qu'il convient de faire ou de conclure. En répondant à ces appels, nous répondons aussi de nous, et de ce que nous serons. Comment décrire les divers modes de la parole comme réponse ? Comment penser le lien de la réponse et de la responsabilité ? Qu'en est-il de la lutte entre les réponses adverses ? Et jusqu'où notre responsabilité peut-elle aller ? Les hautes formes de la parole poétique (l'épopée homérique, la tragédie grecque, la lyrique moderne) nous montrent ces réponses à l'oeuvre, tout comme le fait le dialogue des peintres (la Renaissance italienne, Claude Lorrain et Turner), ou celui de la musique et de la poésie. Cette phénoménologie de la parole s'achève par une discussion critique des pensées contemporaines de la responsabilité et par une méditation de la figure du Christ comme Répondant.Professeur de philosophie à l'Université de Paris IV-Sorbonne, Jean-Louis Chrétien est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages, dont, récemment, Symbolique du corps (Puf, 2005) et La joie spacieuse. Essai sur la dilatation (Minuit, 2007).
Le regard de l'amour a sa lumière et sa lucidité. Car il est nu, libre et dégagé pour l'autre. Comment voit-il, et que voit-il? En quoi peut-il changer notre vie? Pourquoi sa joie, qui nous fait demeurer vigilants, est-elle inquiète? Et quelle est son ultime espérance? Du silence fermé du désespoir au silence ouvert de la prière, de l'angoisse à la joie, de la solitude à la communauté, de la foi à la vision, nombreux sont les chemins ici explorés. En méditant le témoignage de grands penseurs chrétiens, de saint Augustin à saint Bernard, de Luther à Kierkegaard, ainsi que des mystiques, ce livre montre comment l'Incarnation du Christ renouvelle toutes les dimensions de notre existence et confère au temps sa gravité vraie. Elle ouvre une autre façon d'être ensemble, en faisant que l'amour soit plus fort que la mort. Car lui seul est définitif.
La Bible de Jérusalem est le fruit de la traduction collective des textes hébreux et grecs par l'Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem qui lui a donné son nom. La première version est parue en 1956. La version actuellement imprimée date de 2000. La qualité des introductions, des traductions et des notes reflète le meilleur de la recherche exégétique contemporaine. La mise en pages réjouit l'oeil tout en facilitant l'intelligence du texte - l'usage de strophes signalant par exemple les passages poétiques. Cette disposition est devenue un modèle pour toutes les bibles modernes ultérieures. Des références dans les marges renvoient à d'autres passages. La Bible de Jérusalem est actuellement la traduction biblique la plus répandue en France, et fait figure de classique. La fidélité aux textes originaux en fait une bible d'étude. La qualité littéraire de sa traduction, la grande attention portée à son vocabulaire et à son style en font une bible pour la lecture, adaptée à tous les publics. Les livres présentés sont ceux du canon catholique.
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